Abbas : voir de jeunes Palestiniennes attaquer les soldats israéliens me réjouit
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Abbas : voir de jeunes Palestiniennes attaquer les soldats israéliens me réjouit

Le chef de l'Autorité palestinienne a déclaré que le fait d'avoir des femmes au premier plan des protestations "est notre façon de vaincre nos ennemis"

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a déclaré au début du mois que voir des jeunes filles palestiniennes attaquer les troupes israéliennes « remplit son cœur de joie ».

M. Abbas a fait l’éloge des manifestations de février contre le plan de paix publié par le président américain Donald Trump et a déclaré, selon une traduction de l’observatoire des médias du Moyen-Orient – le MEMRI -, qu’il voulait voir les femmes au premier plan des protestations.

« Les femmes devraient être au premier plan des manifestations », a commenté M. Abbas. « Voir les filles s’en prendre à un policier ou un soldat me remplit vraiment le cœur de joie. C’est ainsi que nous voulons que notre résistance populaire pacifique soit. C’est notre façon de vaincre nos ennemis ».

Dans les jours qui ont suivi la publication du plan, qui a été vivement critiqué par les dirigeants palestiniens, des manifestations quotidiennes ont eu lieu dans plusieurs points chauds de Cisjordanie, qui se sont parfois transformées en émeutes avec des jets de pierres et de bombes incendiaires sur les forces israéliennes et les véhicules civils.

Des manifestants palestiniens lancent des pierres à un point de contrôle israélien lors d’affrontements avec les soldats israéliens dans le centre de la ville poudrière d’Hébron en Cisjordanie le 4 février 2020. (Crédit : HAZEM BADER / AFP)

Il n’est pas clair si M. Abbas faisait référence à un incident récent spécifique ou plutôt au cas de l’adolescente Ahed Tamimi, qui est devenue une icône de la cause palestinienne après avoir été emprisonnée pendant huit mois dans une prison israélienne pour avoir giflé et bousculé des soldats israéliens devant sa maison dans le village de Nabi Saleh en Cisjordanie en 2017.

Abbas a également utilisé son discours, diffusé sur la chaîne Palestine TV le 1er mars, pour critiquer les syndicats de Cisjordanie qui se sont mis en grève.

« Je ne peux pas payer leurs salaires, alors comment s’attendent-ils à ce que je paie une augmentation ? », s’est-il agacé.

De nombreux Palestiniens accusent l’Autorité palestinienne de corruption rampante, et l’année dernière, la Cisjordanie a été secouée par des révélations selon lesquelles le gouvernement s’est secrètement accordé une série de rémunérations et d’avantages somptueux, soulignés par une augmentation des salaires de 67 %.

Ces augmentations sont intervenues alors qu’Israël avait gelé des centaines de millions de shekels au début de 2019 sur les sommes versées par l’AP aux prisonniers de sécurité, y compris les terroristes, et à leurs familles, ce qu’Israël considère comme une récompense pour le terrorisme. Abbas a ensuite déclaré que les Palestiniens n’accepteraient pas les impôts que l’État juif collecte pour eux, à moins qu’il ne transfère la totalité du montant.

Mais dans les mois qui ont suivi, Ramallah a sombré dans une crise financière importante et a pris une série de mesures d’austérité, y compris la réduction de la majorité des salaires de ses employés. Finalement, en août, elle a accepté deux milliards de shekels de taxes de la part d’Israël, même si Jérusalem continuait de refuser de lui remettre la totalité de la somme.

Début octobre, l’AP a accepté un autre transfert important de taxes en provenance d’Israël. Depuis lors, elle reçoit les fonds fiscaux sur une base mensuelle. Israël avait alors refusé de transférer la totalité des fonds.

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