Pourquoi Goldnadel porte plainte contre la police dans l’affaire Halimi
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Interview

Pourquoi Goldnadel porte plainte contre la police dans l’affaire Halimi

"Non-assistance à personne en danger". Tel est l'objet de la plainte déposée par deux membres de la famille de Sarah Halimi contre les policiers présents sur les lieux du meurtre, via Me Gilles-William Goldndel

Gilles-William Goldnadel (Crédit : page Facebook)
Gilles-William Goldnadel (Crédit : page Facebook)

La non-intervention de la police le soir de la mort de Sarah Halimi soulève de nombreuses questions, à tel point que deux membres de la famille de Sarah Halimi, représentés par Me Goldnadel, ont décidé de porter plainte pour « non-assistance à personne en danger ».

Présente sur les lieux de l’agression de la dame âgée de 65 ans, la police n’intervient, selon le dossier d’instruction, qu’une heure après avoir été appelée.

Mais surtout, les agents ne passent à l’action qu’après la défenestration de Sarah Halimi par son agresseur, alors qu’ils se trouvent devant l’ensemble HLM où elle réside.

Attente d’instructions de la part de la hiérarchie, ou de renforts par crainte de la présence d’un ou de plusieurs terroristes les policiers avancent plusieurs versions des faits. Ils expliquent également, que la localisation du meurtrier a pris du temps, celui-ci étant passé d’un immeuble à l’autre, pour se rendre dans l’appartement de Sarah Halimi. 

Times of Israël: Au nom de qui allez vous porté plainte contre la police ?

Maître Gilles-William Goldnadel: Au nom de la sœur de Sarah Halimi qui habite en Israël, qui s’appelle Beatrice Sarah Lecover, née Attal, et d’un autre membre de la famille.

Sur quels éléments vous fondez-vous pour présumer d’une faute certaine des agents intervenus ce soir-là ?

Il s’agit d’une plainte pour non assistance à personne en danger. La situation telle qu’elle s’est déroulée est incompréhensible. Vous savez, je ne fais pas ça de gaité de cœur : je suis l’avocat d’un syndicat de police et je sais que la police est en première ligne, et qu’elle se bat vaillamment contre le terrorisme.

Mais dans cette affaire, comme dans celle du Bataclan (c’est d’ailleurs le même commissariat) il y a manifestement un problème. Certes, elle est intervenue très vite, car beaucoup de gens l’ont appelée ; mais une fois arrivée sur place, elle n’a rien fait. La police était sur place depuis une heure quand son assassin l’a défenestrée.

Alors, comment voulez-vous que dans un tel contexte, où l’on assiste à une négligence fautive, on ne trouve pas là trace de non-assistance de personne en danger ?

Que révèle le dossier d’instruction ?

Dans le dossier d’instruction, dès le départ, les policiers qui ont enquêté après le drame se sont montrés étonnés, eux aussi. Ils ont posé des questions aux policiers d’intervention. Mais les réponses qu’ils ont obtenues sont vagues et embrouillées. Elles se contredisent les unes avec les autres.

Certains affirment qu’ils attendaient des ordres de leur supérieur, car ils craignaient une présence terroriste ; d’autres disent qu’ils n’ont rien entendu.

Quelle est votre opinion ?

Mon opinion, c’est qu’ils attendaient des ordres qui ne sont jamais venus. Mais lorsque je parle à des policiers, à d’autres policiers, ils me disent que lorsqu’un crime flagrant est en train de se commettre, il faut intervenir tout de suite.

Surtout, que dans le cas de notre affaire, l’expertise médicale conclut que c’est la defenestration qui a causé la mort de la victime. Or à ce moment-là, les policiers étaient sur place depuis un long moment. S’ils étaient intervenus, Sarah Halimi serait peut-être parmi nous aujourd’hui.

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