Le Premier ministre irakien en Iran, rencontre Rouhani
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Le Premier ministre irakien en Iran, rencontre Rouhani

Moustafa al-Kadhimi doit notamment rencontrer le président iranien, Hassan Rouhani, et le guide suprême de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei

Moustafa al-Kadhimi, le Premier ministre irakien, s'adresse aux membres du parlement irakien à Bagdad, en Irak, le 7 mai 2020. (Bureau des médias du Parlement irakien, via AP)
Moustafa al-Kadhimi, le Premier ministre irakien, s'adresse aux membres du parlement irakien à Bagdad, en Irak, le 7 mai 2020. (Bureau des médias du Parlement irakien, via AP)

Le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi a rencontré mardi le président iranien Hassan Rouhani à Téhéran à l’occasion de sa première visite à l’étranger depuis sa prise de fonctions.

Les discussions ont porté sur les moyens de renforcer les liens commerciaux, sur la lutte contre le nouveau coronavirus et sur les efforts destinés à assurer la stabilité de la région, a dit M. Rouhani au cours d’une conférence de presse conjointe.

« Les deux gouvernements souhaitent élargir les relations bilatérales pour atteindre 20 milliards de dollars » (17 milliards d’euros), a indiqué le président iranien à l’issue d’une rencontre d’une heure avec le dirigeant irakien.

L’Irak est l’un des principaux marchés pour les exportations non pétrolières de l’Iran mais le commerce bilatéral a récemment baissé en raison de la pandémie de Covid-19 qui a entraîné une fermeture des frontières.

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Le président iranien a d’autre part affirmé la volonté de Téhéran de « soutenir l’Irak, pour sa stabilité et la stabilité de la région ».

Il a aussi eu des mots pour les deux « héros », le puissant général iranien Qassem Soleimani et son lieutenant irakien Abou Mehdi al-Mouhandis, tués en janvier par une frappe aérienne ciblée américaine à Bagdad. Soleimani était considéré comme le terroriste numéro un dans le monde.

« Il est nécessaire d’honorer les deux héros de la lutte contre le terrorisme, les martyrs Qassem Soleimani et Abou Mehdi al-Mouhandis, qui travaillaient avec d’autres généraux pour la sécurité de l’Irak ces dernières années », a-t-il dit.

Le commandant principal des Gardiens de la révolution, le général Qassem Soleimani, (au centre), assiste à une réunion avec le Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei (hors cadre) et les commandants des Gardiens de la révolution à Téhéran, Iran, le 18 septembre 2016. (Bureau du Guide suprême iranien via AP)

Rouhani a aussi promis d’aider Bagdad en lui « fournissant autant que possible tous les produits sanitaires et médicaux nécessaires » pour lutter contre le coronavirus.

L’Iran est le pays le plus touché du Moyen-Orient avec plus de 14 600 décès et plus de 278 800 cas de contamination.

L’Irak voisin a rapporté environ 4 000 décès et 97 000 cas sur son territoire.

La délégation du Premier ministre irakien est composée des ministres des Affaires étrangères, des Finances, de la Santé et du Plan, ainsi que de son conseiller pour la sécurité nationale.

M. Kazimi devait également rencontrer mardi l’ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien.

Il devait se rendre lundi en Arabie saoudite, grand rival régional de l’Iran, avant d’aller à Téhéran mais sa visite à Ryad a été reportée en raison de l’hospitalisation lundi du roi Salmane.

L’enchaînement des deux visites devait être un exercice d’équilibriste pour le dirigeant irakien, qui pourrait devenir un médiateur entre Ryad et Téhéran.

M. Kazimi a reçu dimanche à Bagdad le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

L’Arabie saoudite et son allié américain sont à couteaux tirés avec l’Iran, auquel ils reprochent entre autres de vouloir étendre son influence dans la région notamment en Irak depuis l’invasion américaine de 2003.

Et l’Irak, voisin des deux puissances régionales, est régulièrement le théâtre de tensions entre l’Iran et les Etats-Unis, qui entretiennent tous deux des liens étroits avec Bagdad.

M. Kazimi a pris ses fonctions de Premier ministre en mai après environ quatre ans à la tête du renseignement irakien.

Il est réputé respecté des services de renseignements iraniens et des cercles du gouvernement mais aussi apprécié de Washington où il est attendu d’ici début août pour poursuivre le dialogue stratégique entre l’Irak et les Etats-Unis, qui maintiennent des troupes dans ce pays.

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