Aramco : Les adversaires de Trump lui rappellent le rôle du Congrès
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Aramco : Les adversaires de Trump lui rappellent le rôle du Congrès

Alors que les républicains exhortent le président à réagir à l'attaque contre l'infrastructure pétrolière, les démocrates rappellent qu'il lui faut l'accord du Congrès

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le président américain Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 9 juillet 2019. (Nicholas Kamm/AFP)
Le président américain Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 9 juillet 2019. (Nicholas Kamm/AFP)

WASHINGTON — Après que le président américain Donald Trump a suggéré que l’Iran était derrière une attaque menée sur des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite, des lignes de fractures ont émergé à Washington.

Les faucons républicains ont presque immédiatement cité l’incident présumé pour exhorter le président à envisager une attaque armée en guise de représailles. Démocrates et groupes de défense libéraux ont rapidement invoqué la nécessité d’obtenir l’accord du Congrès pour avoir recours à la force militaire.

Pour sa part, le président a déclaré qu’il « semble » que l’Iran a mené l’attaque, sans encore évoquer une action militaire.

« Il est maintenant temps pour les Etats-Unis de mettre sur la table une attaque contre une raffinerie de pétrole iranien s’ils continuent leurs provocations ou augmentent l’enrichissement nucléaire », a déclaré le sénateur de Caroline du sud, Lindsey Graham.

« L’Iran ne changera pas de comportement tant que les conséquences ne seront pas réelles, comme une attaque sur leurs raffineries, ce qui brisera le soutien au régime. »

 

« Une structure pétrolière saoudienne a été attaquée. Il y a des raisons de croire que nous connaissons le coupable, nous sommes coincés et attendons des vérifications, mais nous attendons de savoir qui le Royaume tient pour responsable de cette attaque, et sous quelles conditions nous devrions procéder », a tweeté Trump.

Les propos du président semblent indiquer que les Etats-Unis attendent les instructions saoudiennes sur la marche à suivre contre l’Iran, a semblé encourager ses opposants.

« Hey @realDonaldTrump – pour info, vous avez besoin de l’accord du Congrès (pas de l’Arabie saoudite) si vous voulez aller en guerre contre l’Iran », a tweeté Mark Pocan, un représentant démocrate du Wisconsin. « Il est temps que le président agisse pour les intérêts américains et pas pour le gouvernement saoudien. »

Le sénateur du Vermont Bernie Sanders, qui fait campagne pour les présidentielles de 2020, a retweeté Pocan.

De la même manière, le groupe progressiste J Street a souligné que la Constitution avait conféré au Congrès, et non pas à Ryad, le pouvoir d’entrer en guerre.

« Le président Trump a besoin qu’on lui rappelle que ni lui, ni Mohammed Ben Salmane ne sont habilités à entrer en guerre avec l’Iran », a déclaré le président du groupe Jeremy Ben-Ami dans un communiqué, en référence au prince héritier saoudien. « Seul le Congrès peut autoriser une telle réaction, et il ne l’a pas fait. »

Ben-Ami a souligné qu’en juillet, la Chambre avait adopté un amendement qui limitait l’autorité de Trump pour attaquer l’Iran sans l’accord du Congrès.

Le directeur général de J Street, Jeremy Ben-Ami, pendant la conférence de l’association, à Washington, le 21 mars 2015. (Crédit : JTA/J Street)

« Il y a quelques mois, les majorités bipartites dans les deux Chambres du Congrès ont voté en faveur des amendements au NDAA qui établissent clairement que le président Trump n’est pas autorisé à lancer une guerre désastreuse de son propre chef contre l’Iran », a-t-il dit.

« Les chefs du Congrès doivent désormais inclure cette disposition, l’amendement Khanna-Gaetz, dans leur version finale du texte de loi. Ils ne peuvent pas laisser ce dangereux président usurper leur responsabilité constitutionnelle. »

La mesure, qui a été parrainée par le représentant démocrate de Californie Ro Khanna et le représentant républicain de Floride Matthew Gaetz, interdit à l’administration de faire des dépenses sur des actions militaires contre l’Iran sans que le Congrès n’ait déclaré la guerre ni adopté une résolution autorisant l’usage de la force.

Le texte de loi incluait une exception pour les situations d’urgence qui autorise uniquement le Pentagon à contourner ces clauses si les forces militaires américaines sont attaquées.

Il n’a pas été adopté par le Sénat – car bloqué par Mitch McConnell – mais a obtenu une majorité de 50 vote dans cette Chambre.

Le sénateur républicain de Floride Marco Rubio a déclaré que l’attaque présumée donnait aux Etats-Unis une raison pour renforcer sa position déjà agressive contre Téhéran.

« Nous avons le droit et l’obligation de punir les unités responsables de ces attaques… de détruire la capacité de mener de telles attaques à l’avenir… et de garder nos garanties de défense pour nos alliés dans la région », a-t-il tweeté.

« L’idée que le régime iranien était pacifique et coopératif jusqu’à ce que Trump mette fin à l’accord sur le nucléaire est ridicule », a-t-il ajouté. « Ils ont profité des retombées de l’accord pour financer des roquettes, des drones, des piratages et leurs alliés. Si l’on ne s’occupe pas de cela maintenant, dans quelques années, ils auront une marge de manœuvre sur l’ensemble de la région. »

Ben-Ami, cependant, a mis en garde contre une attaque unilatérale contre l’Iran, qui pourrait entraîner des conséquences imprévisibles et calamiteuses pour le Moyen-Orient.

« Si la nature précise et l’origine de la très sérieuse attaque de dimanche doivent être clairement définies, elles permettent de mettre en évidence l’échec de la campagne hyper-agressive de l’administration contre l’Iran », a-t-il dit.

« En violant unilatéralement un accord nucléaire réussi et en prenant des mesures imprudentes, le président a attisé les tensions, saboté la diplomatie et davantage déstabilisé la région. »

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