A Eilat, le chômage grimpe en flèche à 70 %
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A Eilat, le chômage grimpe en flèche à 70 %

Début mars, ce taux s'établissait à seulement 3,3 % ; la main-d'oeuvre arabe et ultra-orthodoxe durement frappée par les restrictions de lutte contre le virus, selon des données

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Vue d'Eilat, au sud d’Israël (Crédit : CC0 1.0)
Vue d'Eilat, au sud d’Israël (Crédit : CC0 1.0)

C’est la station balnéaire d’Eilat qui est la plus gravement touchée par le chômage dans le pays en raison de la crise du coronavirus, avec presque
70 % de sa main-d’oeuvre qui s’est trouvée sans travail à la fin du mois de mars, selon des chiffres publiés dimanche par les services de l’emploi israéliens.

Au début du mois de mars, le chômage s’élevait à seulement 3,3 % dans cette ville du sud, a fait savoir le service. Début avril, 68 % de la main-d’oeuvre employée à Eilat avait cessé ses activités et s’était inscrite pour bénéficier des allocations chômage.

Depuis le début du mois de mars, le gouvernement a pris des mesures de plus en plus strictes pour tenter de ralentir la propagation du nouveau coronavirus meurtrier. Les Israéliens ont reçu l’ordre de rester à leur domicile, ne s’aventurant à l’extérieur que pour répondre à leurs besoins essentiels. Ceux qui peuvent travailler depuis chez eux ont la possibilité de le faire, mais ceux dont l’emploi n’est pas considéré comme essentiel à la bonne marche du pays ont été mis en congé.

A Eilat, où la majorité de la main-d’oeuvre travaille dans le tourisme, l’industrie alimentaire ou de loisir – trois secteurs qui se sont effondrés – les résultats entraînés par ces restrictions ont été particulièrement significatifs.

Parmi les autres villes les plus impactées par le ralentissement économique, un grand nombre qui se distinguent par une forte population ultra-orthodoxe ou arabe, montrent les chiffres.

Deuxième au classement en termes de chômage, Beitar Illit, une localité ultra-orthodoxe, avec un taux qui est passé de 3,3 % à 52,1 % au mois de mars. Nazareth, la plus grande ville arabe du pays, arrive ensuite avec un taux de chômeurs qui a grimpé de 6,3 % à 46,6 %.

Viennent après Modiin Illit (35 %) et Bnei Brak (34 %), deux localités ultra-orthodoxes, puis la ville largement bédouine de Rahat (33 %), la ville arabe d’Umm al-Fahm (33 %) et enfin Beit Shemesh, à l’importante population haredim (29 %). La ville de Lod, dans le centre du pays, affiche un taux de chômage de 29 % et Bat Yam et Jérusalem de 26,4 %.

Beitar Illit peut avoir particulièrement souffert en raison de ses nombreux professeurs dans les écoles privées, prévalantes dans les communautés ultra-orthodoxes, qui ont perdu leur travail lorsque les écoles de tout le pays ont fermé leurs portes en raison du coronavirus, a évalué le site Calcalist. Beit Illit et Bnei Brak ont également été durement frappés par la pandémie.

La propagation a été si importante à Bnei Brak que la ville a été fermée pour empêcher les déplacements depuis et vers cette localité située à l’est de Tel Aviv.

Un ultra-orthodoxe traverse une rue désertée à Bnei Brak, le 2 avril 2020 (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

A Tel Aviv et Haïfa, le chômage s’élève à 21,5 %, un chiffre à comparer à la moyenne nationale de 23,4 % à la fin du mois de mars.

Début avril, le nombre de chômeurs s’est élevé, pour la première fois dans l’histoire du pays, à plus d’un million de personnes.

« Qu’il y ait un retour à la normale lent et mesuré ou qu’il soit plus rapide, des outils politiques très complets doivent être mis en place pour permettre au plus grand nombre d’Israéliens que possible – ceux qui ont été placés en congé non-payé ou qui ont été licenciés – de retourner au travail », a commenté Rami Garor, directeur-général du service de l’emploi, dans le communiqué.

« Il apparaît également clairement qu’il y a des branches qui nécessiteront une attention spéciale en raison de l’impact spectaculaire qu’elles ont subi, comme c’est le cas du tourisme », a ajouté Garor.

Malgré les difficultés économiques, 33 000 personnes ont été embauchées au cours du mois de mars, a noté le service.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait annoncé, la semaine dernière, que les familles recevraient un virement unique de 500 shekels par enfant – jusqu’au quatrième enfant – avant la fête de Pessah qui commence mercredi soir. Il a ajouté que des allocations seraient versées aux personnes âgés et que ces paiements seraient approuvés via une législation d’urgence et déposées directement sur les comptes bancaires, sans paperasse administrative superflue.

Toutefois, dimanche, le directeur-général de l’Institut national des assurances a indiqué qu’en raison d’une surcharge de travail entraînée par une hausse massive des demandes, il serait dans l’incapacité de transférer les allocations chômage et d’urgence avant le début de Pessah.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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