Allemagne : des historiens accusent le chef de l’AfD de paraphraser Hitler
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Allemagne : des historiens accusent le chef de l’AfD de paraphraser Hitler

Alexander Gauland avait déjà fait scandale en estimant que la période nazie n'avait été qu'une "fiente d'oiseau" dans l'histoire millénaire allemande

Alexander Gauland, co-dirigeant du parti d'extrême droite « Alternative for Germany » (AfD), pose avant un entretien avec des journalistes de l'AFP, le 23 novembre 2017 à Potsdam. (Crédit : AFP / John MACDOUGALL)
Alexander Gauland, co-dirigeant du parti d'extrême droite « Alternative for Germany » (AfD), pose avant un entretien avec des journalistes de l'AFP, le 23 novembre 2017 à Potsdam. (Crédit : AFP / John MACDOUGALL)

Le dirigeant du parti d’extrême droite allemand AfD, Alexander Gauland, a été accusé mercredi par des historiens de renom d’avoir paraphrasé un discours d’Adolf Hitler de 1933 pour dénoncer une « clique mondialisée » dans une tribune de presse.

M. Gauland, qui co-dirige aussi le groupe parlementaire Alternative pour l’Allemagne (AfD), a réfuté ces accusations dans le quotidien Tagesspiegel, assurant : « Je ne connais pas de passage correspondant d’Adolf Hitler ».

Deux historiens spécialistes du nazisme et de l’antisémitisme, Wolfgang Benz et Michael Wolffsohn, affirment que le responsable politique de 77 ans, qui a déjà été accusé de relativiser la période nazie, s’est inspiré d’un discours du Führer tenu fin 1933 devant des ouvriers à Berlin.

Dans une tribune sur le populisme publiée le 6 octobre par le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), Alexander Gauland s’en est pris à une « clique mondialisée qui siège dans les entreprises internationales, les organisations comme l’ONU, dans les médias, les start-ups, les universités, les ONG, les fondations, dans les partis et ses appareils et qui parce qu’elle contrôle les informations, donne le ‘la’ culturellement et politiquement ».

« Ses membres vivent presque exclusivement dans les grandes villes (…) et quand ils déménagent de Berlin à Londres ou Singapour pour changer de travail, ils trouvent partout les mêmes appartements, maisons, restaurants, magasins, écoles privées », avait-il poursuivi.

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Or en novembre 1933, Hitler avait dénoncé une « petite clique internationale déracinée qui attise la haine entre les peuples (…) Ce sont des gens (…) qui vivent aujourd’hui à Berlin, peuvent se retrouver demain à Bruxelles et après-demain à Paris et ensuite à Prague, ou Vienne ou Londres et qui se sentent partout chez eux ». Le dictateur visait les Juifs.

Cette tribune « colle de près de manière ostensible (au discours) d’Hitler », a affirmé l’historien Wolfgang Benz, dans le Tagesspiegel.

Pour lui, cela donne l’impression que « le chef de l’AfD a posé sur son bureau le texte du discours du Führer de 1933 quand il a rédigé sa tribune pour la FAZ ».

Pour un autre expert, Michael Wolffsohn, « il est grave que Gauland signale à ses partisans cultivés qu’il connaît les discours et la plume de Hitler et qu’il transpose aujourd’hui sur les adversaires de l’AfD les reproches adressés par Hitler aux Juifs ».

Alexander Gauland avait déjà fait scandale en estimant au printemps que la période nazie n’avait été qu’une « fiente d’oiseau » dans l’histoire millénaire allemande.

Adolf Hitler s’adresse aux soldats lors d’un rassemblement nazi à Dortmund, en Allemagne (Crédit : Hulton Archive/Getty Images via JTA)

L’AfD s’est doté dimanche d’une section « juive » pour s’opposer à l’immigration des hommes musulmans porteurs, selon lui, d’idéologie antisémite, initiative qui a provoqué un tollé dans le pays.

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