À Ashdod, une exposition retrace près de 50 ans de créations de Dorin Frankfurt
Présentée jusqu’au 15 août au Musée d’art, « Fashion Worker : Dorin Frankfurt » revient sur l’influence de la créatrice dans la mode israélienne contemporaine
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Vue de l’exposition « Fashion Worker : Dorin Frankfurt », consacrée à près de cinquante ans de créations de la styliste israélienne, au Musée d’art d’Ashdod se tient jusqu’au 15 août 2026. (Crédit : Elad Sarig)
Vue de l’exposition « Fashion Worker : Dorin Frankfurt », consacrée à près de cinquante ans de créations de la styliste israélienne, au Musée d’art d’Ashdod se tient jusqu’au 15 août 2026. (Crédit : Elad Sarig)
Vue de l’exposition « Fashion Worker : Dorin Frankfurt », consacrée à près de cinquante ans de créations de la styliste israélienne, au Musée d’art d’Ashdod se tient jusqu’au 15 août 2026. (Crédit : Elad Sarig)
Vue de l’exposition « Fashion Worker : Dorin Frankfurt », consacrée à près de cinquante ans de créations de la styliste israélienne, au Musée d’art d’Ashdod se tient jusqu’au 15 août 2026. (Crédit : Elad Sarig)
Vue de l’exposition « Fashion Worker : Dorin Frankfurt », consacrée à près de cinquante ans de créations de la styliste israélienne, au Musée d’art d’Ashdod se tient jusqu’au 15 août 2026. (Crédit : Elad Sarig)
ASHDOD – Dorin Frankfurt a passé près de cinq décennies à concevoir des vêtements à Tel Aviv, bâtissant l’une des marques de mode les plus emblématiques d’Israël, fondée sur la production locale, une esthétique dominée par le noir et des pièces pensées pour le quotidien des femmes israéliennes.
Aujourd’hui âgée de 74 ans, Dorin Frankfurt est au centre de l’exposition Fashion Worker: Dorin Frankfurt, présentée au Musée d’art d’Ashdod. L’exposition explore les idées, les influences et les récits qui se cachent derrière son travail.
Lancée en décembre 2025, l’exposition a été prolongée jusqu’au 15 août, après que la guerre de 40 jours contre la République islamique d’Iran eut entraîné la fermeture de nombreuses institutions publiques et perturbé le calendrier du musée.
Le choix du musée d’Ashdod peut sembler inhabituel pour une exposition de mode, alors que plusieurs grandes expositions israéliennes consacrées à cet univers ont récemment été organisées au Musée du design de Holon, notamment l’exposition consacrée à Alber Elbaz en 2022 et Heroines en 2025, dédiée à l’industrie de la mode pendant la Seconde Guerre mondiale.
Dorin Frankfurt a toutefois expliqué au Times of Israel qu’elle avait choisi Ashdod parce qu’elle souhaitait exposer dans un musée d’art et non dans un musée du design, afin de mettre l’accent sur les idées et concepts qui entourent son travail, et pas uniquement sur les vêtements eux-mêmes.
L’exposition présente Frankfurt non seulement comme la créatrice bien connue d’une marque israélienne, mais aussi comme une personne qui fabrique, avec ses employés, et une figure culturelle dont le travail a toujours été étroitement lié à l’industrie locale, à la politique, aux questions de genre, au développement durable et à l’évolution du secteur textile israélien.
« Ce qui m’importe, toujours et encore, c’est l’histoire qui se cache derrière les créations, pas uniquement le plaisir d’admirer de beaux vêtements », a déclaré Frankfurt lors d’une récente visite de son exposition.
« J’adore ce musée et son architecture », explique Frankfurt en évoquant sa structure en spirale, sur trois niveaux, surmontée d’une pyramide de verre transparente de 13 mètres de haut qui rappelle un peu celle du Louvre.
L’exposition, répartie sur les trois vastes niveaux du musée, donne à voir de nombreux exemples du travail de Frankfurt, notamment son penchant de longue date pour le noir — sa teinte préférée, selon elle, car elle contient toutes les autres couleurs.
Frankfurt, dont les cheveux autrefois noirs sont aujourd’hui presque totalement blancs, a toujours porté du noir, ainsi que son célèbre rouge à lèvres rouge.
