A l’intérieur d’une usine de masques « Made in Israël », et un peu « China »
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A l’intérieur d’une usine de masques « Made in Israël », et un peu « China »

Le ministère de la Défense a commandé 40 millions de masques "classiques" et 11 millions de N95 à l'usine Sion Medical en vue d'une éventuelle "seconde vague" de contaminations

Une ouvrière de l'usine Sion Medical, la première ligne de production de masques N95 du pays, conçoit un masque, Sdérot, le 15 juin 2020. (Crédit : MENAHEM KAHANA/AFP)
Une ouvrière de l'usine Sion Medical, la première ligne de production de masques N95 du pays, conçoit un masque, Sdérot, le 15 juin 2020. (Crédit : MENAHEM KAHANA/AFP)

Tac, tac, tac… Sur fond de sons stridents et répétitifs, des masques chirurgicaux sortent des machines en permanence. Aux portes de Gaza, l’usine « Sion Medical » s’est lancée dans la production de millions d’unités pour endiguer une éventuelle « seconde vague » de contaminations.

D’ordinaire, la ville israélienne de Sdérot fait davantage la une pour les roquettes tirées dans sa direction de l’enclave palestinienne que pour son parc industriel d’où des sociétés locales produisent cuisines, bonbons ou produits médicaux.

Mais quand la crise du coronavirus a commencé à déverser ses effets sur le pays en mars, les autorités israéliennes se sont mises en mode « masque ». Et quand le ministère de la Défense lui a commandé 40 millions de masques « classiques » et 11 millions de N95 – dotés d’un filtre à l’instar des FFP2 -, Daniel Lev a bien compris que le Covid-19 était une opportunité pour sa société.

« Sans cette commande, je n’aurais pas osé me lancer, mais nous avons réussi à produire des masques locaux et c’est une grande fierté », se félicite cet habitant du nord d’Israël venu investir dans le sud.

Dans son usine, environ 15 % des employés travaillent sur les machines à masques. Une tâche simple et répétitive accompagnée des cliquetis à cadences régulières. Toutes les quelques secondes, un nouveau masque blanc atterrit en bout de chaîne.

Les cartons se remplissent, les commandes sont incessantes et l’immense hangar ne désemplit pas.

« Nous avons relevé le défi que l’État nous a proposé, de produire le plus rapidement possible des masques suffisants pour qu’Israël n’ait plus besoin d’en importer », explique M. Lev dont la voix surmonte difficilement le bruit des machines.

« Seconde vague »?

Deux types de masque blancs – c’est la signature esthétique de la maison – sortent donc des entrailles de l’usine : les classiques et les « N95 », et M. Lev dit pouvoir en produire six millions, dont deux millions de N95.

Pour produire ces masques à filtre, l’entreprise Sion Medical a toutefois eu besoin d’un coup de main du ministère de la Défense, qui a importé de Chine, grand rival commercial des États-Unis – le premier allié d’Israël -, les machines essentielles à leur confection.

« Nous nous préparons à une seconde vague (…) et voulons cesser d’être dépendants de facteurs étrangers et contribuer à l’économie israélienne », a résumé la semaine dernière le ministre de la Défense Benny Gantz, annonçant une « première » ligne de production nationale de masques N95.

Pays de neuf millions d’habitants, Israël recense officiellement plus de 19 000 infections et 303 décès, soit une mortalité relativement faible comparativement à des pays en Europe et dans les Amériques.

Mais, ces dernières semaines, avec le déconfinement, près de 200 écoles ont fermé leurs portes après que des centaines d’élèves et d’enseignants ont été testés positifs, avec à l’horizon la crainte d’une forte vague de contamination cet hiver.

Désignant la machine un peu plus sophistiquée qui produit les N95, arrivée il y a une semaine à Sdérot, M. Lev s’amuse à raconter que les instructions étaient en chinois et que personne ne savait alors comment l’utiliser.

Les employés de l’usine, en majorité des femmes, juives et bédouines vivant dans le sud d’Israël, ont vite appris le fonctionnement des machines.

« D’ici deux à trois semaines, nous pourrons offrir à Israël une totale indépendance » en cas de seconde vague, se félicite Daniel Lev.

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