Ben & Jerry’s : une graphiste démissionne en raison du boycott des implantations
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Ben & Jerry’s : une graphiste démissionne en raison du boycott des implantations

Susannah Levin, basée à New York et sous-traitante de l'entreprise, affirme que la décision du géant de la crème glacée s'inscrit dans une "tendance méprisable" d'antisionisme

Des glaces Ben & Jerry's dans un supermarché de Yavne, le 20 juillet 2021. (Crédit : Flash90)
Des glaces Ben & Jerry's dans un supermarché de Yavne, le 20 juillet 2021. (Crédit : Flash90)

Une graphiste qui a longtemps travaillé pour le fabricant de crèmes glacées Ben & Jerry’s a annoncé qu’elle démissionnait après 21 ans de bons et loyaux services, au motif que la décision de l’entreprise d’arrêter les ventes dans les implantations israéliennes faisait partie d’une « tendance méprisable » d’antisionisme, qu’elle considère comme une nouvelle forme d’antisémitisme.

Susannah Levin, de New York, travaillait comme sous-traitante pour Ben & Jerry’s depuis 2000. Cette semaine, elle a annoncé sur Facebook qu’elle quittait l’entreprise.

« J’ai quitté mon emploi après 21 ans chez Ben & Jerry’s, à cause de leur déclaration sur Israël. Si vous voulez comprendre pourquoi, regardez cette merveilleuse vidéo du grand rabbin Jonathon [sic] Sacks », a écrit Mme Levin.

Elle a ensuite partagé un lien vers une vidéo de cinq minutes dans laquelle feu Lord Sacks parle du lien entre l’antisémitisme et l’antisionisme.

« Il explique comment l’antisionisme EST le nouvel antisémitisme. La réaction de mon entreprise fait partie de cette tendance méprisable et je n’en ferai pas partie », a écrit Levin dans son message.

Ben & Jerry’s a annoncé lundi qu’ils ne vendraient plus leurs produits dans les « Territoires palestiniens occupés », faisant apparemment référence aux implantations de Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Des camions sont garés à l’usine de glaces Ben & Jerry’s dans la zone industrielle de Be’er Tuvia, le 20 juillet 2021 (Crédit: AP Photo/Tsafrir Abayov)

L’annonce a déclenché une tempête sur les réseaux sociaux et une dispute avec le gouvernement israélien, qui a condamné la décision, accusant l’entreprise de se joindre à un mouvement mondial de boycott dirigé par les Palestiniens contre Israël.

« Nous pensons qu’il est incompatible avec nos valeurs que la crème glacée Ben & Jerry’s soit vendue dans les territoires palestiniens occupés (TPO). Nous entendons et reconnaissons également les préoccupations partagées avec nous par nos fans et nos partenaires de confiance », a déclaré la société.

Pots de glaces sur la chaîne de production chez Ben & Jerry’s Homemade Ice Cream à Waterbury, Vermont, le 23 mars 2010. (AP Photo / Toby Talbot)

La décision devrait prendre effet à la fin de 2022, lorsque son contrat avec le fabricant et distributeur israélien actuel expirera. L’avenir des produits Ben & Jerry’s à travers Israël à partir de 2023 reste en question.

Le fabricant israélien de Ben & Jerry’s s’oppose à cette décision et a promis de continuer à vendre ses produits dans tout Israël jusqu’à la fin de son contrat.

Entre-temps, Jérusalem a exhorté 35 États américains dotés de lois anti-boycott à sanctionner Unilever, la société mère de Ben & Jerry’s.

Le directeur général d’Unilever a déclaré jeudi que le géant mondial des biens de consommation restait « pleinement engagé » à faire des affaires en Israël, prenant ainsi ses distances par rapport à l’annonce de Ben & Jerry’s.

Mais le PDG Alan Jope n’a donné aucune indication qu’Unilever allait forcer Ben & Jerry’s à revenir sur sa décision controversée. Lors d’une conférence téléphonique avec les investisseurs, Jope a déclaré que Ben & Jerry’s, qui a une longue histoire d’activisme social, a pris cette décision de son propre chef.

Le PDG d’Unilever Alan Jope, en décembre 2020. (Capture d’écran YouTube)

Le Premier ministre Naftali Bennett s’est entretenu personnellement avec Jope lundi pour se plaindre de ce développement et souhaiter une réponse « vigoureuse », soulignant que Ben and Jerry’s prenait une « mesure clairement anti-israélienne ».

La ministre de l’Intérieur, Ayelet Shaked, a déclaré mercredi qu’Israël travaille à initier un boycott populaire de Ben & Jerry’s aux États-Unis par des groupes juifs, évangéliques et pro-israéliens.

La ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked visite l’usine Ben & Jerry’s près de Kiryat Malakhi, le 21 juillet 2021. (Crédit: Flash90)

En outre, l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis Gilad Erdan a envoyé des lettres aux gouverneurs de 35 États américains en début de semaine, les exhortant à appliquer les lois locales contre le boycott d’Israël.

Les États qui ont adopté une législation anti-BDS sont la Floride, l’Illinois, New York, le New Jersey, la Californie, le Maryland et le Texas – mais pas le Vermont, où Ben & Jerry’s a son siège.

Cinq États américains ont commencé à examiner si la décision de Ben & Jerry’s pouvait enclencher les lois adoptées ces dernières années pour lutter contre le BDS.

Les autorités de Floride, du Texas, de New York, du New Jersey et de l’Illinois sont en train d’examiner si la décision de Ben & Jerry nécessite un désinvestissement de la société mère de Ben & Jerry, Unilever, en vertu des lois de leurs différents États.

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