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A Ryad, le chef du Pentagone cherche à revigorer l’alliance américano-saoudienne

Jim Mattis veut “écouter” les responsables saoudiens et leur demander “ce dont ils ont réellement besoin”, a indiqué un responsable

James Mattis (Crédit : autorisation)
James Mattis (Crédit : autorisation)

Le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis est à Ryad mercredi pour revigorer l’alliance américano-saoudienne avec un adversaire commun, l’Iran, et ses activités « déstabilisatrices » au Moyen Orient.

L’Arabie saoudite s’était sentie marginalisée pendant la négociation de l’accord sur le nucléaire iranien, signé en juillet 2015 par l’administration Obama, a expliqué mardi un responsable américain de la Défense.

Jim Mattis vient à Ryad avec la volonté de « revigorer » l’alliance américano-saoudienne, a-t-il poursuivi.

Il veut « écouter » les responsables saoudiens et leur demander « ce dont ils ont réellement besoin », a poursuivi ce responsable.

Le président américain Donald Trump et le vice-prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui est aussi ministre de la Défense, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 14 mars 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)
Le président américain Donald Trump et le vice-prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui est aussi ministre de la Défense, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 14 mars 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Mattis va rencontrer le roi Salmane, le prince héritier Mohammed ben Nayef et le puissant vice-prince héritier Mohammed ben Salmane, déjà reçu par Donald Trump il y a un mois à Washington.

Les dirigeants saoudiens s’inquiètent de voir l’Iran s’immiscer dans les pays arabes, utilisant les communautés chiites pour avancer ses pions, comme à Bahreïn, au Liban, ou encore au Yémen, pays déchiré par une guerre civile meurtrière entre les rebelles Houthis, accusés de liens avec l’Iran, et les forces pro-gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite.

Les Saoudiens trouvent une oreille désormais plus favorable à Washington avec l’administration Trump, qui ne cesse de dénoncer « l’influence néfaste » de l’Iran au Moyen Orient.

Elle a notamment imposé de nouvelles sanctions à Téhéran après des essais de missiles balistiques en février.

Les militaires américains ont aussi dans le collimateur les activités des rebelles chiites Houthis au Yémen, accusés de « menacer » la libre circulation dans le détroit stratégique de Bab al-Mandeb reliant la mer Rouge à l’océan Indien.

L'artillerie de l'armée saoudienne tirant vers le Yémen à partir d'une position près de la frontière saoudo-yéménite, dans le sud-ouest de l'Arabie saoudite, le 13 avril 2015. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)
L’artillerie de l’armée saoudienne tirant vers le Yémen à partir d’une position près de la frontière saoudo-yéménite, dans le sud-ouest de l’Arabie saoudite, le 13 avril 2015. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)

Ils accusent l’Iran d’avoir fourni aux Houthis des armes – des missiles notamment – qui « menacent » cette voie cruciale du commerce mondial.

« Je suis extraordinairement préoccupé par l’apparition d’un nouveau goulot d’étranglement maritime » au Moyen Orient, a mis en garde en mars un haut responsable militaire américain devant le Congrès, en faisant allusion aux tensions existant déjà avec l’Iran dans le détroit d’Ormuz, entre le Golfe et l’océan Indien.

Bombes à guidage de précision

L’Iran a pour objectif de devenir « le pouvoir prédominant » au Moyen Orient, avait ajouté le général Joseph Votel, le chef du commandement des forces américaines au Moyen Orient.

Les responsables du Pentagone sont cependant restés pour l’instant très prudents sur ce qu’ils pourraient faire en faveur de l’Arabie saoudite.

L’administration Trump pourrait par exemple lever le gel d’une livraison de bombes à guidage de précision à l’Arabie saoudite, décidé par l’administration Obama en décembre, en raison du nombre élevé de victimes civiles au Yémen.

De même, l’administration Trump pourrait décider de renforcer le soutien apporté à la coalition arabe au Yémen, même si l’objectif principal de Washington reste d’obtenir des négociations de paix parrainées par l’ONU « le plus vite possible », selon l’expression de Jim Mattis.

Si l’administration américaine veut « écouter » le gouvernement saoudien, elle aimerait également que celui-ci augmente sa participation à la campagne contre le groupe terroriste Etat islamique (EI) en Irak et Syrie.

L’Arabie saoudite pourrait par exemple participer avec plus d’opérations aériennes, ou augmenter son effort d’aide humanitaire, a indiqué le responsable américain de la Défense.

La guerre contre l’EI reste « la priorité numéro 1 » des militaires américains pour l’instant, a-t-il rappelé.

Mattis évoquera certainement aussi avec les responsables saoudiens les intentions de l’administration Trump sur la Syrie.

Pour la première fois en six ans, l’armée américaine est intervenue directement contre le régime de Bashar el-Assad, avec un bombardement à l’aide de 59 missiles Tomahawk d’une base aérienne syrienne, une démarche applaudie par les dirigeants saoudiens.

Après sa visite en Arabie saoudite, Mattis se rendra jeudi en Egypte puis vendredi en Israël, où il rencontrera le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ainsi que le président Reuven Rivlin et son homologue Avigdor Liberman, avant de se rendre au Qatar samedi.

Certains experts conservateurs américains estiment que les Etats-Unis doivent travailler à la constitution d’un front commun contre l’Iran entre Israël et les pétromonarchies du Golfe qui, pour l’instant, n’ont pas de relations diplomatiques officielles avec l’Etat juif.

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