Anti-sionisme: Près de 200 personnalités soutiennent le Britannique David Miller
Rechercher

Anti-sionisme: Près de 200 personnalités soutiennent le Britannique David Miller

Ce professeur de l'université de Bristol avait dit soutenir "la fin du sionisme", ajoutant que les Juifs du campus étaient utilisés par un "régime étranger violent et raciste"

Le professeur de l'université de Bristol David Miller. (Capture d'écran)
Le professeur de l'université de Bristol David Miller. (Capture d'écran)

JTA — Environ 200 universitaires du Royaume-Uni et des Etats-Unis ont signé une pétition pour défendre un professeur d’université britannique qui avait déclaré que les étudiants juifs de son campus étaient des « pions » au service d’Israël, « un régime étranger raciste et violent qui s’adonne au nettoyage ethnique ».

Les groupes et organisations juives avaient fait part de leur mécontentement face aux propos tenus par David Miller, professeur de sociologie politique à l’université de Bristol, lors d’une visioconférence en date du 13 février. Certains avaient réclamé qu’il soit licencié de son poste.

Parmi les signataires du courrier publié vendredi en soutien à Miller, le linguiste Noam Chosky et la théoricienne du genre Judith Butler, qui sont tous les deux des Juifs américains. Les noms des défenseurs de Miller ont été retirés sans explication de la pétition sur internet.

« Le professeur Miller est un éminent spécialiste. Il est connu internationalement pour avoir exposé le rôle que les acteurs et que les réseaux bien financés et coordonnés jouent dans la manipulation et dans l’orchestration du débat public, notamment sur le racisme », dit la pétition.

Lors de la visioconférence intitulée « La campagne du Labour pour la liberté d’expression », Miller avait déclaré soutenir « la fin du sionisme en tant qu’idéologie de fonctionnement » et indiqué que les protestations émises par la Jewish Society de l’université de Bristol – un syndicat d’étudiants juifs – suite à ses critiques antérieures contre les Juifs et Israël montraient qu’il « y a une véritable question d’abus ici – de la part des étudiants juifs qui, sur les campus britanniques, sont utilisés comme des pions politiques par un régime étranger violent, raciste, qui s’adonne au nettoyage ethnique ».

Il avait cité le soutien apporté au sionisme par la Jewish Society.

Marie van der Zyl, présidente de l’organisation-cadre des Juifs britanniques, le Board of Deputies of British Jews, a pour sa part écrit un courrier, la semaine dernière, au président de l’université, Hugh Brady, réclamant le licenciement de Miller.

La vice-présidente du Conseil des représentants des Juifs britanniques, Marie van der Zyl (Crédit : Board of Deputies of British Jews)

« En vous plaçant dans l’incapacité de mettre un terme au travail de Miller à un poste de la faculté, l’université lui offre toute l’apparence de sérieux dont il a besoin », a dit la lettre écrite par van der Zyl. L’université « défend une personne dont les propos pourraient figurer dans les pages de Der Sturmer, » a-t-elle ajouté, faisant référence à une publication à l’antisémitisme virulent qui avait émané du parti nazi en Allemagne.

Un porte-parole de l’université a déclaré au Jewish Chronicle de Londres, la semaine dernière, que « nous n’approuvons pas les propos tenus par le professeur Miller au sujet de nos étudiants juifs ».

Dans la pétition qui défend Miller – ce dernier a refusé de présenter ses excuses ou de retirer ses paroles – ses soutiens affirment que « les attaques à l’encontre du professeur Miller émanent d’une conférence sur l’islamophobie qu’il avait faite devant les étudiants de l’université de Bristol, il y a deux ans ».

Lors de cet événement, il avait suggéré que les Juifs britanniques utilisaient les événements interconfessionnels avec les musulmans pour renforcer l’acceptation du sionisme chez ces derniers.

« Les Israéliens ont envoyé leurs hommes dans la bataille », avait dit Miller, « en particulier par le biais du travail interconfessionnel… en prétendant que les Juifs et les musulmans travaillaient ensemble, de manière apolitique, pour contrer le racisme. Non : c’est un cheval de Troie visant à normaliser le sionisme dans la communauté musulmane. Nous l’avons constaté, par exemple, à la mosquée d’East London, où cette dernière a accueilli involontairement ce projet de préparation de soupe au poulet unissant les communautés juive et musulmane. C’était un projet soutenu par Israël pour normaliser le sionisme dans la communauté musulmane, et ils ont fait ça au même moment qu’ils commettaient des attaques contre [Jeremy] Corbyn,’ ancien leader d’extrême-gauche anti-israélien qui était alors à la tête du parti Travailliste ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...