Après l’annulation de son concert en Belgique, David Draiman appelle à l’unité
Alors que des anti-Israël ont pris pour cible son concert prévu à Bruxelles en raison de son soutien à l'État hébreu, le chanteur juif de Disturbed rappelle que la musique devrait rassembler
Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Le chanteur américain de heavy metal David Draiman a appelé à l’unité lors d’un concert du groupe Disturbed à Amsterdam, la semaine dernière, après que celui-ci a été interdit de se produire en Belgique en raison de ses opinions pro-Israël.
Le maire de Forest, la commune bruxelloise où Disturbed devait se produire, a annulé l’événement, affirmant craindre d’éventuelles manifestations aux abords de la salle de concert.
Draiman, qui s’est ouvertement exprimé sur son héritage juif et son soutien à Israël, s’est rendu dans ce pays au début de l’année et a publié des photos de lui en train de signer des obus destinés à être utilisés par l’armée israélienne dans la bande de Gaza.
Selon certaines informations, les militants anti-Israël ont invoqué ces photos pour justifier leur intention de manifester contre le concert.
Draiman a finalement réagi à cette annulation sur les réseaux sociaux, rappelant que la musique devrait être un espace où tout le monde est le bienvenu.
« La musique fait oublier toutes nos différences. Elle a le pouvoir de guérir, d’inspirer et de rassembler les gens, sans se soucier de ce qui nous divise. Nous avons toujours mis un point d’honneur à ce que TOUS soient les bienvenus à nos concerts, quelles que soient leurs convictions. Tous ceux qui viennent à un concert de Disturbed sont acceptés et aimés. Nous sommes tristes que nos fans belges ne puissent pas partager cette célébration de la musique. »
Draiman a également évoqué l’annulation du concert en Belgique lors de son spectacle la semaine dernière à Amsterdam.
Debout sur scène, entouré des membres de son groupe Disturbed, il a interrompu le concert pour parler de l’importance de l’unité.
« Peu importe qui vous êtes, peu importe votre milieu social, peu importe d’où vous venez, peu importe combien d’argent vous avez dans votre poche, vous êtes tous les bienvenus à ces concerts. Vous comprenez ça ? », a déclaré Draiman, sous les acclamations de la foule.
« Peu importe que vous soyez croyant ou non. Peu importe comment vous vous identifiez. Rien de tout cela n’a d’importance, d’accord ? Et tout le bruit de ce monde, toute la colère que tant de gens essaient de nous insuffler. Toutes les personnes dans ce monde qui tirent tant profit de nous monter les uns contre les autres – nous refusons d’être définis par ces personnes. Le brouhaha du monde ne nous définit pas. Les conflits qui ont lieu dans ce monde ne nous définissent pas, car dans ce bâtiment, il n’y a aucun putain de conflit. »
Draiman a ensuite souligné que tout le monde, qu’il soit Chinois, Taïwanais, Indien, Pakistanais, Israélien ou Palestinien, était le bienvenu à ses concerts.
Il a également évoqué la nécessité de célébrer ce moment et cette « chance d’instaurer une paix véritable ».
Il s’exprimait alors qu’Israël et le Hamas venaient de conclure un cessez-le-feu, après deux ans de guerre à Gaza, déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien le 7 octobre 2023, au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 autres ont été enlevées et emmenées de force dans l’enclave.
Dans le cadre de l’accord de paix en vingt points du président américain Donald Trump, le Hamas a libéré les vingt derniers otages encore en vie la semaine dernière. Draiman n’a pas mentionné les otages dans son intervention, dont vingt-et-un étaient toujours détenus à Gaza au 15 octobre.
Please watch and PLEASE SHARE @Disturbed #peace #coexistence https://t.co/DHQsAPtX5z
— David Draiman ????????️????????????????✡️☮️ (@davidmdraiman) October 15, 2025
Plus de 68 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes. Israël affirme avoir tué 22 000 terroristes au combat depuis janvier, et 1 600 autres terroristes à l’intérieur du pays le 7 octobre 2023.
L’assaut barbare et sanglant du 7 octobre et la guerre qui s’en est suivie ont donné lieu à des accusations de crimes de guerre et de « génocide » commis par Israël à Gaza, accusations que l’État hébreu rejette catégoriquement.
L’armée israélienne assure prendre « de nombreuses mesures » pour minimiser les atteintes aux civils et souligne que le groupe terroriste viole systématiquement le droit international et exploite brutalement les institutions civiles et la population comme bouclier humain pour ses activités de terrorisme, en combattant depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
Au lendemain de la guerre, un mouvement croissant en faveur du boycott d’Israël et de l’exclusion du pays et de ses citoyens des manifestations culturelles, sportives et universitaires internationales s’est manifesté.
Ces derniers mois, cette pression s’est également étendue à ceux qui ont exprimé leur soutien à Israël, dont Draiman.
Des groupes anti-Israël recourent depuis longtemps à la pression sur les musiciens, les réalisateurs et d’autres professionnels du spectacle pour qu’ils boycottent Israël et/ou les Israéliens. Jusqu’à récemment, cette campagne – connue comme étant le mouvement anti-Israël Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) – n’avait rencontré qu’un succès mitigé, seuls quelques artistes ayant annulé leurs concerts en Israël au fil des ans.
La semaine dernière, deux concerts du chanteur et compositeur anglais Morrissey en Turquie ont été annulés en toute discrétion, en raison, semble-t-il, du soutien de l’artiste à Israël. L’ancien leader du groupe The Smiths devait se produire à Istanbul et à Ankara en décembre, mais des militants ont ressorti des photos de lui drapé dans un drapeau d’Israël lors d’un concert à Tel Aviv en 2012 et ont demandé l’annulation des événements.
Lors du concert d’Amsterdam, il a demandé à tout le monde de prendre la main de la personne à côté d’eux, tandis que lui et ses acolytes se tenaient par la main sur scène et levaient les bras vers le ciel.
« Regardez autour de vous », a déclaré Draiman.
« Vous voyez, mes amis ? Parfois, l’obscurité peut vous montrer la lumière. »







