AIPAC : un donateur ne s’y exprimera pas après des propos jugés polémiques
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AIPAC : un donateur ne s’y exprimera pas après des propos jugés polémiques

Adam Milstein indique que ses tweets affirmant qu'Ilhan Omar et Rashida Tlaib ne correspondaient pas aux "valeurs américaines" avaient été "déformés"

Adam Milstein, dont la fondation familiale a fait des dons à des groupes affiliés à l'AIPAC ainsi qu'à des groupes pro-Israël et juifs. (Crédit : autorisation de l'Israeli-American Council via JTA)
Adam Milstein, dont la fondation familiale a fait des dons à des groupes affiliés à l'AIPAC ainsi qu'à des groupes pro-Israël et juifs. (Crédit : autorisation de l'Israeli-American Council via JTA)

WASHINGTON (JTA) — Adam Milstein, un grand donateur pro-Israël, ne s’exprimera pas lors de la conférence annuelle de l’AIPAC après une série de tweets dans lesquels il a accusé deux parlementaires musulmanes de jurer avec « les valeurs américaines ».

L’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) s’est distancié d’Adam Milstein.

Celui qui dirige le Conseil israélo-américain a déclaré que ses opinions exprimées sur Twitter avaient été « déformées. »

« Mes publications sur les réseaux sociaux représentent mes opinions — les miennes uniquement, » a fait savoir Adam Milstein dans un communiqué au JTA. « Je n’ai aucun intérêt à laisser cette déformation détourner l’attention du travail important accompli par l’AIPAC. Pour cette raison, je n’animerai pas de table ronde à la conférence de l’AIPAC cette année. » Il devait effectivement animer une table ronde sur l’antisémitisme lors de l’événement la semaine prochaine.

Le porte-parole de l’AIPAC, Marshall Wittmann, a précisé que les opinions de Milstein n’étaient pas celles du lobby.

« M. Milstein n’est pas un représentant de l’AIPAC et ses opinions ne sont pas les nôtres, » a-t-il ainsi indiqué par courriel.

La fondation familiale d’Adam Milstein a donné à un groupe affilié à l’AIPAC, la Fondation éducative américano-israélienne, ainsi qu’à plusieurs groupes pro-ISraël et juifs.

Ses tweets, soulignés entre autres par des membres de J Street, sont apparus après qu’une de ses cibles l’élue démocrate Ilhan Omar, a été accusée d’invoquer des calomnies de double loyauté en commentant l’influence de l’AIPAC.

Dans un déluge de tweets lundi, Adam Milstein a essayé de relier Ilhan Omar et sa collègue démocrate Rashida Tlaib, aux Frères musulmans, en ne citant pas ou peu de preuves.

« Les Frères musulmans font désormais partie du Congrès, » pouvait-on ainsi lire dans un tweet. « Les nouvelles élues, comme @IlhanMN @RashidaTlaib, sont connues pour être #antisémites et anti#Israël. De plus, elles sont toutes les deux représentantes du #CAIR et des #Frèresmusulmans et leurs valeurs dénotent avec les valeurs américaines ».

Le tweet contenait un lien vers un site qui ne donnait aucune preuve que les deux élues étaient alliées aux Frères musulmans, un groupe terroriste islamiste dont le Hamas, l’organisation terroriste qui contrôle la bande de Gaza, est issu.

Deux tweets encourageaient ses abonnés à signer une pétition appelant le procureur général William Barr et Elan Carr, l’envoyé du département d’Etat chargé de surveiller l’antisémitisme, « d’enquêter sur les liens du #CAIR affilié au #Hamas au Congrès américain. » Elan Carr surveille l’antisémitisme à l’étranger et pas aux États-Unis, et n’en a donc pas les compétences.

La représentante démocrate du Minnesota Ilhan Omar, à gauche, et la représentante Rashida Tlaib, élue démocrate du Michigan, à droite, écoutent le discours de l’Etat de l’Union du président Donald Trump au Capitole, à Washington, le 5 février 2019 (Crédit : AP Photo/J. Scott Applewhite)

Le CAIR (Conseil sur les relations américano-islamiques) a organisé de nombreux événements pour Tlaib et Omar. La Ligue anti-diffamation (ADL) assure que « la plupart des activités » du CAIR consistent à révéler les préjugés contre les musulmans, mais que son agenda anti-Israël dénigrait ses actions. Un de ses fondateurs, Nihad Awad, avait exprimé son soutien au Hamas en 1994, et un des fondateurs de son antenne de Dallas a été condamné pour financement occulte du groupe terroriste. Le Conseil nie depuis des années tout lien avec le Hamas et souligne que Niwad et CAIR condamnent les actions terroristes du Hamas depuis 2006.

Adam Milstein a retweeté une vidéo affirmant qu’Omar avait « admis » prendre « des cours de terrorisme ». On peut ainsi l’y voir évoquer des cours sur le terrorisme qu’elle a suivis à l’université d’Etat du Dakota du Nord lorsqu’elle passait son diplôme de Sciences politiques.

Dans son communiqué, qu’il a transmis à la condition que le JTA le publie dans son intégralité, Adam Milstein a insisté que ses tweets ne visaient pas les Musulmans per se.

« Mon tweet aujourd’hui, qui contenait des articles de presse et des publications sur les réseaux sociaux réalisées par d’autres au sujet du CAIR et des représentantes Ilhan Omar et Rashida Tlaib, a été utilisé pour déformer mes opinions et faire une présentation erronée de ma personne, » a-t-il déploré.

« Permettez-moi d’être clair. Je pense que l’Amérique en tant que pays est renforcé par notre diversité et notre engagement profond pour la liberté d’expression, la tolérance et le pluralisme religieux. Qu’on soit juif, musulman, chrétien ou hindou, je crois que les Américains de toutes les confessions ne devraient pas voir leur loyauté remise en cause. Je pense que notre pays est plus fort quand des gens de tous les horizons et toutes les confessions sont représentés dans la vie publique. C’est précisément pour cela que je continue de m’exprimer contre le CAIR, et contre les représentantes Omar et Tlaib, qui ont longtemps été associées à cette organisation extrémiste et intolérante, qui a des antécédents bien documentés de diffusion de l’antisémitisme et de financement de l’organisation terroriste du Hamas. »

En 2017, il s’était excusé d’avoir tweeté une image antisémite du philanthrope juif libéral George Soros.

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