Barkat n’ira pas à la Gay Pride pour ne pas offenser les religieux
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Barkat n’ira pas à la Gay Pride pour ne pas offenser les religieux

Le maire de Jérusalem est accusé de soutenir l’homme qui avait poignardé une ado l’année dernière ; la police renforce la sécurité

Des membres de la communauté LGBT entourés de centaines de policiers israéliens manifestent tourte de Jaffa, à Jérusalem, le 14 août 2015, après l'attaque au couteau mortelle pendant la Gay Pride annuelle de la ville le 30 juillet 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90).
Des membres de la communauté LGBT entourés de centaines de policiers israéliens manifestent tourte de Jaffa, à Jérusalem, le 14 août 2015, après l'attaque au couteau mortelle pendant la Gay Pride annuelle de la ville le 30 juillet 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90).

Un an après l’incursion de la violence mortelle pendant la Gay Pride de Jérusalem, et en plein scandale sur les remarques homophobes de figures rabbiniques importantes, le maire de la capitale, Nir Barkat, a déclaré mercredi qu’il ne se rendrait pas à la manifestation, par peur d’offenser la communauté religieuse.

Barkat a déclaré au quotidien Yedioth Ahronoth que même s’il soutenait le droit à manifester de la communauté LGBTQ, il ne pouvait pas y participer personnellement.

« C’est leur droit de manifester. La ville de Jérusalem, moi-même et la police feront tout ce qui est possible pour leur permettre de jouir de ce droit. Mais ils doivent savoir que cela offense d’autres personnes. La tolérance signifie non seulement de permettre aux gens de manifester, mais aussi de trouver un moyen pour eux de le faire sans blesser les sensibilités ou les sentiments des autres », a déclaré Barkat au journal populaire.

Ces remarques ont immédiatement déclenché un scandale, au moins un politicien accusant Barkat de soutenir l’homme qui a tué une adolescente et blessé quatre autres personnes dans une attaque au couteau pendant la parade de l’année dernière.

La police a annoncé mardi qu’elle renforcerait la sécurité entourant la manifestation annuelle dans le centre de Jérusalem, et que les participants subiraient un contrôle de sécurité.

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, sur les lieux d'une attaque au couteau à une station de tramway, à Jérusalem, le 8 octobre 2015 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, sur les lieux d’une attaque au couteau à une station de tramway, à Jérusalem, le 8 octobre 2015 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Cette décision a été annoncée au lendemain d’un avertissement à ses citoyens du consulat américain.

Les parents de Shira Banki, l’adolescente assassinée, avait appelé le public à assister à la marche en son honneur. Les organisateurs attendent 5 000 personnes.

Le soutien à la marche s’est aussi intensifié après les remarques dénigrantes d’importants rabbins, dont le directeur d’une yeshiva prémilitaire, Yigal Levinstein, qui a caractérisé les homosexuels de « déviants ».

Barkat a, comme beaucoup d’autres critiqué ces remarques « inutiles » et « nuisant à une grande communauté ».

Mais il a également déclaré que la marche elle-même « nuit aux publics ultra-orthodoxes et sionistes religieux ».

« Jérusalem a une large population qui a du mal avec la parade, a-t-il déclaré. En tant que maire, je représente tout le monde. »

« La communauté LGBTQ doit être prise en considération, tout comme la communauté LGBTQ doit prendre en considération le public haredi et religieux. »

En réponse, la députée Merav Michaeli (Union sioniste) a écrit sur Twitter que Barkat avait choisi les religieux plutôt que la communauté LGBTQ.

« Nuire aux laïcs et aux parents de Shira Banki n’est pas un problème, a-t-elle écrit ironiquement. Entre Shira Banki et [son assassin] Yishai Shlissel, Barkat choisit Yishai Shlissel. »

Zehava Galon, présidente du parti Meretz, a fait écho à ce sentiment.

« Il y a un an, une fille a été tuée dans votre ville, Barkat, a-t-elle écrit sur Twitter. Quelque part, les sensibilités du public religieux ne me semblent pas être celles dont vous devez vous inquiéter immédiatement. »

Mercredi, le maire de Jérusalem a réagi en publiant un communiqué soulignant son soutien à la communauté LGBTQ et rappelant son droit à manifester.

Barkat a déclaré que « Jérusalem ne sera pas Beer Sheva. Je soutiens totalement le droit de la communauté LGBT à manifester dans Jérusalem. Je déposerai personnellement une couronne de fleurs sur le lieu où Shira Banki z’’l a été assassinée. Je continuerai à me battre vigoureusement pour les droits de la communauté à manifester, et je continuerai à fournir des budgets, des ressources et des soutiens municipaux. Cette année, la Maison ouverte de Jérusalem a reçu un soutien financier sans précédent de centaines de milliers de shekels. Ma porte est et sera toujours ouverte à la communauté et à ses dirigeants, et nous maintenons un dialogue continu. Hier, dans le cadre de ce dialogue, j’ai rencontré les parents de Shira Banki z’’l et différents dirigeants de la communauté LGBT. »

Shira Banki, 16 ans, poignardée à mort le 30 juillet 2015 pendant la Gay Pride de Jérusalem. (Crédit : Facebook)
Shira Banki, 16 ans, poignardée à mort le 30 juillet 2015 pendant la Gay Pride de Jérusalem. (Crédit : Facebook)

Le maire de Jérusalem a poursuivi, en rappelant que « chaque personne a le droit de vivre à Jérusalem et de manifester dans Jérusalem sans préjudice. Nous ne tolérerons aucune violence physique ou verbale qui tente de perturber notre mode de vie communal. Je continuerai à condamner vigoureusement toute forme d’incitation [à la haine]. »

Barkat a souligné que « le fait que certains se sentent offensés par la marche ne signifie pas qu’elle ne doit pas être organisée. La marche aura lieu dans Jérusalem, sans excuse, et sans préjudices. En tant que maire de tous les habitants de la ville, je respecte toutes ses communautés, y compris la communauté LGBT. Notre soutien entier à la communauté parle pour lui. »

Enfin, il a conclu que « Jérusalem continuera à être un phare de tolérance, de compassion, d’acceptation de l’autre, et d’amour inconditionnel. »

La parade commencera au Gan HaPaamon puis empruntera les rues Keren Hayesod, king George, Meir Shaham, rabbin Akiva, Menashe Ben Israël, et se terminera au Gan HaAtsmaout.

La police fermera ces rues et celles qui y mènent à partir de 14h30.

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