Israël en guerre - Jour 150

Rechercher

Avant l’audience à La Haye, Israël avait reçu le soutien de Berlin et de Washington

L'État juif a envoyé une importante équipe juridique pour assurer la défense de sa campagne militaire

Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

  • Les juges président l'ouverture des audiences à la Cour internationale de justice à La Haye, Pays-Bas, le 11 janvier 2024. (Crédit : AP Photo/Patrick Post)
    Les juges président l'ouverture des audiences à la Cour internationale de justice à La Haye, Pays-Bas, le 11 janvier 2024. (Crédit : AP Photo/Patrick Post)
  • L'ambassadeur de l'Afrique du sud aux Pays-Bas, Vusimuzi Madonsela, à droite, et le ministre de la Justice et des Services correctionnels sud-africains, Ronald Lamola, au centre, à l'ouverture de l'une des audiences de la Cour internationale de Justice de La Haye, aux Pays-Bas, le 11 janvier 2024. (Crédit : AP Photo/Patrick Post)
    L'ambassadeur de l'Afrique du sud aux Pays-Bas, Vusimuzi Madonsela, à droite, et le ministre de la Justice et des Services correctionnels sud-africains, Ronald Lamola, au centre, à l'ouverture de l'une des audiences de la Cour internationale de Justice de La Haye, aux Pays-Bas, le 11 janvier 2024. (Crédit : AP Photo/Patrick Post)
  • Le juriste britannique Malcolm Shaw, à droite, qui présentera la défense d'Israël et Tal Becker, à gauche, du ministère israélien des Affaires étrangères, au début de l'audience à la Cour internationale justice de La Haye, aux Pays-Bas, le 11 janvier 2024. (Crédit : AP Photo/Patrick Post)
    Le juriste britannique Malcolm Shaw, à droite, qui présentera la défense d'Israël et Tal Becker, à gauche, du ministère israélien des Affaires étrangères, au début de l'audience à la Cour internationale justice de La Haye, aux Pays-Bas, le 11 janvier 2024. (Crédit : AP Photo/Patrick Post)
  • Les soldats en opération dans la bande de Gaza, sur une photo non-datée publiée le 11 janvier 2024. (Crédit : Armée israélienne)
    Les soldats en opération dans la bande de Gaza, sur une photo non-datée publiée le 11 janvier 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Alors qu’Israël est accusé de commettre « un génocide » contre les Palestiniens dans le cadre de la guerre qui l’oppose actuellement aux terroristes du Hamas dans la bande de Gaza, avant l’audience, Israël a bénéficié du soutien de deux alliés déterminants, l’Allemagne et les États-Unis.

« Les accusations affirmant qu’Israël serait en train de commettre un génocide sont infondées. En fait, ce sont ceux qui attaquent avec violence Israël qui continuent à appeler ouvertement à l’annihilation d’Israël et au meurtre en masse des Juifs », a rappelé le porte-parole du département d’État, Matthew Miller, dans un communiqué qui a été émis mercredi.

« Un génocide est l’un des actes les plus odieux qui puisse être commis par une entité ou par un individu et de telles accusations ne doivent, en conséquence, être lancées qu’avec la plus grande prudence », a-t-il ajouté.

« Israël a le droit de se défendre contre les actions terroristes du Hamas – des actions que le Hamas a juré de répéter, encore et encore, jusqu’à ce qu’Israël soit complètement détruit. Israël mène des opérations dans un environnement qui est exceptionnellement difficile à Gaza, dans un espace urbain de combats où le Hamas s’est intentionnellement fondu et où il se cache derrière les civils », a-t-il continué.

Des soldats israéliens dans la bande de Gaza sur une photo non-datée diffusée le 11 janvier 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Tout en répétant sa condamnation de l’attaque terroriste commise par le Hamas le 7 octobre, Miller a noté que les États-Unis attendent d’Israël que le pays « se conforme au droit humanitaire international dans ses opérations contre le Hamas ».

