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Après les attaques, la Knesset se réunira en session d’urgence la semaine prochaine

Gantz a promis des milliers de réservistes de Tsahal "dans les rues" si nécessaire ; Netanyahu affirme que le gouvernement ne peut pas lutter contre le terrorisme

Ministres et députés assistent à une séance plénière dans l'enceinte de la Knesset à Jérusalem, le 5 janvier 2022 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Ministres et députés assistent à une séance plénière dans l'enceinte de la Knesset à Jérusalem, le 5 janvier 2022 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le président de la Knesset, Mickey Levy, a annoncé que la Knesset se réunirait en session plénière d’urgence mercredi prochain en réaction à la vague terroriste.

La semaine dernière a été la plus meurtrière qu’Israël ait connue depuis de nombreuses années, avec quatre personnes tuées dans une attaque au couteau à Beer Sheva, deux dans une fusillade à Hadera et cinq dans une autre fusillade à Bnei Brak.

Levy a déclaré mercredi avoir ordonné la convocation de la chambre à la demande des partis d’opposition Likud et Shas.

Le Parlement est actuellement en période de vacances de printemps et la convocation d’une telle session est très inhabituelle.

À l’appui de leur demande, les deux partis ont invoqué « la situation sécuritaire difficile et les atteintes à la sécurité personnelle des citoyens israéliens ».

Lors d’une conférence de presse donnée depuis la base du commandement central de Tsahal mercredi, le ministre de la Défense, Benny Gantz, a déclaré qu’Israël était sous le coup d’« attentats terroristes meurtriers ».

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, donne une conférence de presse au siège du Commandement central de Tsahal, le 30 mars 2022. (Crédit : Capture d’écran GPO)

« Nous prenons des mesures offensives et défensives », a détaillé Gantz, expliquant les ordres qu’il avait donnés, et notamment le renforcement de la police israélienne par un millier de soldats.

Il a ajouté que le ministère de la Défense mettait l’action sur la collecte de renseignement pour procéder à des arrestations préventives contre des terroristes potentiels.

« Si nécessaire, nous ferons appel à des milliers de réservistes qui seront présents dans les rues et partout où ce sera nécessaire », a-t-il déclaré.

Les deux premiers attentats, à Beer Sheva et Hadera, ont été perpétrés par des Arabes israéliens, tandis que la fusillade de mardi à Bnei Brak a été commise par un Palestinien entré illégalement en Israël.

En l’espace d’une semaine, ces attentats ont occasionné le plus grand nombre de morts dues au terrorisme en Israël depuis 2006, et l’attentat suicide à bord d’un bus qui avait coûté la vie à onze personnes, à Tel Aviv. Ils ont ravivé les inquiétudes d’une possible flambée de violence avant le Ramadan, qui commence à la fin de la semaine.

En mai dernier, les tensions au moment du Ramadan et le conflit de 11 jours avec la bande de Gaza avaient déclenché les pires émeutes depuis des décennies entre communautés juive et arabe.

Les dirigeants arabes israéliens ont condamné les récents attentats terroristes.

Mercredi, le chef de l’opposition, Benjamin Netanyahu, a adressé ses condoléances aux familles de deux victimes de la fusillade à Bnei Brak, appelant le gouvernement à agir « avec force » contre le terrorisme.

Dans des propos aux journalistes, Netanyahu a salué « l’héroïsme » de la police et déclaré qu’Israël faisait face « à un terrorisme meurtrier ».

« Nous devons rétablir la paix et la sécurité pour les citoyens israéliens », a-t-il ajouté. « Hélas, tout le monde voit bien qu’un gouvernement dépendant du Mouvement islamique n’en fait rien et n’est probablement pas en mesure de le faire », a ajouté Netanyahu, faisant référence au parti islamiste Ra’am, membre de la coalition.

Le chef de Ra’am, Mansour Abbas, a répondu à Netanyahu peu de temps après. « L’année dernière, pendant [l’opération] Gardien des murs – dénomination officielle en Israël de la guerre de Gaza de mai 2021 -, nous nous sommes entretenus à trois reprises [avec Netanyahu] et nous avons négocié en vue d’un partenariat entre le Likud et Ra’am et un accord de coalition », a spécifié Abbas, cité par la Douzième chaîne.

Netanyahu était Premier ministre à l’époque et briguait un autre mandat.

« À ce moment-là, nous n’étions donc pas le Mouvement islamique ? », a-t-il interrogé.

Le Likud de Netanyahu a rétorqué qu’il n’avait jamais tenu de pourparlers de coalition avec Ra’am. « Un gouvernement qui dépend du Mouvement islamiste ne peut pas vraiment lutter contre le terrorisme », a-t-il répété dans un communiqué.

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