Avec sa carte bancaire, Barak moque Netanyahu et en révèle tous les numéros
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Avec sa carte bancaire, Barak moque Netanyahu et en révèle tous les numéros

Dans une vidéo, le dirigeant du Parti démocrate israélien s'est moqué du Premier ministre en lui montrant comment payer des choses – il a ensuite dû faire annuler sa carte bancaire

Capture écran d'une vidéo d'Ehud Barak expliquant comment utiliser une carte de crédit. (Twitter)
Capture écran d'une vidéo d'Ehud Barak expliquant comment utiliser une carte de crédit. (Twitter)

L’ancien Premier ministre et actuel président du Parti démocrate israélien a malencontreusement révélé lundi les numéros de sa carte de crédit en la brandissant devant une caméra pour se moquer de Benjamin Netanyahu.

En visite sur un stand de falafels à Tel Aviv, Ehud Barak montrait à la caméra qu’il payait l’addition pour les membres de son parti présents avec lui, charriant Netanyahu et « expliquant » au Premier ministre se disant sans-le-sou comment payer avec une carte de crédit ou en espèces.

Dans la vidéo, il a brandi sa carte (à l’envers) pour montrer à son rival à quoi ressemblait une carte de crédit et comment s’en servir. Un utilisateur des réseaux sociaux au regard affûté a remarque qu’en faisant cela, Ehud Barak avait révélé les 16 chiffres et la date d’expiration de sa carte.

L’utilisateur de Twitter, MDanielLevi, a déchiffré et publié ces derniers sur la plateforme, appelant ses abonnés à commander des « pizzas pour tout le monde ».

Même si ces données seules suffisent rarement à faire des achats en ligne, des sources proches de l’homme politique ont indiqué mardi que la carte de crédit avait été annulée.

Cette vidéo sarcastique de Barak faisait référence aux rumeurs persistantes selon lesquelles Netanyahu et sa famille seraient pingres.

Dans des retranscriptions de témoignages ayant fuité, des témoins auraient affirmé aux enquêteurs que différentes personnes — dont des employés du bureau du Premier ministre — avaient acheté des cigares et d’autres choses à la demande de Benjamin Netanyahu, mais qu’il ne les avait jamais remboursés. Les moqueries de Barak faisaient également allusion aux éléments d’une des affaires de corruption menaçant le chef du gouvernement, dans laquelle il est accusé d’avoir reçu des cadeaux de millionnaires, dont des cigares et du champagne.

Dans la vidéo, Barak se trouvait à un stand de falafels à Tel Aviv. S’adressant au Premier ministre, il lui disait qu’il y a « quelque chose que vous devez apprendre ».

« Ici, vous devez payer. Je vais vous expliquer : voici un portefeuille, ça ressemble à ça. Il parait que vous l’ignorez », se moque Barak, tenant son portefeuille à la main.

« Et ça, c’est une carte de crédit, ça sert à payer. Et si nécessaire, vous pouvez payer en espèces », continuait-il en sortant des billets de sa poche.

« Il faut toujours en avoir dans la poche pour être prêt à payer », ajoutait-il, précisant qu’il allait également payer pour les membres de son parti présents avec lui.

Mardi, Barak a tweeté une photo de Netanyahu aux côtés d’Arnon Milchan, le milliardaire d’Hollywood au centre de l’affaire de corruption surnommée Affaire 1000, désignant Milchan avec second degré comme « la carte de crédit de Bibi ».

D’après le procureur général Avichai Mandelblit, le producteur de cinéma aurait offert au couple Netanyahu des cadeaux d’un montant total de 701 146 shekels (195 000 dollars), des cigares et du champagne principalement, en échange de faveurs.

En 2015, Sara Netanyahu avait affirmé aux policiers enquêtant sur des accusations de détournement de fonds publics qu’elle et son époux n’avaient pas de cartes de crédit depuis 15 ans, car ils les perdaient sans cesse. Sara Netanyahu et l’ancien concierge de la résidence du Premier ministre, ont été accusés en juin dernier de fraude et d’abus de confiance pour avoir dépensé à mauvais escient quelque 100 000 dollars en frais de repas servis par un traiteur alors qu’un chef est employé à temps plein.

Sara Netanyahu a finalement été reconnue coupable dans le cadre d’un arrangement judiciaire en juin dernier pour avoir tiré profit d’une erreur. L’accord a vu Netanyahu éviter une condamnation pour faute aggravée, mais a retenu des charges moins graves. Elle devra payer 55 000 shekels (13 500 euros) dont 10 000 shekels d’amende, et le reste servira à rembourser ses dépenses.

Barak a fait son retour en politique il y a quelques semaines en lançant le Parti démocrate israélien en vue des élections du 17 septembre.

Netanyahu et le Likud ont dénoncé récemment les liens d’affaires entre son rival et l’homme d’affaires américain, Jeffery Epstein, lequel a été interpelé il y a peu, accusé d’avoir versé à des filles — dont certaines mineures — des centaines de dollars en espèces pour des massages avant d’abuser sexuellement d’elles dans ses résidences de Palm Beach et de New York entre 2002 et 2005.

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