Benalla a utilisé son passeport diplomatique pour des voyages dont un en Israël
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Benalla a utilisé son passeport diplomatique pour des voyages dont un en Israël

L'ancien garde du corps d'Emmanuel Macron a effectué plusieurs voyages ces derniers mois en Afrique, pour le compte d'un homme d'affaires franco-israélien

Alexandre Benalla le 19 septembre dernier à l'Elysée, (Crédit: Alain JOCARD / AFP)
Alexandre Benalla le 19 septembre dernier à l'Elysée, (Crédit: Alain JOCARD / AFP)

Alexandre Benalla a reconnu s’être servi de ses passeports diplomatiques, « par confort personnel », et compte les rendre « dans les jours qui viennent », a-t-il déclaré au Journal du Dimanche, alors que le parquet de Paris a ouvert une enquête.

Le passeport diplomatique, délivré à Alexandre Benalla et dont l’utilisation après ses fonctions est visée par une enquête, est un titre délivré par le ministère des Affaires étrangères à un nombre restreint de personnes, pour faciliter leur liberté de circulation, dans le cadre de leurs fonctions officielles.

Alexandre Benalla a utilisé ses passeports dans le cadre de ses nouvelles fonctions d’assistant auprès de Philippe Hababou Solomon, 63 ans, un homme d’affaires franco-israélien « vieux routier des sentiers africains, des réseaux de la Françafrique, des affaires et des négociations discrètes, » selon l’Express qui l’a interrogé.

« Ensemble, les deux hommes auraient effectué deux tournées, à l’automne. La première, mi-novembre, en Turquie et en Israël, en compagnie d’une délégation indonésienne, pour parler cyber-securité, détaille Europe 1. Et la seconde, début décembre, cette fois avec une délégation turque, sur le continent africain, au Cameroun, au Congo et au Tchad.

« J’ai peut-être eu tort de me servir de ces passeports », a expliqué samedi Alexandre Benalla au JDD, par téléphone depuis l’étranger. « Mais je ne l’ai fait que par confort personnel, pour faciliter mon passage dans les aéroports. En aucun cas je ne les ai utilisés pour mes affaires. Je ne vois d’ailleurs pas à quoi ils auraient pu me servir ».

Il n’est pas rare que deux passeports soient délivrés, par exemple pour permettre à leur détenteur de se rendre à la fois en Israël et dans des pays arabes, sans tracasseries administratives.

Emmanuel Macron et Alexandre Benalla le 24 février 2018 au Salon de l’agriculture (Crédit: Ludovic MARIN / POOL / AFP)

Alexandre Benalla a précisé au JDD avoir rendu les passeports aux services de l’Elysée fin août mais qu’ils lui auraient ensuite été retournés avec d’autres effets personnels dans une pochette, début octobre, par un « membre de la présidence » lors d’un rendez-vous près du palais présidentiel.

« Dans la mesure où on me les a rendus, je n’ai pas vu de raison de ne pas les utiliser », plaide-t-il. Il assure n’avoir pas menti à la commission d’enquête du Sénat quand il avait déclaré avoir laissé ses passeports dans son ancien bureau de l’Élysée.

L’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron, qui juge « complètement disproportionnée » la polémique sur ces passeports, assure qu’il les restituera au ministère des Affaires étrangères « dans les prochains jours ».

Quelques heures plus tôt, le parquet de Paris avait annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire pour « abus de confiance » et « usage sans droit d’un document justificatif d’une qualité professionnelle ».

Le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, avait été saisi par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, après des informations de presse faisant état d’un voyage en Afrique de l’ancien collaborateur de la présidence grâce à ces passeports.

La présidence avait plaidé cette semaine l’ignorance : elle a dit ne disposer « d’aucune information remontée par les services de l’État concernés sur l’utilisation par M. Benalla des passeports diplomatiques qui lui avaient été attribués dans le cadre exclusif de ses fonctions à la présidence de la République ».

Le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, l’a aussi sommé en début de semaine de s’expliquer sur « d’éventuelles missions personnelles et privées » menées « comme consultant » alors qu’il était « en fonction à l’Élysée ». Ce à quoi Alexandre Benalla lui a répondu n’avoir « jamais effectué de missions personnelles et privées » durant ses fonctions à la présidence.

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