Israël en guerre - Jour 196

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À Aqaba, Israéliens et Palestiniens s’engagent à « prévenir toute nouvelle violence »

Ces pourparlers surviennent sur fond de craintes d'un déchaînement de violence incontrôlable alors que le Ramadan approche ; des ministres rejettent les pourparlers

Le ministre des Affaires civiles de l'Autorité palestinienne, Hussein al-Sheikh, et le président de l'AP, Mahmoud Abbas, sur une photo postée par al-Sheikh le 12 mai 2020. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le ministre de la Coopération régionale Tzachi Hanegbi assistent à la réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, en Israël, le 29 décembre 2019. (Crédit : Abir Sultan/AP)
Le ministre des Affaires civiles de l'Autorité palestinienne, Hussein al-Sheikh, et le président de l'AP, Mahmoud Abbas, sur une photo postée par al-Sheikh le 12 mai 2020. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le ministre de la Coopération régionale Tzachi Hanegbi assistent à la réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, en Israël, le 29 décembre 2019. (Crédit : Abir Sultan/AP)

Des responsables israéliens et palestiniens se sont engagés à « prévenir toute nouvelle violence » et à œuvrer en vue d’une « désescalade », selon un communiqué conjoint publié à l’issue d’une réunion dimanche en Jordanie.

Ces pourparlers surviennent sur fond de craintes d’un déchaînement de violence incontrôlable alors que le conflit connaît une nette escalade et que le Ramadan approche.

Alors que la réunion était en cours, deux jeunes frères israéliens, 22 ans et 20 ans, ont été tués à bout portant dans un attentat terroriste palestinien dans le nord de la Cisjordanie.

« De hauts responsables jordaniens, égyptiens, israéliens, palestiniens et américains », ont participé à cette rencontre dans la ville d’Aqaba sur la mer Rouge, et, après des « discussions approfondies et franches », ont « réaffirmé la nécessité de s’engager dans la désescalade sur le terrain et de prévenir toute nouvelle violence », selon le communiqué final en huit points.

La réunion « politico-sécuritaire » d’une journée visait à « renforcer la confiance » entre Israël et les Palestiniens et parvenir à des mesures d’accalmie dans les territoires palestiniens après plusieurs jours de violences meurtrières, avait indiqué samedi à l’AFP un responsable gouvernemental jordanien ayant requis l’anonymat.

Il s’agit de la première du genre depuis des années entre Palestiniens et Israéliens, avec une participation régionale et internationale pour discuter de la situation dans les Territoires palestiniens », selon la télévision d’Etat jordanienne.

A l’issue des pourparlers, le gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne (AP) ont « confirmé leur volonté et leur engagement conjoints » d’agir immédiatement pour arrêter les « mesures unilatérales » pendant une période de 3 à 6 mois.

Cela inclut un engagement israélien à « cesser de discuter de l’établissement de nouvelles unités de colonisation [unités de logements dans les implantations] pendant une période de 4 mois et de ne pas légaliser les colonies sauvages [avant-postes illégaux] », pendant une période de 6 mois, selon le texte.

« Confiance mutuelle »

Dans ce communiqué, les participants ont également convenu d’aider les deux parties à « établir une confiance mutuelle » pour un « dialogue direct ». Les parties palestinienne et israélienne « travailleront de bonne foi pour assumer leurs responsabilités à cet égard », selon le texte.

Les participants ont convenu de se réunir à nouveau dans la ville de Charm el-Cheikh en Egypte en mars prochain.

Le chef des services de renseignements palestiniens, Majed Faraj, le chef du service de renseignement intérieur israélien (Shin Bet), Ronen Bar, le coordinateur du Conseil national de sécurité américain pour le Moyen-Orient, Brett McGurk, ainsi que des responsables de sécurité jordaniens et égyptiens ont participé à la rencontre.

Le roi Abdallah II a dans la foulée rencontré M. McGurk et souligné « l’importance d’intensifier les efforts en faveur du calme et de la désescalade », selon le Palais royal.

« La décision d’assister à la réunion d’Aqaba, malgré la douleur et les massacres que le peuple palestinien subit, vient de la volonté de mettre un terme à l’effusion de sang », avait indiqué sur Twitter le parti Fatah du président de l’AP, Mahmoud Abbas, alors que d’autres factions palestiniennes ont dénoncé la participation de l’Autorité palestinienne.

« Rupture »

Le groupe terroriste du Hamas a ainsi condamné dans un communiqué la participation de l’AP, jugeant « la rencontre avec les sionistes [Israël] comme une rupture avec le consensus national palestinien, un mépris pour le sang des martyrs, une tentative ouverte de dissimuler les crimes de l’occupation ».

L’armée israélienne a multiplié depuis près d’un an ses opérations anti-terroristes dans le nord de la Cisjordanie, bastion de groupes terroristes palestiniens.

Mercredi, elle a lancé une nouvelle incursion dans la Vieille ville de Naplouse, à la recherche, selon l’armée, de suspects impliqués dans des attaques anti-israéliennes, passées ou à venir.

Onze Palestiniens, dont 7 terroristes de la Fosse aux Lions, ont été tués et plus de 80 blessés par balles lors de ce raid, le plus meurtrier depuis 2005 en Cisjordanie.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a de son côté durement réagi suite à la publication du communiqué conjoint.

« Je ne sais pas de quoi on parlait ou pas en Jordanie », a-t-il tweeté. « J’ai entendu parler de ce sommet inutile par les médias, tout comme vous. »

Le chef du parti d’extrême droite HaTzionout HaDatit a dit qu' »il y a une chose que je sais : il n’y aura pas de gel des constructions et des développements dans les implantations même l’espace d’une journée (et c’est sous mon autorité) ».

Smotrich et le ministre de la Défense Yoav Gallant ont signé la semaine dernière un accord donnant à Smotrich le contrôle des pouvoirs d’exécution sur la construction illégale, l’autorité sur la planification et la construction pour les implantations et les questions d’attribution des terres.

« Ce qui s’est passé en Jordanie (si cela s’est produit) reste en Jordanie, » a commenté sur Twitter, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.

« Si quelqu’un organise un sommet en Jordanie sans impliquer le gouvernement, il ne devrait pas s’attendre à ce que le gouvernement soutienne ses conclusions, » a affirmé le ministre du Néguev et de Galilée, Yitzhak Wasserlauf.

« Ce n’est pas possible que l’État d’Israël envoie une délégation officielle du plus haut rang à un sommet soutenu par les États-Unis, parvienne à des accords, puis que d’importants ministres du cabinet tweetent contre eux-mêmes », a écrit le chef de l’opposition Yair Lapid. « Ce n’est pas un gouvernement, c’est un dangereux chaos. »

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