Autriche : démission de l’élu FPÖ critiqué pour des chants nazis
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Autriche : démission de l’élu FPÖ critiqué pour des chants nazis

Figure montante du parti d'extrême-droite, Landbauer était tête de liste de son parti aux élections provinciales de Basse-Autriche qui se sont tenues dimanche

Udo Landbauer en 2015 (CC-BY-SA 4.0 MarleneK/Wikipedia)
Udo Landbauer en 2015 (CC-BY-SA 4.0 MarleneK/Wikipedia)

Un cadre régional du parti d’extrême droite autrichien FPÖ, sous pression depuis une semaine en raison de chants nazis découverts dans une association dont il était membre, a annoncé jeudi qu’il renonçait à toutes ses fonctions politiques.

Figure montante du FPÖ, formation entrée en décembre au gouvernement du chancelier conservateur (ÖVP) Sebastian Kurz, Udo Landbauer, 31 ans, était tête de liste de son parti aux élections provinciales de Basse-Autriche qui se sont tenues dimanche.

Quelques jours avant les élections dans ce Land très peuplé d’Autriche, un hebdomadaire autrichien a révélé l’existence, au sein d’une corporation étudiante dont M. Landbauer était un des dirigeants, d’un livre de chants comportant plusieurs hymnes en l’honneur du troisième Reich.

Dans la tourmente à propos de ce scandale qui a indigné jusqu’au sommet de l’Etat, l’élu FPÖ a annoncé jeudi en tirer les conséquences « au niveau de toutes ses fonctions politiques ». Il abandonne ainsi son mandat au parlement régional, conservé à l’issue du scrutin de dimanche, et son poste de conseiller municipal de la ville de Wiener Neustadt, près de Vienne.

M. Landbauer a dénoncé jeudi « un lynchage médiatique » à son encontre. Il a également « suspendu » son appartenance au FPÖ, comme il l’avait déjà fait la semaine dernière pour son adhésion à la corporation étudiante « Germania ».

C’est au sein d’une section locale de cette corporation, à Wiener Neustadt, que le corpus de chants faisant pour certains l’apologie du nazisme a été retrouvé.

Fondée durant la Première guerre mondiale, la corporation Germania de Wiener Neustadt fait partie d’un réseau d’organisations nationalistes et pangermanistes très implanté dans certains cercles dirigeants en Autriche. Son slogan est « Allemand et fidèle dans les épreuves et dans la mort ».

Sebastian Kurz, nouveau dirigeant élu de l’Autriche et président du Parti populaire autrichien, l’ÖVP, en conférence de presse à Vienne, le 24 octobre 2017. (Crédit : Georg Hochmuth/Austria OUT/APA/AFP)

Le chancelier Kurz a annoncé mercredi qu’il allait engager le « processus de dissolution » de cette corporation. Il a salué jeudi la démission de l’élu régional.

L’un des chants incriminés comporte notamment la strophe « mettez les gaz, vieux Germains, on peut arriver au septième million », une allusion aux six millions de juifs assassinés sous le troisième Reich, notamment dans les chambres à gaz.

M. Landbauer avait d’abord refusé de retirer sa candidature, désavouant du bout des lèvres le contenu de ce livre de chants et assurant n’en avoir « pas connu » l’existence. Le FPÖ a jugé le contenu des chants « inacceptable ». Cette formation a doublé son nombre de sièges dimanche au parlement régional de Basse-Autriche dirigé par les conservateurs.

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