Attaque à la préfecture de police de Paris : 4 policiers tués, l’auteur abattu
Rechercher

Attaque à la préfecture de police de Paris : 4 policiers tués, l’auteur abattu

L'assaillant, abattu dans la cour de la préfecture, travaillait à la Direction du renseignement de la Préfecture de police, les enquêteurs explorent la piste d'un conflit personnel

La police et les pompiers devant la préfecture de Paris après une attaque à l'arme blanche, le 3 octobre 2019. Quatre policiers ont été tués, l'assaillant a été abattu. (Crédit : Martin BUREAU / AFP)
La police et les pompiers devant la préfecture de Paris après une attaque à l'arme blanche, le 3 octobre 2019. Quatre policiers ont été tués, l'assaillant a été abattu. (Crédit : Martin BUREAU / AFP)

Quatre policiers ont été tués dans une agression à l’arme blanche perpétrée jeudi à l’intérieur de la Préfecture de police de Paris par un employé qui a été ensuite abattu par les forces de l’ordre, pour des motifs encore indéterminés.

L’agression s’est produite en début d’après-midi à l’intérieur de ce lieu emblématique, situé dans le centre historique de la capitale, qui regroupe les grandes directions de la police parisienne à l’exception de la police judiciaire.

L’assaillant, abattu dans la cour de la préfecture, travaillait à la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP), ont indiqué des sources concordantes. Les enquêteurs explorent notamment la piste d’un conflit personnel, selon ces sources.

L’agresseur travaillait au service informatique de la DRPP et souffrait d’un handicap.

En début d’après-midi, le lieu était placé sous haute sécurité : le périmètre était bouclé, une dizaine de camions de pompiers étaient sur place, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Alors qu’il devait se rendre en Turquie, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a repoussé son déplacement et s’est rendu immédiatement sur place. Le procureur de Paris s’est aussi déplacé et le parquet antiterroriste n’a pas été saisi à ce stade, a-t-on appris de sources judiciaires.

Le Premier ministre Édouard Philippe et la maire de Paris Anne Hidalgo se sont également rendus à la Préfecture de police.

« Panique »

« Paris pleure les siens cet après-midi après cette effroyable attaque survenue à la @prefpolice. Le bilan est lourd, plusieurs policiers ont perdu la vie. En mon nom et celui des Parisiens, mes premières pensées vont aux familles des victimes et à leurs proches », a twitté la maire.

Au Palais de justice, en face de la préfecture, un message a été diffusé peu avant 14H00 dans les hauts-parleurs : « Une agression s’est produite à la Préfecture de police. La situation est maîtrisée. Le secteur de la Cité reste sous surveillance », a mis en garde le message.

« Ça courait partout, ça pleurait partout », a témoigné à l’AFP Emery Siamandi, interprète présent à l’intérieur de la préfecture au moment de l’attaque. « J’ai entendu un tir, j’ai compris que c’était à l’intérieur », raconte-t-il. « Quelques instants après, j’ai vu des policières qui pleuraient. Elles étaient en panique. »

Malaise au sein de la police

Cette agression meurtrière survient au lendemain d’une manifestation de milliers de policiers à Paris, pour une « marche de la colère », une mobilisation inédite depuis près de 20 ans.

Contrairement aux précédentes mobilisations, ce n’est pas un fait divers sanglant qui a agi comme élément déclencheur, mais une surcharge de travail et de tensions liée au mouvement social des « gilets jaunes », entrés en fronde contre la politique sociale et fiscale du gouvernement depuis près d’un an, et un bond des suicides au sein de la police (52 depuis janvier), un mal endémique dans l’institution.

Selon les organisations syndicales, 26 000 personnes participaient à cette mobilisation. On compte près de 150 000 policiers en France.

« Il y a aujourd’hui des éléments qui s’ajoutent les uns aux autres : après la vague d’attentats terroristes, les forces de l’ordre ont dû faire face avec les gilets jaunes à une mobilisation dans la durée, avec des conditions d’intervention très difficiles. Il y a également la question des suicides qui resurgit, mais aussi les relations détériorées avec la population », a expliqué Jacques Maillard, qui codirige un centre de recherches sur le droit et les institutions pénales.

Si les motivations de l’assaillant de la Préfecture de police restent inconnues à ce stade, les forces de l’ordre figurent parmi les objectifs récurrents des organisations jihadistes, dont l’Etat islamique (EI).

Même si l’EI, qui avait autoproclamé un « califat » sur de vastes territoires en Irak et en Syrie, est désormais défaite sur ses terres, la France, touchée depuis 2015 par une vague d’attentats islamistes sans précédent qui a fait 251 morts, vit toujours sous une menace terroriste constante.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...