La municipalité de Jérusalem recouvre la bannière LGBT à l’ambassade américaine
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La municipalité de Jérusalem recouvre la bannière LGBT à l’ambassade américaine

Le maire adjoint salue la prévention de la tentative de "souiller le caractère sacré de Jérusalem", mais la mairie et l'ambassade affirment qu'elle sera découverte dès autorisation

Des drapeaux arc-en-ciel flottant rue Agron à Jérusalem, dans le centre-ville, avant la Marche des fiertés qui aura lieu le 6 juin. Photo prise le 4 juin 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Des drapeaux arc-en-ciel flottant rue Agron à Jérusalem, dans le centre-ville, avant la Marche des fiertés qui aura lieu le 6 juin. Photo prise le 4 juin 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Mardi, la municipalité de Jérusalem a retiré une banderole LGBT d’un mur extérieur d’une installation de l’ambassade des États-Unis dans la capitale, après qu’un adjoint au maire d’extrême droite a alerté les autorités sur le fait que l’ambassade n’avait pas demandé l’autorisation d’accrocher la banderole.

Les médias en langue hébraïque ont rapporté que le maire adjoint d’extrême droite Arieh King avait envoyé des inspecteurs pour couvrir le panneau à l’unité des affaires palestiniennes de l’ambassade, rue Agron, dans le centre de Jérusalem. Celui-ci défendait « la tolérance et la diversité ».

« Le panneau ‘PRIDE’ [Fierté] de l’ambassade américaine à Jérusalem a été temporairement retiré aujourd’hui (mardi 23 juin 2020) en attendant une discussion avec le gouvernement municipal de la ville de Jérusalem. Il sera remis en place dès que possible sur la propriété de l’ambassade », a commenté l’ambassade des États-Unis dans un communiqué.

Les rapports citent une déclaration de la municipalité selon laquelle la mise en place de la bannière nécessite une approbation, et « malheureusement, nous ne pouvons pas déroger aux règles avec quiconque cherchant à mettre en place un panneau ».

« Si l’approbation est demandée, et que le panneau respecte les règles, elle sera donnée sans délai », indique la déclaration.

Mais une autre adjointe au maire, Fleur Hassan Nahoum, a affirmé sur Twitter qu’une telle autorisation n’était pas nécessaire.

La pancarte aurait été remise en place tard mardi soir.

Aryeh King avait justifié précédemment auprès du site web de droite Arutz Sheva que « personne n’est autorisé à enfreindre la loi, que vous soyez une personne privée anonyme ou un haut fonctionnaire ».

Le membre du Conseil municipal de Jérusalem Aryeh King, à Jérusalem le 22 octobre 2014 (Crédit photo: Yonatan Sindel / Flash90)

« Il faut s’opposer à toute personne qui tente de souiller le caractère sacré de Jérusalem », a-t-il indiqué. « C’est vrai dans le cas d’un corps israélien, et certainement si c’est un invité qui vient en ville ».

Open House Jerusalem, un groupe de défense des droits des LGBT, a rappelé que le panneau était placé au même endroit chaque année en juin pour marquer le mois de la fierté, lorsque des marches et d’autres événements pro-LGBT sont organisés dans tout le pays.

L’enceinte de la rue Agron est un complexe distinct du bâtiment principal de l’ambassade. Il se trouve dans un quartier très fréquenté du centre-ville de Jérusalem, à côté du parcours de la marche annuelle de la fierté organisée dans la capitale. Celle-ci a été annulée cette année en raison de la pandémie de coronavirus.

Dans une déclaration, Open House a attaqué Aryeh King pour avoir « essayé à nouveau de marginaliser la communauté LGBT au lieu de travailler au profit de tous les habitants de Jérusalem. Cette tentative est vouée à l’échec ».

Un autre groupe de défense des droits des LGBT, Aguda, s’en est pris à la municipalité.

« Honte à la municipalité de Jérusalem de continuer à ignorer toute une communauté et de valider la haine violente du maire adjoint Aryeh King », a-t-il dénoncé. « Aucun signe couvert ne nous fera disparaître de la sphère publique et ne fera taire notre demande fondamentale d’égalité – ni à Jérusalem ni ailleurs dans le pays ».

En 2019, le Département d’État américain avait refusé à l’ambassade des États-Unis en Israël et à trois autres endroits l’autorisation de faire flotter un drapeau arc-en-ciel.

Le vice-président américain Mike Pence avait défendu cette décision, déclarant que seul le drapeau américain pouvait être hissé. Il avait assuré qu’il n’y avait pas d’interdiction pour le drapeau arc-en-ciel, ou d’autres drapeaux, de flotter ailleurs dans les ambassades américaines.

Quelques jours plus tard, l’annexe de l’ambassade à Tel-Aviv avait orné sa façade de drapeaux arc-en-ciel qui ne semblaient pas enfreindre l’interdiction.

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