Accord de peine pour le journaliste espagnol auteur d’un délit de fuite mortel
Rechercher

Accord de peine pour le journaliste espagnol auteur d’un délit de fuite mortel

Julio de la Guardia avait trois fois le niveau limite d'alcool autorisé dans le sang quand son véhicule a heurté et tué le pianiste Chaim Tukachinsky à Jérusalem en septembre

Le journaliste espagnol Julio de la Guardia, soupçonné d'être impliqué dans un délit de fuit mortel à Jérusalem, à son arrivée à la Cour de Jérusalem le 24 septembre 2018 (Crédit : Flash90)
Le journaliste espagnol Julio de la Guardia, soupçonné d'être impliqué dans un délit de fuit mortel à Jérusalem, à son arrivée à la Cour de Jérusalem le 24 septembre 2018 (Crédit : Flash90)

Un journaliste espagnol reconnu coupable de délit de fuite mortel ayant coûté la ville à un piéton de Jérusalem en septembre dernier a conclu un accord de peine. Il purgera ainsi une peine maximum de 9 ans et demi de prison.

Julio de la Guardia a été mis en examen en octobre pour homicide involontaire et conduite en état d’ébriété après que a voiture a heurté et tué Chaim Tukachinsky, 31 ans, pianiste, compositeur et chef d’orchestre, sur la place de Paris, dans le centre de Jérusalem, alors qu’il revenait du mur Occidental où il avait prié pour la première nuit de la fête juive de Souccot.

De la Guardia a été également été inculpé pour délit de fuite, non-respect d’un feu rouge et excès de vitesse.

Il avait été arrêté une heure plus tard par la police. Il présentait un taux d’alcoolémie trois fois supérieur à la limite autorisée.

Dans le cadre de l’accord, la charge d’homicide involontaire sera rétrogradée en homicide involontaire par négligence, qui implique une peine moins lourde.

Chaim Tukachinsky (Capture d’écran : YouTube)

D’après le site d’information Ynet, les procureurs prévoient quand même de réclamer la peine maximum exigée pour ces nouveaux chefs
d’accusation : 9 ans et demi de prison.

De la Guardia travaillait comme correspondant étranger en Israël depuis de nombreuses années pour plusieurs journaux espagnols. Il avait été expulsé de l’Etat juif en 2011 après une dispute conjugale, a fait savoir la Dixième chaîne, citant des responsables du ministère des Affaires étrangères.

Durant l’enquête, on avait découvert que le journaliste avait également travaillé sous un nom d’emprunt pour une société de télévision iranienne de langue espagnole. Une mission de quelques mois seulement, avait appris le Times of Israel.

La raison pour laquelle de la Guardia, 51 ans, a pu obtenir un nouveau visa de travail et a pu revenir en Israël reste indéterminée.

La famille et des amis lors des funérailles de Chaim Tukachinsky, qui a été tué dans un délit de fuite à Jérusalem, le 25 septembre 2018 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Après l’accident, le journaliste avait expliqué à la police qu’il avait été harcelé par trois Palestiniens à moto qui suivaient sa voiture, dans laquelle se trouvaient ses trois chiens, et qu’ils tentaient de le coincer. Il a ajouté qu’il tentait de leur échapper lorsque l’accident s’est produit.

Il a également dit qu’il avait arrêté son véhicule non loin de l’accident, ne sachant pas exactement ce qui était arrivé, mais qu’il était rapidement parti lorsque des locaux l’avaient approché, craignant une agression. Il était ultérieurement allé voir un véhicule de patrouille de police qui avait allumé ses gyrophares, disant aux agents que c’était probablement lui qu’ils recherchaient.

Chaim Tukachinsky, ancien résident de Kiryat Motzkin, avait quitté sa yeshiva à l’âge de 18 ans pour entrer dans une école de musique de Jérusalem, où il avait excellé et obtenu ses différents diplômes avec brio.

« Je n’ai jamais compris pourquoi les gens sourcillent lorsqu’ils me voient, un haredi jouant du piano », avait-il dit au site Ynet en 2015.

« J’ai toujours été un haredi et j’ai toujours joué du piano. J’ai dévié du chemin [qui avait été établi pour moi] et j’ai quitté les études que j’effectuais dans des institutions supérieures de yeshiva pour devenir un pianiste professionnel ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...