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Aviv Kohavi : l’élite de Tsahal, ce sont ses combattants, pas ses cyber-unités

Lors d'une cérémonie de remise des diplômes aux pilotes de l'armée de l'air, Kohavi a dénoncé des "valeurs déformées", plaçant la recherche du gain au-dessus du sens du sacrifice

Le chef de l'armée israélienne, Aviv Kohavi, serre la main d'un diplômé lors d'une cérémonie marquant la fin du cours de pilotage de l'armée de l'air israélienne, sur la base aérienne de Hatzerim, dans le sud d'Israël, le 22 décembre 2021. (Tsahal)
Le chef de l'armée israélienne, Aviv Kohavi, serre la main d'un diplômé lors d'une cérémonie marquant la fin du cours de pilotage de l'armée de l'air israélienne, sur la base aérienne de Hatzerim, dans le sud d'Israël, le 22 décembre 2021. (Tsahal)

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, Aviv Kohavi, s’est opposé mercredi à l’idée selon laquelle les soldats d’élite devraient rejoindre les cyber-unités de l’armée, affirmant que « les meilleurs » continuent d’être ceux qui sont prêts à se sacrifier et à rejoindre les unités de combat.

Kohavi, qui s’exprimait lors d’une cérémonie de remise de diplômes pour de nouveaux pilotes de l’armée de l’air, a déclaré qu’il était consterné d’avoir récemment vu un panneau d’affichage à Herzliya proclamant « Les meilleurs pour la cyber-défense », une référence à un dicton populaire en Israël selon lequel les meilleures recrues deviennent pilotes.

Ces dernières années, le prestige des cyber-unités israéliennes, comme la prestigieuse unité 8200, a évolué, non seulement en raison de leur rôle croissant dans le piratage informatique des ennemis d’Israël, mais aussi parce que de nombreux anciens membres ont créé des start-ups high-tech parfois très lucratives.

Mais Kohavi a mis en garde contre cette tendance.

Des soldats de Tsahal patrouillent dans une rue du village de Salem, à l’est de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, lors d’une opération d’arrestation de Palestiniens recherchés, tôt le 30 mai 2016. (AFP PHOTO/JAAFAR ASHTIYEH)

« Non, non, c’est une erreur. Le message inhérent à ce panneau est plus profond qu’il n’y paraît », a déclaré Kohavi. « Il représente une perte de repères et des valeurs déformées dans une partie de la population. Les meilleurs sont avant tout les combattants ».

« Qui marche en une colonne silencieuse et capture les assassins au cœur d’un village palestinien ? Les combattants. Qui est posté le long des frontières et déjoue les infiltrations ? Les combattants. Qui franchit nos frontières semaine après semaine et décolle pour attaquer les armes ennemies ? Les combattants », a déclaré M. Kohavi.

« La cyber-défense a un grand potentiel, et rapporte apparemment beaucoup d’argent. Les gens qui y vont sont talentueux, mais les meilleurs – ils sont avant tout mesurés par leur volonté de donner au pays », a-t-il déclaré.

« Les meilleurs sont ceux qui sont prêts à mettre leur vie en danger pour en sauver d’autres – c’est l’expression la plus claire de ce que sont ‘les meilleurs’, et ne vous avisez pas de nous prendre cela », a-t-il averti.

Le président Isaac Herzog à sa résidence officielle de Jérusalem, le 7 novembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le président Isaac Herzog s’est également adressé aux cadets, affirmant qu’Israël savait que sa sécurité était entre les « meilleures mains ».

« Au terme d’une longue et exigeante épopée et d’un programme d’entraînement compliqué, vous recevez aujourd’hui vos ailes et vous les déployez. Je sais, et le peuple d’Israël sait, que la mission est entre les meilleures mains et que nous avons quelqu’un sur qui compter », a déclaré Herzog.

Ces dernières années, Tsahal a dû faire face à une baisse de motivation pour servir dans les unités de combat, en partie à cause des conditions difficiles rencontrées par rapport à celles qui servent dans un environnement de bureau.

Cette situation a également été exacerbée par de larges pans de la population, en particulier les communautés ultra-orthodoxe et arabe, qui ne servent généralement pas du tout.

Des pilotes de l’armée de l’air israélienne lancent leurs chapeaux en l’air alors qu’ils célèbrent pendant un spectacle aérien lors de la cérémonie de remise des diplômes des pilotes de l’armée de l’air israélienne sur la base de l’armée de l’air israélienne de Hatzerim dans le désert du Néguev, près de la ville de Beer Sheva, dans le sud d’Israël, le 22 décembre 2021. (Photo de Menahem KAHANA / AFP)

Au début du mois, le Premier ministre Naftali Bennett et le ministre de la Défense Benny Gantz ont annoncé la formation d’un comité chargé d’examiner les réformes du service militaire et du service national israéliens, et éventuellement d’étendre l’obligation de service national pour en faire un programme obligatoire.

Gantz a appelé à plusieurs reprises à une réforme du service national, affirmant que sans un tel effort, le pays serait contraint de mettre fin à la conscription et de transformer Tsahal en une armée de professionnels et de volontaires.

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