Barak met en garde contre des négociations entre Trump et Rouhani
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Barak met en garde contre des négociations entre Trump et Rouhani

L'ex-Premier ministre a ajouté que Netanyahu était trop dépendant de l'humeur du président américain dont les politiques inconstantes l'ont rendu vulnérable

L'ex-Premier ministre Ehud Barak participe à un événement culturel à Shoham, le 24 août 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
L'ex-Premier ministre Ehud Barak participe à un événement culturel à Shoham, le 24 août 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

L’ancien Premier ministre Ehud Barak a déclaré mardi que l’éventuel rapprochement entre le président américain Donald Trump et l’Iran était une « lumière rouge » pour Israël. Barak a aussi signalé que le Premier ministre israélien était trop dépendant du président américain, le rendant ainsi plus vulnérable.

Trump a en effet déclaré lundi lors d’une conférence de presse conjointe avec le président français Emmanuel Macron, lors du sommet du G7, à Biarritz qu’il « accepterait très certainement » de rencontrer rapidement Rouhani si de « bonnes circonstances » étaient réunies, ajoutant qu’il y avait « une très bonne chance » qu’un tel entretien puisse se réaliser.

« Je pense qu’il va vouloir me rencontrer. Je pense que l’Iran veut sortir de cette situation », a ajouté Trump.

Il a également qualifié Rouhani de « formidable négociateur », soulignant qu’il pourrait être ouvert à une offre de « ligne de crédit à court-terme ou à un prêt », qui serait consentie à l’Iran pour aider la république islamique à relancer son économie.

« Nous parlons ici d’une ligne de crédit », a-t-il précisé. « Elle proviendrait de nombreux pays ».

Téhéran « pourrait avoir besoin d’argent pour réussir à traverser une très mauvaise passe » entraînée par les sanctions économiques américaines, a-t-il expliqué.

Le président français Emmanuel Macron, au centre, à gauche, et le président américain Donald Trump, au centre, à droite, participent à une session de travail sur l’économie globale, la politique étrangère et les affaires sécuritaires au G7, à Biarritz, en France, le 25 août 2019 (Crédit : AP Photo/Andrew Harnik, Pool)

Une déclaration qui a trouvé un écho à Téhéran, où Rouhani a déclaré de façon plus vague qu’il ne manquerait pas l’opportunité de rencontrer quelqu’un susceptible de l’aider à défendre « les intérêts de l’Etat » et à résoudre certaines de ses difficultés.

Barak, qui se présente aux prochaines élections israéliennes au sein du Camp démocratique, a écrit dans un post sur Twitter publié mardi en tout début de matinée, que l’Etat juif devait s’inquiéter de la suite des événements – ainsi que de la relation étroite nouée entre Netanyahu et Trump.

« Le changement de direction pris par les Etats-Unis en ce qui concerne l’Iran, avec notamment la possibilité d’une rencontre présidentielle, est une lumière rouge pour chacun d’entre nous, qui nous met en garde contre la trop importante dépendance de Netanyahu vis-à-vis du président Trump et des volte-faces étroites effectuées dans ses positionnements », a écrit Barak.

« En Corée du nord, nous avons vu des menaces se terminer en accolades, des impasses dans les négociations puis, une nouvelle fois, des accolades. Il pourrait se produire la même chose avec l’Iran. Si l’administration Trump continue à mettre en oeuvre son plan de retrait du Moyen-Orient, Israël devra relever des défis plus complexes. En particulier s’agissant d’arrêter les projets de missiles de précision du Hezbollah ainsi que l’enracinement iranien en Syrie », a-t-il écrit.

« Aujourd’hui, Netanyahu est de plus en plus dépendant des humeurs de Trump, ce qu’il a déjà prouvé dans le cas des deux députées du Congrès et dans la détérioration des relations avec le parti Démocrate et avec la communauté juive », a continué Barak, faisant référence à la décision prise par Israël d’interdire aux législatrices démocrates Rashida Tlaib et Ilhan Omar l’entrée sur le territoire au début du mois et aux désaccords diplomatiques avec la formation Démocrate qui a suivi cette décision.

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