Affaire classée pour les agents du Shin Bet qui auraient torturé un terroriste
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Affaire classée pour les agents du Shin Bet qui auraient torturé un terroriste

Selon le service de sécurité, les informations obtenues de Samer Arbid lors de l'interrogatoire après le meurtre de Rina Shnerb, 17 ans, ont permis d'éviter de nouveaux attentats

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les Palestiniens manifestent en soutien à Samer Arbid, membre du FPLP arrêté par Israël parce que soupçonné d'avoir commis un attentat en Cisjordanie, près de l'hôpital Hadassah du Mount Scopus à Jerusalem, le 1er octobre 2019 (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)
Les Palestiniens manifestent en soutien à Samer Arbid, membre du FPLP arrêté par Israël parce que soupçonné d'avoir commis un attentat en Cisjordanie, près de l'hôpital Hadassah du Mount Scopus à Jerusalem, le 1er octobre 2019 (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Le procureur général a interrompu dimanche l’enquête sur les agents de l’agence de sécurité du Shin Bet soupçonnés d’avoir torturé un terroriste palestinien lors d’un interrogatoire en 2019.

Le suspect, Samer Arbid, serait responsable d’un attentat terroriste mortel commis au nom du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) en août 2019, dans lequel Rina Shnerb, 17 ans, son père et son frère ont été gravement blessés.

Arbid, le chef présumé de la cellule du FPLP qui a perpétré l’attentat, a été arrêté un mois après l’attentat avec deux autres membres de la cellule. Arbid, qui avait un long passé d’implication dans des activités terroristes, aurait été violemment battu pendant son interrogatoire par le Shin Bet, ce qui lui aurait causé des blessures graves qui l’ont conduit à l’hôpital.

Peu de temps après, la division des enquêtes internes de la police du ministère de la Justice a annoncé qu’elle lançait une enquête sur l’affaire, dont tous les détails ont été mis sous scellés en vertu d’une ordonnance d’embargo émise par le tribunal. Certains aspects de l’enquête du ministère de la Justice ne peuvent toujours pas être publiés.

Rina Shnerb, 17 ans, a été tuée dans un attentat terroriste en Cisjordanie le 23 août 2019. (Autorisation de la famille)

« Dans le cadre de l’enquête, un certain nombre d’interrogateurs du Shin Bet ont été interrogés car ils étaient soupçonnés d’avoir fait un usage illégal de la force. En outre, les déclarations des témoins ont été vérifiées, des documents ont été saisis et l’avis d’un établissement médico-légal a été recueilli », a déclaré dimanche le bureau du procureur général Avichai Mandelblit dans un communiqué.

Bien que la torture ait été rendue illégale en Israël par une décision de justice de 1999, les services de sécurité peuvent recevoir une autorisation spéciale pour utiliser des « méthodes d’interrogation physique » – largement comprises comme de la torture – dans le cas de ce que l’on appelle les « bombes à retardement », où l’on croit qu’une attaque est sur le point de se produire de façon imminente, justifiant le recours à des violences physiques.

Une telle permission aurait été accordée aux interrogateurs dans l’affaire Arbid.

Dimanche, le bureau de Mandelblit a annoncé qu’il classait cette enquête.

« Après avoir examiné les preuves et à la lumière d’une recommandation de l’équipe d’enquête et de l’avis des fonctionnaires du bureau du procureur qui ont suivi l’enquête, le procureur général a décidé de classer l’affaire en raison de l’absence de preuves qu’un crime a été commis », a déclaré le bureau de Mandelblit dans un communiqué.

Samer Arbid, suspecté d’être le chef d’une cellule terroriste qui serait derrière l’attaque à la bombe ayant tué l’adolescente israélienne Rina Shnerb en août 2019, dans une photographie non datée. (Twitter)

Le Shin Bet a salué la décision d’abandonner l’enquête et semble indiquer que le recours à la torture était justifié dans cette affaire.

« Les informations obtenues lors de l’interrogatoire du terroriste Samer Arbid, l’assassin de Rina Shnerb (que sa mémoire soit bénie), ont permis de localiser de nombreuses armes et de prévenir de nouvelles attaques terroristes planifiées par le Front populaire pour la libération de la Palestine », a déclaré le Shin Bet dans un communiqué.

Le chef du service de sécurité, Nadav Argaman, a déclaré qu’il soutenait pleinement les interrogateurs, qui « ont accompli leur mission avec professionnalisme… et conformément à la loi, et dont les actions ont sauvé la vie de nombreux Israéliens ».

Les avocats d’Arbid ont dit qu’il avait eu des fractures et un problème cardiaque pendant l’interrogatoire.

La famille de Rina Shnerb (photo au centre) s’adresse aux journalistes devant la prison militaire d’Ofer, le 18 décembre 2019. (Capture d’écran/Arutz 7)

« Samer Arbid a été gravement torturé par les interrogateurs israéliens. Il a été transféré à l’hôpital inconscient et souffre de plusieurs fractures », ont déclaré ses avocats dans un communiqué publié par la Fondation Addameer, une organisation juridique palestinienne qui représente souvent les personnes accusées de terrorisme.

Le 23 août, un engin explosif artisanal qui avait été placé près de la source naturelle de Bubin, dans le centre de la Cisjordanie, près de l’implantation israélienne de Dolev, a été déclenché par des terroristes alors que la famille Shnerb de la ville de Lod, dans le centre d’Israël, se rendait sur le site. Rina Shnerb a été déclarée morte sur place et son père Eitan et son frère Dvir, 19 ans, ont été emmenés dans un hôpital de Jérusalem après avoir été blessés par l’explosion.

« Arbid a dirigé la cellule, préparé la bombe artisanale et l’a déclenchée au moment où il a vu la famille Shnerb atteindre la source », a déclaré le Shin Bet au moment de son arrestation.

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