Barkat : Netanyahu aurait dû s’écarter pour permettre un gouvernement de droite
Rechercher

Barkat : Netanyahu aurait dû s’écarter pour permettre un gouvernement de droite

L'ex-édile estime que "le Likud et le camp nationaliste auraient pu mettre en place un gouvernement dimanche" ; forte hausse de Yossi Cohen dans les sondages

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le député du Likud Nir Barkat, à droite, lors d'un événement de campagne à Tel Aviv, le 16 février 2020 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le député du Likud Nir Barkat, à droite, lors d'un événement de campagne à Tel Aviv, le 16 février 2020 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Nir Barkat, ancien maire de Jérusalem qui espère succéder au Premier ministre Benjamin Netanyahu au poste de leader du Likud, a estimé samedi que le Premier ministre avait fait une erreur et qu’il aurait dû présenter sa démission au cours des dernières semaines, – ce qui aurait permis, selon Barkat, d’empêcher la prestation de serment de la coalition de huit partis hétéroclite attendue ce dimanche.

Si Netanyahu s’était écarté, a dit Barkat, « le Likud et le camp nationaliste auraient formé le gouvernement, dimanche ».

Barkat s’est exprimé dans un entretien diffusé samedi alors qu’un sondage, à la télévision, a laissé entendre qu’il serait le deuxième candidat favori auprès des électeurs du Likud pour succéder à Netanyahu si ce dernier devait céder son poste à la tête de la formation.

Netanyahu, pour sa part, a clairement indiqué qu’il resterait à la direction du Likud, depuis l’opposition, si la coalition dirigée par Naftali Bennett et Yair Lapid était approuvée par la Knesset dimanche. Il a aussi promis de rapidement renverser ce qu’il a qualifié de « gouvernement dangereux de gauche ».

Le chef de Yamin Naftali Bennett et le chef de Yesh Atid Naftali Bennett Yair Lapid informent le président qu’ils ont réussi à former une coalition, le 2 juin 2021. (Autorisation)

Alors qu’il leur était demandé qui ils seraient susceptibles de soutenir comme numéro un du Likud si Netanyahu devait se retirer, 27 % des personnes interrogées ont répondu Yossi Cohen, l’ancien chef du Mossad et proche de Netanyahu. Le député Barkat arrive deuxième avec 16 % des intentions de vote, selon cette enquête d’opinion réalisée par la Douzième chaîne.

Cohen, qui aurait entretenu une relation personnelle étroite avec Netanyahu pendant toute la durée de son mandat, aurait été cité par Netanyahu, par le passé, comme étant son potentiel successeur.

Après Barkat, l’ambassadeur israélien aux États-Unis et aux Nations unies Gilad Erdan arrive troisième dans le sondage – avec 8 % – suivi par le ministre des Finances Israel Katz (5 %), le ministre de la Santé Yuli Edelstein (5 %), le président de la Knesset Yariv Levin (3 %) et la ministre des Transports Miri Regev (1 %). 10 % des sondés ont donné d’autres noms.

L’enquête, menée par l’institut de sondage Manu Geva, a été menée auprès de 504 personnes avec une marge d’erreur de 4,4 %.

L’ancien chef du Mossad Yossi Cohen en interview, diffusée le 10 juin 2021. (Capture d’écran)

Cohen, dont le mandat à la tête de l’agence de renseignement s’est achevé au début du mois, a déclaré dans un entretien diffusé jeudi qu’il n’excluait pas de briguer le poste de Premier ministre à l’avenir, même s’il n’y réfléchissait pas pour le moment.

L’interview a été d’une franchise étonnante et a inclus des révélations sur les activités menées par l’État juif pour déjouer le programme nucléaire iranien.

Alors que le dit « gouvernement du changement » devrait prêter serment dimanche, Netanyahu a fait savoir qu’il avait l’intention de rester président du Likud et qu’il était décidé à diriger le parti depuis l’opposition.

Dans son entretien, Barkat a indiqué que « la réflexion de Netanyahu a été erronée. Si le Premier ministre avait dit : ‘Je démissionne’, qu’il avait cherché à organiser des primaires à la tête du camp nationaliste, mon avis est que le camp nationaliste se serait uni derrière le candidat gagnant ».

L’entretien a été filmé jeudi soir, à l’occasion d’un rassemblement d’environ 4 000 membres du Likud à Tel Aviv qui avait été organisé par Barkat lui-même. Cet événement a été considéré comme une démonstration de force de la part du député et il semble indiquer que ce dernier pourrait rejoindre une liste croissante de responsables de la formation qui pourraient défier Netanyahu à la direction du parti.

Plusieurs partis appartenant au dit « bloc du changement » avaient indiqué qu’ils seraient heureux de mettre en place une coalition avec le Likud si Netanyahu n’en était pas à sa tête.

Barkat a aussi indiqué à la Douzième chaîne qu’il se présenterait comme leader du Likud quand Netanyahu présenterait sa démission et il a juré de remporter cette course. Il a appelé à un report des primaires du parti à l’occasion du rassemblement de Tel Aviv.

Une image composite montre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à gauche), et Gideon Saar, (à droite). (Flash90)

Netanyahu avait gagné les primaires du Likud en 2019 contre l’ex-ministre du parti, Gideon Saar. Saar avait alors quitté la formation en 2020, lançant Tikva Hadasha, sa propre faction, qui a fait campagne sur la promesse de ne jamais siéger dans un gouvernement placé sous l’autorité de Netanyahu et qui fait partie de la nouvelle coalition. Le Likud n’a plus organisé de primaires depuis.

De son côté, l’alliance du « gouvernement du changement », forte de huit formations – qui est dirigée par le Premier ministre désigné, Naftali Bennett (Yamina) et par le leader de Yesh Atid, Yair Lapid – devrait obtenir une majorité de 61 à 59 lors du vote de confiance qui aura lieu dimanche au Parlement. S’il est confirmé, ce changement de gouvernement représenterait un changement radical dans la politique israélienne et écarterait l’homme resté le plus longtemps dans toute l’Histoire israélienne au poste de Premier ministre

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...