Attentat de Sarcelles : aux assises, Bailly répète n’avoir “jamais lancé une grenade”
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Attentat de Sarcelles : aux assises, Bailly répète n’avoir “jamais lancé une grenade”

Le 19 septembre 2012, 2 hommes entrent dans l'épicerie Naouri et jettent une grenade qui ne fera miraculeusement qu'un blessé

Le Palais de Justice de Paris. Illustration. (Crédit : Benh Lieu Song/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)
Le Palais de Justice de Paris. Illustration. (Crédit : Benh Lieu Song/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

Il a reconnu « plein de faits », jusqu’à sa volonté de « faire le jihad », mais pas sa participation à l’attentat contre une épicerie casher de Sarcelles en 2012 : Jérémy Bailly a répété jeudi à la cour d’assises de Paris n’avoir « jamais lancé une grenade ».

Considéré par les enquêteurs comme le numéro 2 du groupe jihadiste dit de Cannes-Torcy, dont vingt membres sont jugés depuis un mois pour l’attentat de Sarcelles et d’autres projets d’attaques, il se présente lui-même comme le « bras droit » de Jérémie Louis-Sidney, alias Anas, le chef tué lors de son interpellation.

Le 19 septembre 2012, vers 12h30, deux hommes vêtus de sweat-shirt à capuche entrent dans l’épicerie Naouri et jettent une grenade qui, allant se loger sous une rangée de chariots métalliques, ne fera miraculeusement qu’un blessé.

Les enquêteurs désignent Louis-Sidney et Bailly comme étant ces deux hommes, notamment sur la foi de déclarations d’un autre accusé, Kevin Phan, qui a dit avoir été le chauffeur de l’équipée, avant de blanchir Bailly au cours de l’instruction.

Un émeutier jette des pierres sur la police à Sarcelles, près de la synagogue de la ville, pendant une manifestation anti-Israël pendant l'opération Bordure protectrice, le 20 juillet 2014. (Crédit : AFP/Pierre Andrieu)
Un émeutier jette des pierres sur la police à Sarcelles, près de la synagogue de la ville, pendant une manifestation anti-Israël pendant l’opération Bordure protectrice, le 20 juillet 2014. (Crédit : AFP/Pierre Andrieu)

A la barre, Jérémy Bailly « ne comprend pas ces déclarations » : « C’est quelque chose qui sort de la raison. J’aurais jeté même trois grenades, je l’aurais dit. J’ai reconnu tout ce que j’avais fait, les braquages, les armes, les projets, mais ça non. »

Mais pourquoi Kevin Phan aurait-il menti ? Bailly finira par suggérer qu’il le « chargeait pour se protéger lui-même ».

Le président Philippe Roux lui fait remarquer que son téléphone portable a été éteint ce 19 septembre entre 10h43 et 13h07, « en même temps que ceux de JLS (Jérémie Louis-Sidney) et Kevin Phan ». L’accusé répond que Louis-Sidney lui prenait souvent son téléphone, ou qu’il l’avait éteint à sa demande.

Et pourquoi se retrouve-t-il à incendier l’Alfa Roméo ayant servi au crime, quelques heures plus tard ? « C’est moi qui l’avait volée à Cannes, il y avait mes empreintes partout, alors bien sûr que je l’ai brûlée. »

– « JLS vous avait dit à quoi la voiture avait servi ? »

– « Oui, mais c’était sur BFM de toutes façons ».

Interrogé sur ses relations avec JLS, ultraviolent et antisémite, selon plusieurs témoins, Bailly se décrit comme « le poisson-pilote, le vilain petit canard ». « Moi j’étais au charbon et lui il donnait des ordres… Lui c’était l’idéologiste et moi l’actionniste [sic] », dit-il, expliquant qu’il était « presque tout le temps avec Anas ».

Sauf à Sarcelles ? « Je n’aimais qu’il me mette la pression, je travaille mal sous pression, alors j’avais commencé à faire des trucs de mon côté. Je montais seul sur les braquages, lui il m’attendait. »

Kevin Phan devrait être entendu dans l’après-midi.

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