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Art loyal : Le procureur général réprouve son adjointe qui a critiqué la loi

Bien qu'Avichai Mandelblit ait ordonné à Dina Zilber de s'abstenir de remarques à l'avenir, la ministre de la Justice ne lui permettra pas d'assister aux réunions de la Knesset

La vice-procureure générale Dina Zilber s'exprime durant une réunion de la commission de l'Education, de la Culture et des sports à la Knesset, le 6 novembre 2018  (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
La vice-procureure générale Dina Zilber s'exprime durant une réunion de la commission de l'Education, de la Culture et des sports à la Knesset, le 6 novembre 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le procureur général Avichai Mandelblit a réprimandé jeudi son adjointe, Dina Zilber, en lui disant de s’abstenir à l’avenir de remarques telles que les critiques qu’elle a exprimées la semaine dernière concernant la loi sur la « loyauté culturelle » préconisée par le gouvernement.

Cette décision a incité la ministre de la Justice, Ayelet Shaked, à déclarer que Zilber ne sera autorisée à participer à aucune réunion de commission de la Knesset pendant les mois à venir.

Shaked la semaine dernière a appelé à ce que Zilber soit limogée pour avoir critiqué le projet de loi dite de « loyauté culturelle » lors d’une réunion de commission de la Knesset. Zilber a également condamné le climat politique en Israël et a accusé les députés de droite de la coalition de chercher à faire taire les opinions dissidentes.

Mandelblit avait déjà annoncé que Zilber ne serait pas suspendue.

Le procureur général Avichai Mandelblit lors d’une conférence à Jérusalem le 5 février 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Mais plus tôt cette semaine, son bureau a déclaré que Mme Zilber ne se joindrait pas aux discussions de la Knesset ou du Cabinet, à moins qu’il ne l’approuve personnellement, tant qu’une enquête interne sur sa conduite ne serait pas terminée.

Dans une lettre à Zilber publiée jeudi, Mandelblit écrit : « Je m’attends à ce que vous fassiez preuve de discernement à l’avenir et que vous vous absteniez de faire des remarques similaires. Vous continuerez à me représenter partout où cela sera nécessaire, y compris à la Knesset et au gouvernement. Dans un avenir proche, vous devrez coordonner les opinions que vous avez l’intention d’exprimer avec moi à l’avance. »

Shaked a répondu à la lettre en disant qu’elle ne permettrait pas à Zilber de participer aux réunions de commission de la Knesset pendant la session parlementaire en cours, qui devrait durer jusqu’en mars.

La ministre de la Justice Ayelet Shaked lors d’une conférence sur la chaîne Hadashot à Jérusalem, le 3 septembre 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Elle a cité la Loi fondamentale : La Knesset a déclaré que le ministre de la Justice a le pouvoir exclusif de choisir les représentants du ministère de la Justice dans les commissions.

Zilber a essuyé les critiques de Shaked mardi dernier, après une réunion de la Commission de l’éducation, de la culture et des sports de la Knesset, au cours de laquelle elle a déclaré que la loi qui menace de retirer le financement public aux institutions culturelles qui produisent des œuvres considérées comme trop critiques envers le gouvernement ou l’État « pose de véritables problèmes ».

Le projet de loi a franchi l’étape de la première lecture la semaine dernière avec 55 députés en faveur et 44 contre.

Il doit maintenant se rendre en commission avant de retourner en séance plénière pour deux autres votes de la Knesset pour qu’il devienne loi.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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