Abbas : le contrôle israélien de la Cisjordanie promeut le terrorisme mondial
Rechercher

Abbas : le contrôle israélien de la Cisjordanie promeut le terrorisme mondial

Devant les députés européens, le dirigeant de l'AP soutient les tentatives de paix, accuse Israël de transformer le “pays en prison à ciel ouvert”

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devant le Parlement européen à Bruxelles, le 23 juin 2016. (Crédit : John Thys/AFP)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devant le Parlement européen à Bruxelles, le 23 juin 2016. (Crédit : John Thys/AFP)

Dans un appel à l’Union européenne (UE) pour atteindre une solution à deux états au conflit avec Israël, le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a déclaré jeudi que la fin de la présence israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem Est éradiquerait le terrorisme dans le monde entier.

Abbas a également souligné le soutien de Ramallah à une solution à deux états comme définis dans l’actuelle initiative de paix française et dans l’initiative de paix arabe de 2002, et a supplié les députés européens de sauver les Palestiniens des « provocations » israéliennes.

« Nous sommes contre le terrorisme, quelle que soit la forme qu’il prenne, et quelles que soient les personnes qui le commettent », a déclaré Abbas aux membres du Parlement européen sous des applaudissements retentissants.

« Une fois l’occupation terminée, le terrorisme disparaîtra, il n’y aura plus de terrorisme dans le Moyen Orient, ou n’importe où ailleurs dans le monde », a-t-il déclaré.

S’exprimant un jour après son homologue israélien Reuven Rivlin, qui dans la même salle avait rejeté l’initiative de paix française multilatérale, Abbas a repoussé la possibilité d’atteindre un accord de paix intermédiaire avec Israël, ce qui serait selon lui un exercice inutile.

« Nous rejetons toute suggestion de frontières temporaires ou d’accord intermédiaire, parce que cela serait une perte de temps et ne mènerait nulle part », a-t-il déclaré.

« Nous favorisons une solution à deux états basés sur les frontières de 1967 avec Jérusalem Est comme capitale, et la solution sera basée sur l’initiative de paix arabe qui a été approuvée en 2002 sans aucun changement, a déclaré Abbas. Nos mains sont tendues, avec un désir de paix, nous avons la volonté politique de réussir la paix. »

Une conférence internationale visant à relancer le processus de paix, qui sera organisée ultérieurement dans le cadre du projet français, doit comprendre un « calendrier établi pour les négociations et la mise en place des décisions, et constituer un mécanisme pour la mise en place et la surveillance des décisions, comme cela a été le cas dans les négociations avec l’Iran », a-t-il déclaré.

Le dirigeant palestinien a ensuite condamné les « provocations sans fin » d’Israël et ses « politiques fascistes », et s’est appuyé des sévères critiques des dirigeants israéliens actuels de l’ancien Premier ministre Ehud Barak, et de l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon.

Israël, a accusé Abbas, a commencé trois guerres à Gaza et a tué des milliers de personnes dans ce processus. Depuis 1967, a continué le président de l’AP, Israël a emprisonné plus d’un million de Palestiniens.

Israël a « transformé notre pays en prison à ciel ouvert », a déclaré Abbas aux députés européens. « Vous êtes nos amis, aidez-nous. »

Abbas a continué en demandant aux députés européens pourquoi Israël était « libre d’agir impunément » et n’était pas tenu responsable devant le droit international.

« Pourquoi le droit international n’est-il pas appliqué dans le cas d’Israël ? », a-t-il demandé, sous les applaudissements des députés.

L’Union européenne fait fortement pression pour relancer le processus de paix au Moyen Orient, sur la base d’une solution à deux états.

Les 28 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont annoncé lundi leur soutien officiel à l’initiative de paix française pour l’organisation d’une conférence de paix internationale à Paris cette année, visant à relancer les négociations israélo-palestiniennes, à l’arrêt depuis 2014.

Mercredi, le président Reuven Rivlin a déclaré aux membres du parlement européen que l’initiative française souffrait de « défauts fondamentaux », et était par conséquent vouée à l’échec.

Le président Reuven Rivlin devant le parlement de l'Union européenne à Bruxelles, le 22 juin 2016. (Crédit : AFP/John Thys)
Le président Reuven Rivlin devant le parlement de l’Union européenne à Bruxelles, le 22 juin 2016. (Crédit : AFP/John Thys)

Comme d’autres initiatives internationales pour la conclusion d’un accord de paix, Rivlin a déclaré que l’approche inflexible du projet français de « tout ou rien » à la mise en place d’une solution à deux états ignore l’absence totale de confiance entre Israéliens et Palestiniens.

Rivlin a exhorté les pays de l’UE à plutôt montrer de la patience et à faciliter des mesures permettant la mise en place de la confiance entre Israël et les Palestiniens.

Jeudi, Rivlin devait rencontrer le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, et la responsable des Affaires étrangères Federica Mogherini.

Abbas a rencontré plus tôt dans la journée Mogherini, et a déclaré en conférence de presse qu’il doutait de l’engagement d’Israël envers la paix.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s'adresse aux médias au siège de la Commission européenne à Bruxelles, le 22 juin 2016. (Crédit : AFP/Thierry Charlier)
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s’adresse aux médias au siège de la Commission européenne à Bruxelles, le 22 juin 2016. (Crédit : AFP/Thierry Charlier)

« Si Israël voulait la paix avec ses voisins arabes, il devrait mettre fin à son contrôle de notre peuple et de notre pays d’abord en se retirant de nos terres et en reconnaissant les droits de notre peuple, ce qui a aussi un intérêt important pour Israël puisqu’il serait alors possible d’appliquer l’initiative de paix arabe, en accord avec la conférence de Beyrouth de 2002 », a déclaré Abbas.

Ce même jour, le bureau de Rivlin a déclaré que le dirigeant palestinien « avait refusé d’accepter l’initiative de l’Union européenne pour organiser une rencontre entre les deux hommes ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...