Amir Peretz annonce des droits de douane sur les importations de ciment
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Amir Peretz annonce des droits de douane sur les importations de ciment

Le ministre de l'Économie parle d'un plan de hausse des taxes sur les matériaux de construction nécessaire pour protéger le secteur local, mais le ministre des Finances s'y oppose

Le président du Parti travailliste Amir Peretz lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 12 mars 2020. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le président du Parti travailliste Amir Peretz lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 12 mars 2020. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le ministre de l’Économie Amir Peretz a déclaré vendredi qu’il avait l’intention d’augmenter les droits de douane sur le ciment importé de 0,25 % à 17,25 %, invoquant la nécessité de protéger les producteurs locaux.

Mais il a été rapidement freiné par le ministre des Finances Israel Katz, qui doit approuver une telle mesure, déclarant qu’elle était « complètement à l’opposé de ma vision du monde, qui épouse la concurrence, est contre les monopoles et soutient la baisse du coût de la vie ».

Expliquant son souhait d’augmenter les taxes, M. Peretz a indiqué que le ciment était vendu à Israël à des prix de dumping – inférieurs aux prix offerts dans le pays d’origine – qui nuisent à l’industrie locale.

Il a ajouté que ces prix bas n’avaient pas fait baisser le coût du logement. Et il a souligné que Nesher, le principal producteur de ciment d’Israël, s’était engagé à ne pas augmenter les tarifs à plus de 250 shekels (64,5 euros) la tonne, contre une moyenne de 240 shekels la tonne aujourd’hui.

Il a avancé que son objectif était de maintenir les prix bas tout en préservant l’industrie locale du ciment.

M. Katz a fait savoir qu’il avait l’intention de rejeter d’emblée la demande de M. Peretz. Néanmoins, les deux hommes devaient se rencontrer pour discuter de la question.

Le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Israel Katz, s’exprime lors d’une réunion d’urgence au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 13 février 2020. (Flash90)

La décision de M. Peretz va à l’encontre des recommandations d’un comité consultatif, qui a déclaré que le tarif sur les importations devrait être maintenu à son taux actuel, bien que le directeur de la politique d’importation du ministère l’ait soutenu.

Même si le comité a reconnu que les importations en provenance de Turquie et de Grèce faisaient l’objet d’un dumping, il a noté que le ciment importé de Jordanie et de Chypre était importé à des prix ordinaires, ce qui remet en question l’affirmation selon laquelle de telles tactiques nuisent à l’industrie locale.

Avant d’entrer en politique, Amir Peretz a passé des années à la tête de la Histadrout, qui regroupe de puissants syndicats et est considérée comme liée aux intérêts de l’industrie israélienne.

L’importateur de ciment ‘Ciment’ accuse le ministre de chercher à ramener Israël à « la règle des monopoles et des comités » et clame que sa décision augmenterait la centralisation et le coût de la vie.

Amir Peretz, président du Parti travailliste, et Israel Katz du Likud sont dans des camps séparés au sein du nouveau gouvernement d’unité, le premier s’étant allié à Kakhol lavan et à son leader Benny Gantz et le second étant fidèle au Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Depuis la mise en place du gouvernement, les deux camps ont déjà connu des tensions concernant la législation, le budget annuel et le désir du Premier ministre d’annexer des parties de la Cisjordanie le mois prochain.

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