Amende de 1,2 million NIS à une raffinerie pour un incendie toxique en 2016
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Amende de 1,2 million NIS à une raffinerie pour un incendie toxique en 2016

Des amendes supplémentaires de 30 000 à 50 000 NIS ont été infligées à trois directeurs pour non-respect des règles de l'entreprise et violation des autorisations environnementales

Un incendie qui a éclaté dans une raffinerie de pétrole de Haïfa, le 25 décembre 2016. (Crédit : Meir Vaaknin/Flash90)
Un incendie qui a éclaté dans une raffinerie de pétrole de Haïfa, le 25 décembre 2016. (Crédit : Meir Vaaknin/Flash90)

Le tribunal de Haïfa a infligé lundi une amende de 1,2 million de NIS (300 000 euros) à la société de raffinage et de pétrochimie du groupe Bazan pour négligence, pollution et violation de permis en lien avec un incendie de grande ampleur qui a envoyé des nuages noirs toxiques au-dessus de la baie de Haïfa pendant plusieurs heures fin décembre 2016.

Le tribunal a également infligé des amendes allant de 30 000 à 50 000 NIS (7 500 à 12 500 euros) à trois directeurs – Yariv Gratz, Tsachi Shapira et Yaron Ovadia – qui ont reconnu avoir été accusés dans le cadre d’une médiation et d’une négociation de peine.

L’incendie, qui a mis plus d’un jour à s’éteindre, a envoyé des flammes orange vif et une épaisse fumée noire dans l’air au-dessus de la ville portuaire du nord et a menacé d’autres installations du grand complexe industriel.

La police a brièvement fermé les principales artères de circulation près de la zone industrielle de Haïfa alors que plus de 40 équipes de pompiers s’efforçaient de maîtriser les flammes.

Vue d’un incendie géant dans l’entreprise de raffinage et de pétrochimie du groupe Bazan, à Haïfa, le 25 décembre 2016. (Police israélienne)

Les enquêtes ont révélé que la veille de l’incendie, un travailleur dans la zone des conteneurs du complexe a découvert qu’un couvercle qui flottait habituellement sur l’un des conteneurs avait coulé dans la concoction liquide qu’il contenait – isomérat, un composant du mélange d’essence, et C-9 (penthane), tous deux reconnus comme des matériaux toxiques, cancérigènes et hautement inflammables.

Lorsque le couvercle est tombé, quelque 200-300 mètres cubes d’isomérat ont été exposés à l’atmosphère, envoyant des hydrocarbures dans l’air et créant les conditions d’un incendie. Les services d’incendie et d’urgence de Bazan ont essayé de récupérer le couvercle, mais le matin de l’incendie, alors qu’ils essayaient de déloger l’isomérat en pulvérisant des jets d’eau d’une hauteur de 10 mètres, le carburant s’est enflammé et la situation a dégénéré.

Le tribunal a été informé de la façon dont des événements de ce type peuvent entraîner des maladies liées à la pollution telles que le cancer, des problèmes cardiaques et respiratoires et des dommages au système nerveux, selon le degré d’exposition.

Les trois directeurs ont admis ne pas avoir appliqué les règles de l’entreprise et n’avoir pas donné d’instructions à leurs travailleurs sur l’application des règles, et avoir enfreint les instructions des autorisations du ministère de la Protection de l’environnement.

Gas and oil Refinery in Haifa Bay at night (Photo credit: Shay Levy/Flash90)
La baie de Haïfa, avec ses raffineries, la nuit. (Shay Levy/Flash90)

Situé dans la baie de Haïfa, Bazan exploite la plus grande raffinerie de pétrole du pays. Elle est détenue à 33 % par la société israélienne d’Idan Ofer, la plus grande société de portefeuille de la Bourse de Tel Aviv. L’Israel Corporation détient également 46 % des parts de l’Israel Chemicals (ICL), qui extrait de la potasse, des phosphates, du brome et du magnésium et produit des engrais et d’autres produits chimiques.

En décembre, une étude de l’organisation de défense de l’environnement Adam Teva VeDin a révélé que les usines liées à la famille Ofer étaient responsables d’au moins 1,2 milliard de NIS (300 millions d’euros) de dommages à la santé publique causés par la pollution atmosphérique en 2018.

La baie de Haïfa, enclavée dans les montagnes du Carmel, abrite l’une des industries les plus importantes du pays, et ses habitants craignent depuis longtemps un incident qui pourrait mettre la ville en danger.

Pollution dans la ville de Haïfa, au nord d’Israël, le 15 avril 2015. (Basel Awidat/Flash90)

L’incendie de 2016 a eu lieu quelques semaines après que la ville a été ravagée par une série de feux de forêt qui ont détruit des centaines de maisons et forcé l’évacuation de dizaines de milliers de personnes. La ville a également été touchée par de fortes inondations au début du mois qui ont causé la mort d’une personne.

Le maire de l’époque, Yona Yahav, avait alors déclaré que la municipalité avait averti à plusieurs reprises le gouvernement du danger que représentaient la raffinerie et l’énorme réservoir de stockage d’ammoniac de la région, qui avaient été désignés comme cibles par le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

Le réservoir d’ammoniac, propriété de Haifa Chemicals, a finalement été vidé en septembre 2017 après une longue bataille.

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