5 points à retenir du sommet Trump-Poutine à Helsinki
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5 points à retenir du sommet Trump-Poutine à Helsinki

Cette rencontre a suscité de vives critiques en Amérique ; Les présidents américain et russe ont semblé satisfaits de leur entretien

Le sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine lundi à Helsinki avait nourri des attentes prudentes de réconciliation. Il aura au moins marqué, selon les deux dirigeants, un « début » d’apaisement et de dialogue renouvelé.

En tout cas entre Washington et Moscou. Car aux Etats-Unis, le refus du magnat de l’immobilier de confronter son homologue aux accusations de la justice américaine sur l’ingérence russe dans la présidentielle de 2016 a déclenché un tollé, y compris dans les rangs républicains.

Voici cinq points à retenir de ce sommet :

Nouveau départ

C’est Donald Trump qui a résumé l’état des rapports entre Washington et Moscou, infestés par des contentieux sur la Syrie, l’Ukraine, l’Iran, les tarifs douaniers et l’Otan. Entre autres… « Nos relations n’ont jamais été aussi mauvaises ».

« Et pourtant, cela vient de changer il y a quatre heures, a-t-il aussitôt déclaré à Helsinki, la capitale finlandaise située à deux heures de route de la frontière russe.

Pour l’Américain, le sommet d’Helsinki n’est que « le début » d’une redéfinition des relations entre les deux superpuissances nucléaires.

Vladimir Poutine a jugé lui ces pourparlers « très réussis et très utiles », estimant qu’ils avaient « commencé à mieux se comprendre ».

Ingérence

Sans surprise, Vladimir Poutine a de nouveau catégoriquement réfuté les accusations d’ingérence russe dans la présidentielle américaine de 2016, trois jours après l’inculpation aux Etats-Unis de douze agents russes accusés d’avoir piraté des ordinateurs de responsables démocrates.

Donald Trump a lui refusé de condamner Moscou et a même paru ajouter davantage foi aux dénégations de l’ex-officier du KGB qu’aux conclusions du renseignement américain.

« Je ne vois aucune raison » de croire que les Russes se sont ingérés dans la présidentielle de 2016 et « le président (Poutine) conteste avec force » une telle ingérence, a lancé le président des Etats-Unis, qualifiant l’enquête de la justice américaine de « désastre » pour son pays.

L’ancien patron de la CIA John Brennan, en poste de 2013 à 2017, a fustigé « un acte de trahison ».

John Brennan dans le Bureau ovale de la Maison Blanche en janvier 2010. (Crédit : Pete Souza – The White House/Domaine public/WikiCommons)

Désarmement

Nombre d’observateurs et de dirigeants étrangers les attendaient sur ce terrain, alors que le désarmement des Etats nucléaires signataires du Traité de non prolifération (TNP) est en panne et que les négociations entre Russie et Etats-Unis sont au point mort.

Vladimir Poutine a jugé « nécessaire de travailler ensemble sur le calendrier du désarmement, la coopération militaire et les négociations sur la limitation des armes stratégiques ».

Donald Trump a reconnu qu' »un des défis les plus critiques auxquels l’humanité faisait face est la prolifération nucléaire », mais il a surtout évoqué l’Iran et la Corée du Nord.

Vladimir Poutine a salué les contacts noués par son homologue avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un mais regretté la sortie des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien.

Points chauds

MM. Trump et Poutine semblent avoir trouvé un point d’accord pour oeuvrer ensemble, avec Israël, en faveur d’un cessez-le-feu dans le sud de la Syrie et du maintien de Bachar al-Assad au pouvoir.

Selon Trump, lui et son homologue russe ont récemment parlé avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu « et voudraient engager des choses par rapport à la Syrie qui ont à avoir avec la sécurité d’Israël ».

Poutine à quant à lui « confirmé que la Russie s’intéresse à ce développement », mais aucun des deux n’en a clarifié les tenants et aboutissants.

Trump n’a pas non plus fait d’annonce rassurante pour ses alliés sur l’Ukraine, inquiets qu’il puisse finir par reconnaître l’annexion de la Crimée en 2014 et lever les sanctions contre Moscou.

Il ne s’est pas exprimé sur le sujet. Poutine a parlé en son nom, reconnaissant qu’il « restait ferme » sur la condamnation de l’annexion.

Diplomatie du foot

A rebours de leurs visages fermés en début de sommet, les deux dirigeants ont affiché une certaine concorde en fin de conférence de presse lorsque le Russe a offert à l’Américain un ballon du Mondial-2018 remporté dimanche soir à Moscou par la France en présence du maître du Kremlin.

« Maintenant la balle est dans votre camp », s’est amusé Vladimir Poutine, déclenchant les rires de M. Trump qui a promis de l’offrir à son fils Barron.

Plus habitué des greens, M. Trump a gratifié son homologue de félicitations répétées pour l’organisation sans tache du Mondial, « un des meilleurs de l’histoire ».

Vladimir Poutine offre à Donald Trump un ballon du Mondial 2018, durant une conférence de presse à Helsinki, le 16 juillet 2018. (Crédit : AFP / Yuri KADOBNOV)

A Washington, le cadeau de M. Poutine au président américain n’a pas fait rire tout le monde.

« Si c’était moi, je vérifierais que le ballon ne cache pas un micro et je n’autoriserais jamais qu’il entre à la Maison Blanche », a lancé le sénateur républicain Lindsey Graham sur Twitter.

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