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Amos Hochstein se rendra à Beyrouth dans le cadre du différend israélo-libanais

Le Hezbollah a menacé d'attaquer Israël si les travaux de forage commençaient avant que le désaccord frontalier ne soit résolu

Le président libanais Michel Aoun, à droite, rencontre l’envoyé des États-Unis pour les Affaires énergétiques Amos Hochstein, au centre, et l’ambassadrice des États-Unis au Liban, Dorothy Shea, à gauche, au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beyrouth, au Liban, le 9 février 2022. (Crédit : Dalati Nohra/Gouvernement libanais via l'AP)
Le président libanais Michel Aoun, à droite, rencontre l’envoyé des États-Unis pour les Affaires énergétiques Amos Hochstein, au centre, et l’ambassadrice des États-Unis au Liban, Dorothy Shea, à gauche, au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beyrouth, au Liban, le 9 février 2022. (Crédit : Dalati Nohra/Gouvernement libanais via l'AP)

Le diplomate américain Amos Hochstein se rendra au Liban la semaine prochaine pour servir de médiateur dans le conflit frontalier maritime qui oppose le Liban et Israël et qui retarde les explorations pétrolières et gazières, a déclaré vendredi la Maison Blanche.

La visite de Hochstein intervient dans un contexte de tensions croissantes autour des sites contestés, Israël ayant bien l’intention de maintenir l’installation d’une nouvelle plateforme de forage sur le site de Karish et le groupe terroriste Hezbollah menaçant de l’attaquer.

Hochstein sera au Liban les 13 et 14 juin « pour discuter de solutions durables à la crise énergétique au Liban », a déclaré la Maison Blanche.

« Au cours de sa visite, Hochstein soulignera l’espoir de l’administration Biden que le Liban et Israël puissent parvenir à une décision sur la délimitation de leurs frontières maritimes respectives », est-il précisé dans le communiqué.

« L’administration se félicite de l’esprit de consultation et d’ouverture des deux parties soucieuses de parvenir à une décision finale, une décision qui a le potentiel d’apporter plus de stabilité, de sécurité et de prospérité à la fois au Liban et à Israël ainsi qu’à la région », a indiqué la Maison Blanche.

Jeudi, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a prévenu que son organisation ne resterait pas « les bras croisés » si Israël décidait d’extraire du gaz d’un gisement offshore actuellement contesté. Il a laissé entendre que le Hezbollah pourrait s’opposer aux forages, par la force s’il le fallait.

Le Liban ne décolère pas depuis l’arrivée, dimanche, d’une nouvelle plateforme de forage sur le champ gazier de Karish. Israël et le Liban revendiquent tous les deux le gisement, qui pourrait contenir suffisamment de gaz pour sortir Beyrouth de sa crise économique. De manière tout-à-fait exceptionnelle, les pays ont tenu des pourparlers pour résoudre ce différend, avec la médiation des États-Unis.

Un navire de la FINUL patrouille en Méditerranée à côté d’une base de la force de maintien de la paix de l’ONU, alors que le Liban et Israël ont repris des pourparlers indirects sur leur frontière maritime contestée avec la médiation des États-Unis, au large de la ville méridionale de Naqoura, au Liban, le 4 mai 2021. (Crédit : Hussein Malla/AP)

Les responsables israéliens ont clairement dit, cette semaine, que la nouvelle plateforme ne pomperait pas de gaz dans la zone disputée, invitant à la reprise des pourparlers pour résoudre le conflit.

Dans un discours télévisé, Nasrallah a déclaré qu’Israël devrait s’abstenir de forer jusqu’à la fin des pourparlers, se faisant l’écho de récentes menaces d’attaque de la plateforme, qui devrait être opérationnelle dans les prochains mois.

« La résistance ne restera pas les bras croisés face à l’épuisement des ressources du Liban, unique espoir du pays. Elle ne peut pas rester les bras croisés, et ne le fera pas, si Dieu le veut », a-t-il ajouté.

