La détention d’Eliezer Berland prolongée
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La détention d’Eliezer Berland prolongée

La juge de l'audience précédente a été remplacée après avoir suggéré que le suspect de 82 ans, en mauvaise santé, prenne des bonbons Mentos pour se soigner

Le rabbin Eliezer Berland lors d'une audience du triubunal à la cour des magistrats de Jérusalem, le 20 février 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90 )
Le rabbin Eliezer Berland lors d'une audience du triubunal à la cour des magistrats de Jérusalem, le 20 février 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90 )

La cour des magistrats de Jérusalem a prolongé, jeudi, pour la seconde fois la détention d’Eliezer Berland, rabbin et délinquant sexuel récidiviste qui a été à nouveau arrêté pour avoir dérobé des millions de shekels à des malades en phase terminale en leur promettant des traitements miraculeux.

L’homme de 82 ans restera cinq jours supplémentaires derrière les barreaux pour le moment.

Le magistrat Elazar Bialin a expliqué que « comme cela a été établi dans l’audience précédente, il y a une raison justifiant cette détention prolongée dans la mesure où le suspect pourrait tenter de fuir la justice » et il y aurait un risque « de destruction substantielle de l’enquête » s’il devait être libéré.

Bialin a remplacé la magistrate Sharon Lary-Bavly à l’audience après qu’Esther Hayut, présidente à la cour suprême, a ordonné une enquête sur le comportement de Lary-Bavly à l’issue de l’audience précédente au cours de laquelle elle avait raillé Berland.

Pendant les délibérations, l’avocat de Berland, Amit Hadad, avait soulevé la question de la santé médiocre de son client pour justifier sa remise en liberté.
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Lary-Bavly avait alors riposté : « Donnez-lui un Mentos ». Elle avait écrit dans sa décision que Berland avait « exploité avec cynisme » ses victimes présumées en donnant, entre autres, « des Mentos aux malades sous couvert de médicament ».

Au cours de l’audience de jeudi, Hadad a, une fois encore, soulevé la question du mauvais état de santé de l’octogénaire.

« Nous parlons d’un homme de 82 ans qui a, dans le passé, souffert d’un cancer… Et dont l’état se détériore », a clamé Hadad.

Berland a été arrêté pour fraude après que des centaines de personnes se sont plaint à la police, l’accusant d’avoir vendu des prières et des « médicaments magiques » à des membres de sa communauté malades ou handicapés – et notamment en promettant à des familles de personnes paralysées que l’être cher serait bientôt en mesure de marcher et aux familles de détenus condamnés que ces derniers seraient libérés de prison.

Il avait été appréhendé dimanche dernier dans le quartier Mea Sharim de Jérusalem, aux côtés de son épouse et d’autres hauts-responsables de sa secte ultra-orthodoxe de Shuvu Bonim. Cette arrestation avait donné lieu à des affrontements entre les fidèles du rabbin et la police.

Lors du raid qui avait suivi l’arrestation, des dizaines de boîtes de poudres et des pilules avaient été retrouvées au domicile du rabbin. Elles étaient délivrées aux malades comme étant des « médicaments magiques ». Des tests initiaux réalisés en laboratoire avaient révélé qu’ils étaient constitués de médicaments anti-douleur en vente libre et de bonbons, notamment de Mentos, avaient fait savoir les officiels.

Berland avait nié les accusations lancées à son encontre lors de l’audience de dimanche dernier, clamant qu’il n’avait offert que des bénédictions et des services de guérison lorsque cela lui avait été demandé et ce pour des sommes bien inférieures à celles avancées par la police.

Berland fait l’objet d’un véritable culte parmi les milliers de membres de son groupe – une branche de la secte hassidique de Breslev. Il avait fui Israël en 2013, accusé d’agressions sexuelles à l’encontre de plusieurs femmes parmi ses disciples.

Après avoir échappé aux forces de l’ordre pendant trois ans et parcouru différents pays, Berland avait été condamné, au mois de novembre 2016, à 18 mois de prison pour deux chefs d’inculpation d’attentat à la pudeur et pour un chef d’inculpation d’agression sexuelle dans le cadre d’un arrangement judiciaire qui comprenait alors sept mois de prison ferme.

Il avait été libéré pour raison de santé cinq mois plus tard.

Il avait depuis repris ses activités en tant que chef spirituel de la communauté Shuvu Bonim.

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