Affaire Sarah Halimi : malgré les pressions, Me Buchinger refuse de porter plainte contre la police
Rechercher

Affaire Sarah Halimi : malgré les pressions, Me Buchinger refuse de porter plainte contre la police

Me Goldnadel a déposé plainte pour "non-assistance à personne en danger" suite à la non-intervention des policiers arrivés sur les lieux une heure avant l'assassinat de Sarah Halimi. Me Buchinger, avocat des enfants de la victime, explique pourquoi il s'oppose à cette démarche

Les avocats Buchinger (d) et Kaminsky communiquant à la presse les éléments concernant le meurtre de Sarah Halimi, le 22 mai 2017 (crédit: capture d'écran Twitter/Jonathan_RTfr)
Les avocats Buchinger (d) et Kaminsky communiquant à la presse les éléments concernant le meurtre de Sarah Halimi, le 22 mai 2017 (crédit: capture d'écran Twitter/Jonathan_RTfr)

Maître Alex Buchinger, avocat des 3 enfants de Sarah Halimi, femme juive de 65 ans battue à mort et assassinée le 4 avril dernier, ne souhaite pas aller dans le sens de la plainte déposée par Me Goldnadel contre la police pour « non-assistance à personne en danger ».

La non-intervention de la police le soir de la mort de Sarah Halimi soulève de nombreuses questions, à tel point que deux autres membres de la famille de Sarah Halimi, dont sa sœur habitant en Israël, représentés par Me Goldnadel, ont décidé de porter plainte pour « non-assistance à personne en danger ».

« L’expertise médicale conclut que c’est la defenestration qui a causé la mort de la victime, explique Gille-Wiliam Goldnadel. Or à ce moment-là, les policiers étaient sur place depuis un long moment. S’ils étaient intervenus, Sarah Halimi serait peut-être parmi nous aujourd’hui ».

Cependant, Me Buchinger s’est « catégoriquement refusé » à porter plainte contre la police. Et ce malgré « diverses pressions me demandant de m’associer au dépôt d’une plainte pour non-assistance à personne en danger visant des fonctionnaires de Police, » précise-t-il.

Pour lever toute ambiguïté, Me Buchinger explique longuement sa démarche dans un communiqué. Il revient sur le moment précis de l’intervention policière, et explique pourquoi, même s’il pense qu’il y eu faute policière, il n’envisage pas la plainte mais envisage une autre procédure.

« Avec une particulière rapidité, écrit-il, trois fonctionnaires de police de la BAC du 11e arrondissement de Paris ont pénétré dans l’immeuble et se sont postés devant la porte d’entrée de l’appartement de cette famille d’origine malienne, qui s’était réfugiée dans l’une des pièces de leur appartement tandis que Kobili Traoré récitait à très haute voix des sourates du coran dans leur salon. Plutôt que d’investir les lieux, ces policiers ont appelé du renfort arrivé 10 minutes plus tard, sans que ces autres fonctionnaires de police n’interviennent davantage. Il aura fallu attendre 1h10 pour qu’une colonne d’assaut de la BAC enfonce la porte et appréhende l’assassin qui n’a alors opposé aucune résistance. Pendant ce temps, le criminel aura eu la possibilité de commettre l’irréparable. »

« Si les forces de police étaient immédiatement intervenues dans les instants qui ont suivi leur arrivée, Sarah Halimi serait toujours vivante. Il y a eu de façon indiscutable un dysfonctionnement policier qui a conduit à l’inertie totale des forces de police durant l’interminable supplice de Madame Sarah Halimi. Fallait-il pour autant déposer une plainte pour non-assistance à personne en danger visant des fonctionnaires de police ? »

« Je suis convaincu que non. Il s’agit selon moi d’un simple effet d’annonce tout à fait contre-productif. En tant qu’avocat des enfants de Sarah Halimi mon objectif est en tout premier lieu de faire reconnaître le caractère terroriste islamiste antisémite indiscutable de cet horrible assassinat précédé de torture et d’actes de barbarie. En ce qui concerne les fautes indiscutables commises par les policiers dans leur appréciation de la situation, plutôt que déposer une plainte pour non-assistance à personne en danger j’ai estimé bien plus opportun de former une demande d’actes circonstanciée auprès du juge d’instruction. (…) Il ne s’agit donc aucunement de chercher à occulter ce dysfonctionnement policier et ses conséquences, bien au contraire. Plutôt que procéder par voie de plainte, la démarche consistant à former des demandes d’actes s’inscrit dans une logique de confiance en la Justice ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...