« Nous sommes aux côtés du peuple libanais : la résistance est matériellement et militairement capable d’empêcher l’ennemi d’extraire du gaz du gisement contesté de Karish. Aucune mesure prise par l’ennemi ne pourra le protéger totalement. »

Ces propos font manifestement échos au projet israélien de stationner un système de défense antimissile en mer, sur la plateforme, afin d’en assurer la protection.

Nasrallah a indiqué que le sujet était tout aussi important que la guérilla menée par le Hezbollah pour évincer Israël du sud du Liban, à la fin du siècle dernier.

« Notre objectif principal doit être d’empêcher l’ennemi d’extraire du gaz du champ de Karish et même d’y mener une quelconque activité », a-t-il précisé.

« La résistance a les capacités logistiques, humaines, matérielles, de sécurité et de renseignement pour empêcher l’ennemi de pomper le gaz et le carburant de Karish », a-t-il ajouté.

Illustration : Energean en opération dans le champ pétrolier de Karish, au large d’Israël, en 2020. (Crédit : Capture d’écran YouTube)

En réponse aux propos de Nasrallah, le ministre des Finances, Avigdor Liberman, a déclaré : « Personne ne nous dictera s’il faut ou non extraire du gaz de la zone économique de l’État d’Israël ».

« Israël est un État souverain, qui continuera à prendre des décisions en fonction de ses seuls intérêts, sans tenir compte des menaces terroristes. Je suggère à Nasrallah de continuer à se terrer dans son bunker, ses vidéos n’impressionnent personne », a-t-il dit.

Une information rendue publique par Tsahal dimanche affirme que l’armée se préparerait à une attaque du Hezbollah sur la plateforme et qu’elle prévoyait, en conséquence, d’y déployer des forces navales, dont une version maritime du système de défense antimissile du Dôme de fer.

Un haut général de Tsahal a également menacé mardi l’infrastructure militaire du Hezbollah à la frontière libanaise.

Le Liban et Israël – qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques et qui se considèrent l’un l’autre comme des ennemis – poursuivent des pourparlers indirects, sous médiation américaine, depuis près de deux ans, dans le but de régler leur différend frontalier en mer.

Ces pourparlers ont commencé à la fin de 2020, mais sont en suspens depuis que le Liban a revendiqué 1 430 kilomètres carrés supplémentaires de territoire maritime actuellement placés sous contrôle israélien. Les deux pays négociaient à l’origine une démarcation de 860 kilomètres carrés de territoire maritime qui sont officiellement enregistrés comme territoire contesté dans une cartographie des Nations unies de 2011.

Israël et le Liban ont tous les deux des intérêts économiques sur ce territoire, riche en gaz fossile, une ressource naturelle très lucrative. Le Liban, aux prises avec une dure crise économique depuis la fin 2019, voit en ces ressources une possible sortie de ses malheurs.

Hochstein a été nommé l’année dernière par le président américain Joe Biden dans le but de faciliter les négociations entre les deux pays. En novembre, il avait menacé de mettre fin aux pourparlers si les pays ne parvenaient pas à une solution, et en février, il avait averti que le temps était désormais compté pour parvenir à un accord.

Par ailleurs, vendredi, les États-Unis ont déclaré qu’ils envoyaient un diplomate de haut rang en Israël et en Cisjordanie pour des pourparlers.

« La secrétaire d’État adjointe aux affaires du Proche-Orient, Barbara A. Leaf, se rendra en Israël et en Cisjordanie du 11 au 14 juin pour consulter ses partenaires israéliens et palestiniens sur une série de priorités, notamment l’approfondissement de la coopération bilatérale des États-Unis avec Israël et avec l’Autorité palestinienne, les relations israélo-palestiniennes et le soutien des États-Unis à une solution à deux États, la dissuasion des actes régionaux d’agression de l’Iran et le soutien à l’intégration d’Israël dans la région du Moyen-Orient élargi », a déclaré le département d’État américain.

Leaf sera accompagné du secrétaire adjoint adjoint aux affaires israéliennes et palestiniennes, Hady Amr, et de la directrice du NSC pour les affaires israéliennes et palestiniennes, Cynthia Cook.

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