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Amir Yaron: Il faut un gouvernement et un budget stables pour sortir de la crise

Selon le gouverneur de la Banque d'Israël, Amir Yaron, les impôts devront être augmentés pour réduire la dette, mais pas cette année ; la politique monétaire restera expansionniste

Le gouverneur de la Banque d'Israël, Amir Yaron, (à gauche), présente le rapport annuel de la banque centrale au président Reuven Rivlin, le 6 avril 2021. (Mark Neyman, GPO)
Le gouverneur de la Banque d'Israël, Amir Yaron, (à gauche), présente le rapport annuel de la banque centrale au président Reuven Rivlin, le 6 avril 2021. (Mark Neyman, GPO)

Israël a besoin d’un gouvernement stable et d’un budget le plus rapidement possible pour l’aider à sortir de la crise économique provoquée par la pandémie de coronavirus, a déclaré mardi le gouverneur de la Banque d’Israël, Amir Yaron, lors d’une conférence de presse au cours de laquelle la banque centrale a présenté son rapport annuel.

« Il est clair que nous avons besoin d’un gouvernement et d’une certaine forme de stabilité », a déclaré Yaron en réponse à une question sur l’impasse politique qui s’est emparée de la nation, après qu’une quatrième élection en moins de deux ans ne s’est soldée par aucun vainqueur clair. « Sans gouvernement, nous ne pouvons pas faire avancer les programmes et les changements structurels dont l’économie a besoin ».

Pour assurer une croissance durable, ainsi que des investissements et l’établissement de priorités, un gouvernement stable est nécessaire, a-t-il déclaré. « Cela ne peut pas se faire de manière désordonnée ».

En raison des bouleversements politiques, Israël est sans budget annuel depuis 2018. Mardi, le président Reuven Rivlin a désigné à contrecœur le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu pour former le prochain gouvernement, notant qu’il le faisait à la fois parce qu’aucun chef de parti ne semblait avoir suffisamment de soutien pour réussir à rassembler une coalition gouvernementale et parce qu’il avait des réserves « morales et éthiques » étant donné que Netanyahu fait actuellement l’objet d’un procès pour corruption.

Des Israéliens prennent plaisir à s’asseoir dans des restaurants à Tel Aviv, le 04 avril 2021. (Miriam Alster/FLASH90)

Le produit intérieur brut d’Israël s’est contracté de 2,5 % en 2020 en raison de la pandémie, avec une distanciation sociale qui a fermé des entreprises et des activités économiques. Le chômage a atteint son plus haut niveau depuis au moins 50 ans, avec une moyenne de 15,7 % pour l’année, contre un niveau record de 3,8 % en 2019. La consommation privée a chuté de
9,5 %, et le PIB par habitant de 11 %. Le déficit public a explosé à 11,6 %, contre 3,7 % en 2019, et le ratio dette/PIB a bondi à 72,6 %, contre 60 % en 2019.

L’économie est désormais en train de sortir de la crise, les restrictions ayant été largement levées dans le cadre d’une campagne de vaccination de niveau mondial qui a permis de faire baisser le taux d’infection. Il y a maintenant 4,86 millions de personnes en Israël qui ont été vaccinées avec une seconde dose, sur une population d’environ 9 millions.

M. Yaron a déclaré que la Banque d’Israël prévoit que ce n’est qu’en 2040 que le pays ramènera son ratio dette/PIB à un niveau pré-pandémique de 60 %. Les impôts, a-t-il dit, devront être augmentés pour réduire la dette nationale, mais on ne sait pas encore quand.

« Cela ne se produira pas en 2021 », a déclaré Yaron. « Cela se produira lorsque l’économie atteindra un niveau d’activité élevé… Quand cela se produira, nous n’avons pas la capacité de le dire, car nous sommes juste en train de sortir de la crise. Est-ce que ce sera quelque part en 2022, ou est-ce que cela glissera vers 2023 ? C’est l’une des questions que nous étudions encore. »

Les taux de TVA pourraient être temporairement allégés, a déclaré M. Yaron, si la demande des consommateurs ne retrouve pas les niveaux d’avant la pandémie, mais il est trop tôt pour le savoir, et cette mesure n’est « pas nécessaire » pour le moment.

La crise économique déclenchée par la pandémie de coronavirus a été l’une des plus graves jamais enregistrées par Israël, mais son impact a été atténué par le fait que les exportations ont augmenté, même pendant la crise, le secteur de la haute technologie continuant à prospérer. Les programmes d’aide économique et les plans mis en place par le gouvernement et la Banque d’Israël pour relancer l’économie ont également contribué à cette évolution. Sans cette aide, l’économie aurait pu se contracter de 5 % cette année, a déclaré M. Yaron.

Le gouvernement devrait interrompre en juin, comme prévu, les allocations de chômage qu’il a accordées aux travailleurs mis au chômage, afin de les inciter à reprendre le travail, a déclaré M. Yaron.

La lutte contre le chômage, l’investissement dans les infrastructures et la réduction de la réglementation, la formation des travailleurs sans emploi et le renforcement de la numérisation font partie des mesures essentielles à prendre pour sortir l’économie de la crise, a-t-il déclaré.

En ce qui concerne les taux d’intérêt, Yaron a réaffirmé que la politique monétaire continuera d’être « expansionniste » et que les taux resteront probablement « bas pendant plus longtemps ».

Le taux directeur de la banque centrale se situe à un niveau historiquement bas de 0,1 %.

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