Allemagne: un élu AfD condamné pour avoir insulté le fils de Boris Becker
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Allemagne: un élu AfD condamné pour avoir insulté le fils de Boris Becker

Un tribunal berlinois a condamné l'élu à payer 15.000 euros de dommages-intérêts au fils du tennisman après l'avoir taxé de de "petit demi-nègre" en mal "d'attention"

Une casquette aux couleurs du parti d'extrême-droite allemande Alternative for Germany, AfD, (Crédit : Monika Skolimowska/dpa via AP, file)
Une casquette aux couleurs du parti d'extrême-droite allemande Alternative for Germany, AfD, (Crédit : Monika Skolimowska/dpa via AP, file)

Un député d’extrême droite allemand a été condamné mardi à payer des dommages-intérêts au fils de l’ancienne star du tennis Boris Becker pour avoir posté un message à caractère raciste sur son compte Twitter.

Un tribunal berlinois a condamné l’élu à payer 15.000 euros de dommages-intérêts à Noah Becker, a indiqué l’avocat du fils de M. Becker au magazine Der Spiegel.

Dans un message posté sur le réseau social en décembre 2017, Jens Maier, un ancien magistrat devenu député de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), avait qualifié Noah Becker, dont le grand-père maternel est noir américain, de « petit demi-nègre » en mal « d’attention ».

Le message de l’élu se voulait un commentaire d’une interview du fils de Boris Becker, âgé de 24 ans, dans laquelle ce dernier avait qualifié Berlin de « ville blanche », comparée à Londres ou Paris.

Il avait aussi affirmé avoir déjà été attaqué dans la capitale allemande en raison de sa couleur de peau.

M. Maier avait affirmé ne pas être l’auteur de ce tweet, posté selon lui par un collaborateur qui avait confirmé être le véritable auteur du message.

Mais le tribunal n’a pas retenu cette ligne de défense.

« Je suis particulièrement heureux que l’accusé n’ait pas réussi à faire valoir qu’il n’a pas lui-même écrit le tweet », s’est félicité l’avocat du plaignant, Christian-Oliver Moser.

M. Maier avait déjà fait scandale par le passé pour avoir exprimé de la sympathie envers le néo-nazi Anders Behring Breivik, qui avait tué 77 personnes en 2011 en Norvège, estimant qu’il avait agi « par désespoir » face au multiculturalisme.

D’autres responsables de l’AfD sont également des habitués des tweets polémiques.

Mardi, les services de renseignement allemands ont d’ailleurs annoncé qu’ils envisageaient un placement « sous surveillance » de l’AfD du fait notamment des discours extrémistes de certains de ses membres.

Seuls les mouvements ultra-radicaux et considérés comme un danger pour la sécurité et l’Etat font l’objet d’une telle surveillance en Allemagne de la part du Renseignement intérieur.

L’AfD est depuis septembre 2017 le principal parti d’opposition national en Allemagne à la chambre des députés, face au gouvernement de la chancelière Angela Merkel constitué des conservateurs et des sociaux-démocrates.

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