Ambassade US à Jérusalem : Recouvrir le drapeau des Fiertés serait une ingérence
L'ambassade critique la municipalité ; pour le maire adjoint, l'annulation du défilé en raison de la pandémie signifie que la ville ne doit pas accrocher de drapeaux des Fiertés

La couverture par la municipalité de Jérusalem d’une bannière de la fierté LGBT sur le mur extérieur d’un bâtiment de l’ambassade américaine dans la capitale a continué de susciter des protestations mercredi, avec un responsable américain comparant la question à l’annexion prévue par Israël de certaines zones de la Cisjordanie.
« Alors que l’ambassadeur Friedman se bat pour l’annexion aux États-Unis, êtes-vous en train d’envahir notre territoire souverain ici ? », a déclaré le haut responsable de l’ambassade à la Douzième chaîne d’information, faisant allusion au voyage de l’envoyé à Washington pour des discussions à la Maison Blanche sur la question de savoir si l’administration Trump devrait ou non soutenir le projet du Premier ministre Benjamin Netanyahu d’entamer le processus d’annexion à partir du 1er juillet.
Selon le rapport, l’ambassadeur adjoint des États-Unis a échangé sur la question avec le maire de Jérusalem, Moshe Lion, qui aurait déclaré que l’incident était une « erreur malheureuse » de son adjoint qui a envoyé les inspecteurs recouvrir la banderole.
La chaîne a rapporté que l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, devrait soulever la question à son retour.
Le différend a éclaté après que le maire adjoint d’extrême droite, Arieh King, a envoyé des inspecteurs recouvrir le panneau à l’unité des affaires palestiniennes de l’ambassade, rue Agron, dans le centre de Jérusalem. Le panneau exprimait le soutien à « la tolérance et la diversité ».
Les articles de presse citent une déclaration de la municipalité selon laquelle la mise en place de la bannière nécessitait une approbation, et « malheureusement, nous ne pouvons pas déroger aux règles avec quiconque cherchant à mettre en place un panneau ».
« Si l’approbation est demandée, et que le panneau respecte les règles, elle sera donnée sans délai », indiquait la déclaration.
Mais une autre adjointe au maire, Fleur Hassan Nahoum, a affirmé sur Twitter qu’une telle approbation n’était pas nécessaire.
La couverture du panneau a été retirée mardi dans la nuit.
#Exclusive: Israel police ordered United States Embassy to cover #Pride flag displayed every June, according to knowledgable source who said about 20 motorcycle cops drove up & demanded banner be removed. Have requested explanation from @israelpolice & @usembassyjlm ????️???? pic.twitter.com/0DlV8BWqvq
— Noga Tarnopolsky נגה טרנופולסקי نوغا ترنوبولسكي???? (@NTarnopolsky) June 23, 2020
King a soutenu que l’ambassade avait enfreint la loi, en disant à NPR [National Public Radio] mardi qu’il avait demandé que la bannière soit couverte après les plaintes des résidents.
« Je suis surpris que l’ambassade ait décidé non seulement d’enfreindre la loi, mais aussi d’afficher un panneau auquel la majorité des résidents s’oppose. Pourquoi prendre parti sur une question controversée et mettre un panneau dans notre rue », a-t-il déclaré. « La plupart des Juifs, des chrétiens et des musulmans de la ville s’y opposent. »
Il a déclaré au site web de droite Arutz Sheva que « personne n’est autorisé à enfreindre la loi, que vous soyez une personne privée anonyme ou un haut fonctionnaire ».
Le groupe de défense des droits des LGBT Open House Jerusalem a déclaré que le panneau était placé au même endroit chaque année en juin pour marquer le mois de la fierté, lorsque des marches et d’autres événements pro-LGBT sont organisés à travers le pays.
L’enceinte de la rue Agron est un complexe distinct du bâtiment principal de l’ambassade. Il se trouve dans un quartier très fréquenté du centre-ville de Jérusalem, à proximité du parcours du défilé annuel dans la capitale. Le défilé a été annulé cette année en raison de la pandémie de coronavirus.
Dans un communiqué, la Open House a attaqué King pour avoir « essayé à nouveau de marginaliser la communauté LGBT au lieu de travailler au profit de tous les habitants de Jérusalem. Cette tentative est vouée à l’échec ».
Selon un reportage de la radio de l’armée mercredi, King a également déclaré que, puisqu’il n’y avait pas de défilé autorisé cette année, et que par conséquent tout événement de ce type serait considéré comme une protestation, la ville ne devrait pas montrer son soutien en accrochant des drapeaux.
En 2019, le Département d’État américain avait refusé à l’ambassade des États-Unis en Israël et à trois autres endroits l’autorisation de faire flotter un drapeau de la fierté sur un mât.
Le vice-président américain Mike Pence a défendu cette décision, affirmant que seul le drapeau américain pouvait être hissé sur le mât. Il a déclaré qu’il n’y avait pas d’interdiction pour le drapeau de la fierté, ou d’autres drapeaux, de flotter ailleurs dans les ambassades américaines.
Quelques jours plus tard, la succursale de l’ambassade à Tel Aviv avait orné sa façade de drapeaux arc-en-ciel qui ne semblaient pas enfreindre l’interdiction.
The U.S. Embassy Branch Office in Tel Aviv is ready for the PRIDE parade tomorrow! pic.twitter.com/pmc50wBli8
— U.S. Embassy Jerusalem (@usembassyjlm) June 13, 2019







