3 hommes placés en détention dans l’affaire du viol d’une fillette de 7 ans
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3 hommes placés en détention dans l’affaire du viol d’une fillette de 7 ans

Deux Palestiniens et un Israélien ont été interrogés mais ils ne devraient pas être mis en examen pour le viol présumé de la fillette survenu dans une implantation ultra-orthodoxe

Illustration : Des fillettes ultra-orthodoxes sur le chemin de l'école dans une implantation en Cisjordanie, en octobre 2009. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
Illustration : Des fillettes ultra-orthodoxes sur le chemin de l'école dans une implantation en Cisjordanie, en octobre 2009. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Trois hommes ont été placés en détention mardi dans le cadre d’une affaire de viol présumé d’une fillette de 7 ans en Cisjordanie, survenu plus tôt cette année, a fait savoir la police.

Les suspects sont deux Palestiniens employés du bâtiment qui ont déjà été interrogés dans cette affaire, et un automobiliste israélien qui conduit les ouvriers palestiniens dans la région, a confirmé une porte-parole de la police.

La porte-parole a ajouté qu’ils ne sont pas suspectés d’être directement impliqués dans le viol. Un policier non identifié a indiqué au site Walla qu’ils ne seront probablement pas mis en examen.

L’affaire a été suspendue après la libération de l’ancien suspect principal, après que la police a été accusée d’avoir bâclé son travail.

L’affaire a éclaté en juin, quand un Palestinien, employé de maintenance  dans une école ultra-orthodoxe a été accusé d’avoir enlevé une fillette et de l’avoir violée. La mise en examen a fait suite à trois mois d’enquête et de nombreux politiciens de droite ont qualifié le viol d’attaque terroriste nationaliste.

Mais l’affaire contre Mahmoud Qadusa s’est rapidement délitée et il a été libéré.

Qadusa avait été accusé d’avoir traîné la fillette depuis son école jusqu’à un appartement vide, où il l’aurait violée pendant que deux de ses amis la plaquaient au sol.

Mahmoud Qadusa après sa libération de prison au checkpoint de Beitunia, en Cisjordanie, le 25 juin 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Peu après l’annonce de la mise en examen, la police a été critiquée pour s’être quasiment et exclusivement appuyée sur le témoignage de la fillette de 7 ans et sur les preuves médico-légales et n’a pas déterminé la date exacte des faits.

La victime aurait été auscultée par un médecin cinq jours après avoir raconté l’incident à ses parents. Le viol serait survenu une semaine avant ces révélations. De plus, elle n’a pas été auscultée par un médecin hospitalier ni par un médecin qualifié pour déterminer si un viol a eu lieu.

La police n’a récupéré les vêtements de la fillette pour les soumettre à des tests ADN seulement plusieurs mois après la date présumée des faits, selon une source proche du dossier.

Un responsable a également confirmé que la fillette n’a pu identifier Qadusa à l’école qu’après que sa mère l’a désigné et lui a dit qu’il était l’homme qui l’avait violé.

De plus, un examen au détecteur de mensonges avait eu lieu en hébreu plutôt que dans la langue natale de l’accusé, qui est l’arabe, a noté le responsable.

L’appartement dans lequel le viol aurait eu lieu est situé à un kilomètre de l’école. Les enquêteurs et d’autres ont soulevé des questions sur cette affaire, notamment sur la façon dont le suspect est parvenu à traîner sa victime depuis l’école jusqu’à l’appartement, en plein jour, sans se faire remarquer.

« Un Arabe marchant en plein jour avec une fillette pendant un quart d’heure, en la forçant alors qu’elle tombe et qu’elle pleure, comme le précise l’acte d’inculpation – c’est impossible », a jugé un Israélien résident de l’implantation qui connaît Qadusa depuis des années.

L’enquêtrice pour mineurs qui a questionné la victime a écrit dans des notes obtenues par le Times of Israel que l’enfant n’avait pas pu identifier le suspect, disant seulement qu’il travaillait au sein de son école.

L’enquêtrice a qualifié son témoignage de « faible et incomplet ».

Jacob Magid a contribué à cet article.

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