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À Davos, Herzog lance un appel pressant en faveur d’un « Moyen-Orient durable »

Le président a présenté sa vision d'un Moyen-Orient « hub mondial de solutions durables pour l’alimentation, l’eau et la santé »

Le président Isaac Herzog s’adresse à l’assemblée l’assemblée annuelle du Forum économique mondial à Davos, le 25 mai 2022. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)
Le président Isaac Herzog s’adresse à l’assemblée l’assemblée annuelle du Forum économique mondial à Davos, le 25 mai 2022. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)

S’adressant mercredi au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le président Isaac Herzog a présenté sa vision globale d’un « Moyen-Orient durable », riche de partenariats entre Israël et ses voisins arabes en matière d’énergie et durabilité.

« Une incroyable énergie s’est emparée de la région – l’énergie du changement – qui dictera la manière dont la prochaine génération grandira », a déclaré Herzog à la foule.

« Ensemble, nous pouvons façonner non seulement un nouveau Moyen-Orient, mais un Moyen-Orient durable : une nouvelle alliance régionale pour un avenir stable et durable », a déclaré le président dans un discours lors d’une réunion de haut niveau.« Un Moyen-Orient prospère, plaque tournante mondiale de solutions durables dans les domaines de l’alimentation, de l’eau et de la santé et source d’énergie, principalement solaire, pour l’Europe, l’Asie et l’Afrique. »

Herzog a évoqué la récente normalisation des relations entre Israël et Bahreïn, le Maroc, le Soudan et les Émirats arabes unis – où il s’est rendu deux fois cette année – ainsi que le réchauffement des relations avec des alliés de longue date, l’Égypte et la Jordanie et les mesures qui « réalignent le Moyen-Orient ».

« Un vent chaud de coopération, dialogue et compréhension souffle dans la région », a déclaré Herzog. « Que ce soit sur le plan individuel, des ONG, des entreprises, du tourisme, le changement est évident dans pratiquement tous les secteurs et contribue à améliorer l’ensemble de la région. »

Tandis que le Premier ministre, Naftali Bennett, s’est engagé à se concentrer sur les questions intérieures, entravé sur certains axes diplomatiques par une coalition étroite et chancelante, Herzog assume un rôle de plus en plus prononcé sur les questions extérieures. Membre de longue date et ancien dirigeant du parti travailliste de gauche, le président est une personnalité plus acceptable à l’international que Bennett, ex-chef du mouvement des implantations.

Le président Isaac Herzog à gauche, et le président turc Recep Tayyip Erdoğan au complexe présidentiel d’Ankara le 9 mars 2022. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Herzog a effectué un déplacement historique en Turquie en début d’année, et les deux capitales étudient la possibilité de renouer leurs relations, ce que le président a évoqué le jour même où le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, effectuait lui aussi une visite historique en Israël.

« L’opportunité de tourner une nouvelle page avec la Turquie, et ce que je vois de l’évolution de la collaboration avec les pays de la région, avec lesquels nous sommes impatients de formaliser des relations, me remplit d’un grand optimisme », a déclaré Herzog à Davos. « J’appelle tous les pays à se joindre à ce vent porteur de changement, s’associer à Israël, donner un sens à l’avenir et écrire l’histoire ! »

La vision d’un « Moyen-Orient durable », a ajouté Herzog, englobe « une région qui n’est pas seulement nouvelle, au sens de différente, mais portée par son propre élan, positif, développant des systèmes de défense collaboratifs, des infrastructures conjointes et des technologies partagées pour améliorer le monde ».

Herzog a laissé entendre que la coopération économique entre Israël et ses voisins pourrait ouvrir la voie à la paix avec d’autres nations arabes.

« Je crois vraiment que si nous choisissons la lumière, la voie vers un avenir radicalement différent et plus heureux est plus proche que nous ne pouvons l’imaginer », a-t-il déclaré, « Nous tendrons toujours la main, en signe de paix, à nos voisins, du Levant au Golfe, du Maghreb au Machrek, de nos voisins immédiats, les Palestiniens, à l’ensemble du monde musulman et aussi à tout le continent africain et à l’ensemble du Moyen-Orient ».

Il a regretté l’existence « de grandes lacunes et des récits contradictoires » sur le conflit israélo-palestinien, qui ont empêché Israël d’avoir de bonnes relations avec beaucoup de ses voisins arabes.

Le président Isaac Herzog, à gauche, et le roi Abdallah II de Jordanie, à droite, au palais Al Husseiniya d’Amman, en Jordanie, le 30 mars 2022. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Herzog a défendu l’État juif, en butte à d’intenses critiques depuis la mort de la journaliste palestino-américaine, Shireen Abu Akleh, – qui, selon Israël, a tout aussi bien pu être tuée par des hommes armés palestiniens que par Tsahal – et les événements sur le mont du Temple.

« Israël reste pleinement attaché à la liberté de religion et de culte, au profond respect envers toutes les religions en Terre Sainte et, bien sûr, au respect des valeurs démocratiques », a-t-il assuré.

Herzog, interrogé après son discours sur la mort d’Abu Akleh, l’a qualifié d' »événement tragique », ajoutant « que plusieurs scénarios » pouvaient expliquer sa mort.

« L’événement s’est produit dans le contexte de la lutte contre le terrorisme à Jénine, après la mort de tant d’Israéliens », a-t-il précisé. « Mais comme nous sommes une nation transparente capable de mener des enquêtes professionnelles et que l’état de droit est absolu dans notre pays, nous avons proposé aux Palestiniens de mener une enquête conjointe sur les circonstances de cet événement tragique. Malheureusement, les Palestiniens ont refusé. Ils ont pris le corps, ils ont pris la balle. Il est par conséquent impossible d’étayer l’un ou l’autre des scénarios sans ces éléments. »

« Nous avons déjà été accusés de la sorte, par le passé et il s’est avéré que beaucoup de mensonges ou de contre-vérités avaient circulé à propos d’Israël. Ne vous basez pas là-dessus. Étudiez les faits. Les faits peuvent être étudiés scientifiquement. Je regrette que les Palestiniens aient refusé de coopérer », a-t-il ajouté.

Herzog a terminé son discours par un appel à un bouleversement du statu quo au Moyen-Orient, avec un œil sur le développement durable et les générations futures.

« Afin d’assurer un avenir sûr à tous au Moyen-Orient, nous devons définir une approche nuancée et multiforme intégrant les besoins géopolitiques, climatiques et sociaux », a-t-il assuré. « Nous devons travailler ensemble, au niveau régional, pour changer fondamentalement notre approche envers la planète : exploiter des technologies révolutionnaires pour assurer une prospérité, une santé et un bien-être de grande envergure pour nos peuples et adopter un nouveau paradigme de tolérance, dialogue et confiance ».

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