L’exposition présente près de 200 pièces issues des archives de la créatrice, parmi lesquelles des vêtements, des accessoires, des carnets de croquis, des images de campagnes publicitaires et de défilés, des photographies, des films, des installations vidéo et plusieurs œuvres textiles totalement inédites.
Frankfurt et Peretz ont divisé l’exposition en plusieurs parties permettant ainsi d’appréhender le travail de la créatrice à travers les prismes du genre, de l’artisanat, de la signature personnelle, des muses, de l’industrie locale, des racines, de la durabilité et de l’inspiration.
Réduire, réutiliser, recycler
La créatrice, née en 1951, est partie pour Paris étudier la mode avant de rentrer chez elle après la guerre de Kippour de 1973, au moment où une forte récession secouait l’économie israélienne.
Elle a commencé par créer des vêtements à partir de matériaux recyclés, tout comme sa mère transformait avant elle de vieux tailleurs en salopettes pour elle.
L’exposition donne à voir des exemples des toutes premières créations de Frankfurt, réalisées à partir de chutes issues d’usines textiles qui ont depuis fermé leurs portes.
« C’est un mode de vie qui m’a suivie jusqu’à l’usine », confie Frankfurt. « On ne jette pas les choses. »
L’exposition donne par ailleurs à admirer des exemples des œuvres les plus connues de Frankfurt, allant des vestes noires ornées de toutes sortes de motifs décoratifs à une salle remplie de robes en mousseline aux motifs floraux discrets, issues de sa période japonaise.
Frankfurt a conçu des tenues pour des artistes, notamment les costumes jaunes portés par Ofra Haza et ses choristes lors de leur prestation au Concours Eurovision de la chanson, en 1983, à Munich. Ces costumes évoquaient l’étoile de David jaune que les Juifs étaient contraints de porter dans l’Europe occupée par les nazis.
Elle a également conçu le look de la pochette de l’album « White Wedding » de Shalom Hanoch, sorti en 1981, lequel figure dans une galerie de photographies et de vidéos mettant en scène les chanteurs.
Une partie de l’exposition est consacrée à l’imposante chaîne de magasins, à l’atelier et à l’usine de Frankfurt situés dans le sud de Tel Aviv, ainsi qu’à la difficulté qu’elle a eue à prendre la décision de mettre fin à son activité en 2022. Cependant, l’exposition n’approfondit pas vraiment l’ampleur de l’industrie et des activités menées par Frankfurt.
Frankfurt avait fondé son usine de Tel Aviv avec sa partenaire Margit Segal et l’a dirigée pendant 40 ans. C’est là qu’ont été fabriqués tous ses vêtements en Israël.
À son apogée, l’entreprise comptait 22 boutiques et possédait un magasin à Covent Garden, à Londres, conçu par l’architecte Ron Arad. Elle a fini par la fermer à la naissance de ses jumelles.
Ses ateliers de Tel Aviv ont continué de fonctionner jusqu’à il y a quatre ans environ, explique Frankfurt, date à laquelle elle a décidé de mettre fin à son activité.
L’une de ses deux filles, Kianne Frankfurt, est elle aussi créatrice de mode : diplômée du Shenkar College of Engineering and Design, elle possède sa propre ligne de vêtements.
Frankfurt explique que cette exposition lui rappelle des souvenirs et des anecdotes de coulisses, des problèmes oubliés, ainsi que des chapitres entiers de sa vie.
« Mon parcours a toujours été un mélange d’idéologie, de curiosité et d’aventure, en plus de la vie quotidienne à l’usine et des vêtements que j’aimais tant concevoir et produire », conclut Mme Frankfurt.
... alors c’est le moment d'agir ! Le Times of Israël vous fournit chaque jour les informations qui vous intéressent. Qu'il s'agisse de la politique, de la high-tech en Israël, de l'enseignement de la Shoah, des Juifs de Diaspora ou bien encore de l'archéologie, de la culture et de l'environnement en Israël : nous tâchons toujours de couvrir un large spectre des sujets qui vous concernent, alors si vous le pouvez, aidez-nous à continuer à vous offrir ce contenu de qualité indispensable, surtout depuis le 7-Octobre.
la Communauté du Times of Israël !







