Après le cabinet israélien, l’AP va se réunir dans la vallée du Jourdain
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Après le cabinet israélien, l’AP va se réunir dans la vallée du Jourdain

Les ministres palestiniens se réuniront à Fasayil, près de l'implantation où s'est réuni le cabinet israélien, au lendemain de la promesse d'annexion

Le convoi du Premier ministre Benjamin Netanyahu quitte la vallée du Jourdain, où s'est déroulée une réunion  du cabinet, le 15 septembre 2019. (Crédit : Amir Cohen/Pool via AP)
Le convoi du Premier ministre Benjamin Netanyahu quitte la vallée du Jourdain, où s'est déroulée une réunion du cabinet, le 15 septembre 2019. (Crédit : Amir Cohen/Pool via AP)

L’Autorité palestinienne (AP) organisera sa réunion hebdomadaire dans la vallée du Jourdain lundi, dernière manifestation en date de la querelle avec Israël autour de cette zone de Cisjordanie.

Dimanche, le cabinet israélien s’est réuni dans la vallée, quelques jours après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis de l’annexer s’il était réélu cette semaine, s’attirant une pluie de condamnations internationales.

Le porte-parole du gouvernement de l’AP, Ibrahim Milhem, a annoncé dimanche que la réunion aurait lieu dans le village palestinien de Fasayil au lieu de Ramallah, comme il est d’usage.

Netanyahu a organisé la réunion de son cabinet dimanche dans l’implantation de Petza’el, près de Fasayil, où il a approuvé la proposition de légalisation d’un avant-poste dans la vallée du Jourdain, après que le procureur général Avichai Mandelblit est revenu sur son opposition à cette démarche.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pose avec les ministres du cabinet exceptionnellement réunion dans la vallée du Jourdain, le 15 septembre 2019. (Crédit : Amir Cohen/Pool via AP)

Le Premier ministre a déclaré à la radio militaire dimanche que s’il était réélu, il avait l’intention d’annexer des parties « vitales » de la Cisjordanie au-delà de la vallée du Jourdain et des principaux blocs d’implantations, et cela en accord avec les États-Unis.

Parallèlement, durant la réunion du cabinet, Netanyahu a informé les ministres de la nomination d’une équipe dirigée par le directeur du bureau du Premier ministre, Ronen Peretz, et chargée de formuler le plan d’annexion de la vallée du Jourdain.

L’idée de contrôler ce territoire jouit d’un large soutien en Israël où il est largement considéré comme un atout essentiel pour la sécurité du pays, car il sert de zone tampon contre les attaques potentielles venant de l’est.

Les Palestiniens, cependant, disent qu’il ne peut y avoir d’État indépendant sans contrôler sa frontière. Avec l’annexion, ils perdraient une zone fertile, abritant de nombreuses fermes palestiniennes et constituant l’une des rares zones restantes de la Cisjordanie garantissant des espaces ouverts pour le développement.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pointe une carte de la vallée du Jourdain dans une déclaration dans laquelle il promet d’étendre la souveraineté israélienne à la vallée du Jourdain et au nord de la mer Morte, à Ramat Gan, le 10 septembre 2019. (Menahem Kahana/AFP)

Les plans d’annexion de Netanyahu ont déclenché une cascade de condamnations internationales. Les critiques estiment que cela pourrait enflammer le Moyen-Orient et éliminer tout espoir palestinien d’établir leur État.

Le président de l’AP, Mahmoud Abbas, a promis d’annuler tous les accords antérieurs avec Israël s’il se concrétisait, et Amman a averti qu’étendre la souveraineté tuerait le processus de paix déjà moribond et pourrait affecter le traité de paix entre les pays.

Le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’adresse aux dirigeants palestiniens à la Muqata, siège de l’AP, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 20 février 2019. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

Abbas a également déclaré la semaine dernière que les Palestiniens maintenaient « le droit de défendre nos droits et d’atteindre nos objectifs par tous les moyens disponibles, quelles que soient les conséquences », selon Wafa.

Le ministre des Affaires sociales de l’AP, Ahmad Majdalani, a précisé au Times of Israel qu’Abbas ne faisait que parler de « moyens » considérés comme légitimes au regard du droit international.

Saeb Erekat, secrétaire général du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a également critiqué l’annonce de l’annexion de Netanyahu, affirmant que si le Premier ministre menait à bien ce plan, il retarderait le processus de paix d’un siècle.

« Netanyahu a annoncé son intention d’annexer la vallée du Jourdain et les 37,2 km de côte palestinienne le long de la mer Morte », a tweeté Erekat, qui vit dans la ville de Jéricho, dans la vallée du Jourdain, qui deviendrait, métaphoriquement, une île entourée d’une mer d’Israël selon le plan de Netanyahu.

« S’il réussit, il n’aura aucune chance de paix pour les 100 prochaines années. Les Israéliens et la communauté internationale doivent mettre fin à cette folie. L’annexion est un crime. Cela signifie renforcer l’apartheid, la violence, l’extrémisme et le déversement de sang. »

Erekat a par la suite publié une déclaration officielle appelant la communauté internationale à reconnaître un État palestinien et à boycotter les biens produits dans les implantations.

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