4 ans de prison contre un député slovaque qui a utilisé un symbole néonazi
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4 ans de prison contre un député slovaque qui a utilisé un symbole néonazi

Marian Kotleba, chef d'une formation d'extrême droite, était accusé d'avoir fait la promotion d'un "mouvement visant à supprimer les droits et libertés fondamentaux"

Marian Kotleba, président du Parti populaire d'extrême droite Notre Slovaquie, arrive à la Cour suprême de Bratislava, en Slovaquie. (AP Photo / Petr David Josek)
Marian Kotleba, président du Parti populaire d'extrême droite Notre Slovaquie, arrive à la Cour suprême de Bratislava, en Slovaquie. (AP Photo / Petr David Josek)

Un tribunal slovaque a condamné lundi un député d’extrême droite à quatre ans et quatre mois de prison pour promotion d’un mouvement extrémiste, lui reprochant d’avoir fait usage d’un symbole néonazi.

Marian Kotleba, chef de la formation d’extrême droite, Parti populaire – Notre Slovaquie (LSNS), élu au Parlement, était accusé d’avoir fait la promotion d’un « mouvement visant à supprimer les droits et libertés fondamentaux », selon le parquet.

Lors d’un événement caritatif organisé en 2017 par LSNS dans une école de Banska Bystrica (centre), M. Kotleba avait ainsi remis à trois familles, et devant 400 invités, des chèques d’un montant de 1 488 euros chacun.

Or ce chiffre est considéré comme un symbole néonazi, le numéro 14 représentant un slogan de 14 mots du célèbre suprématiste blanc David Lane, combiné avec 88 symbolisant la huitième lettre de l’alphabet H, pour le salut nazi « Heil Hitler ».

M. Kotleba, 43 ans, a clamé son innocence. « Je ne suis pas au courant d’avoir commis un crime », a-t-il notamment dit dans son plaidoyer final qui a duré près de huit heures.

Selon les médias locaux, l’accusé a fait appel auprès de la Cour suprême. Si cette dernière approuvait le verdict du tribunal pénal spécialisé de Pezinok (ouest), M. Kotleba perdrait également son mandat, selon la Constitution slovaque.

Marian Kotleba, un ancien gouverneur régional de Banska Bystrica est connu pour avoir conduit des marches avec des membres de son parti portant des uniformes néonazis. Il a été accusé d’avoir proféré des discours de haine, sans jamais être condamné.

Cet ancien professeur de lycée, arborant une moustache, affiche ouvertement son hostilité à l’égard de la minorité Rom, et s’est souvent montré nostalgique du régime du prélat Jozef Tiso, qui était allié à l’Allemagne nazie.

En 2018, la Cour suprême a décidé de ne pas interdire, à la demande du parquet général, le parti de M. Kotleba.

Entré pour la première fois au Parlement en 2016, LSNS détient 17 sièges sur un total de 150 au Parlement slovaque.

« Ce verdict est une percée », a déclaré à l’AFP Aneta Vilagi, une analyste de l’Université de Bratislava, après le verdict.

« C’est la toute première fois qu’un tribunal slovaque condamne une personnalité publique aussi connue et engagée politiquement pour extrémisme », a-t-elle déclaré. « LSNS a toujours affirmé qu’ils n’étaient en aucun cas des extrémistes et qu’ils ne peuvent être condamnés pour extrémisme. Ce verdict leur a donné tort. »

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