Il a aussi souligné le sentiment, à Washington, qu’Israël n’avait pas suffisamment pris soin de protéger les civils, appelant Israël « à chercher d’autres moyens d’empêcher les victimes civiles et à enquêter sur les accusations crédibles de violation du droit international lorsqu’elles se présentent ».

Miller a aussi paru faire référence au mécontentement des États-Unis face aux appels lancés par des députés israéliens à infliger une punition collective aux Palestiniens et à privilégier le déplacement massif de ces derniers, ce qui a aidé l’Afrique du Sud dans son dossier contre Israël. « Nous continuons à condamner la rhétorique déshumanisante de la part de toutes les parties, » avait affirmé le porte-parole du département d’État.

Alors qu’elle prenait la parole depuis Beyrouth, mercredi, la cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock, a elle aussi rejeté ces accusations de génocide.

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, assistant à une réunion avec le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, à Ramallah, en Cisjordanie, le 11 novembre 2023. (Crédit : Ammar Awad/Pool via AP)

« Il est très important pour moi de souligner qu’il faut toujours garder à l’esprit de quoi il s’agit très précisément. Et en premier lieu, le fait est que le 7 octobre, l’organisation terroriste du Hamas a attaqué Israël de la manière la plus brutale ; il a assassiné, il a violé les femmes, il a pris des otages de la manière la plus barbare », a-t-elle expliqué.

« Israël utilise son droit à l’auto-défense contre l’organisation terroriste du Hamas mais pas contre la population civile en en faisant une cible dans cette auto-défense et c’est quelque chose que les Israéliens ont établi clairement », a-t-elle noté, ajoutant que l’Allemagne fera part de son positionnement devant la Cour.

Même si Israël rejette habituellement les tribunaux des Nations unies ou internationaux en mettant en doute leur impartialité et leur équité, l’État juif a envoyé une importante équipe juridique pour assurer la défense de sa campagne militaire.

« Je pense que les Israéliens sont là parce qu’ils veulent être exonérés et qu’ils estiment qu’ils peuvent résister avec succès à cette accusation de génocide », a commenté Juliette McIntyre, experte en droit international à l’université d’Australie du sud.

Dans une déclaration qui avait été faite après le dépôt de la requête sud-africaine, à la fin de l’année dernière, le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne avait exhorté le tribunal à « agir immédiatement pour protéger le peuple palestinien et pour appeler Israël, la puissance occupante, à mettre un terme à son massacre du peuple palestinien, avec pour objectif de garantir une résolution juridique objective ».

Les deux jours d’audience préliminaire ont commencé avec la présentation de leur dossier par les avocats de l’Afrique du sud, qui ont tenté de justifier pourquoi Pretoria, qui a officiellement invité des représentants du Hamas en décembre, accusait Israël « d’actes d’omission » qui serait « génocidaires par nature » dans la bande de Gaza et expliquant également la raison pour laquelle le pays appelle la Cour à émettre un ordre de cessez-le-feu immédiat.

La décision sur cette demande de mettre un arrêt immédiat aux combats prendra probablement des semaines.

L’ambassadeur de l’Afrique du sud aux Pays-Bas, Vusimuzi Madonsela, à droite, et le ministre de la Justice et des Services correctionnels sud-africains, Ronald Lamola, au centre, à l’ouverture de l’une des audiences de la Cour internationale de Justice de La Haye, aux Pays-Bas, le 11 janvier 2024. (Crédit : AP Photo/Patrick Post)

La CIJ, qui est chargée d’arbitrer les conflits entre les nations, n’a jamais jugé un pays coupable de génocide. Elle avait toutefois manqué de le faire en 2007 quand elle avait statué que la Serbie « a violé l’obligation de prévenir un génocide lors du massacre commis par les Serbes bosniaques au mois de juillet 1995 » et au cours duquel plus de 8 000 hommes et enfants musulmans avaient été tués dans l’enclave bosniaque de Srebrenica.

La Cour pénale internationale (CPI), située à quelques kilomètres, dans la même ville, est un tribunal différent qui poursuit les individus pour des crimes de guerre, pour des crimes contre l’Humanité ou pour génocide.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.