Rechercher

Bennett dénonce la recrudescence des crimes violents dans les villes arabes

"Nous sommes en train de perdre le pays", a-t-il déclaré, alors qu'un projet de loi autorisant la police à effectuer des perquisitions sans mandat a été approuvé

La police sur les lieux du meurtre de Sahar Ismail, l'assistante du ministre de l'éducation pour la société arabe, dans la ville de Rameh, au nord d'Israël, le 15 août 2021. (Crédit : FLASH90)
La police sur les lieux du meurtre de Sahar Ismail, l'assistante du ministre de l'éducation pour la société arabe, dans la ville de Rameh, au nord d'Israël, le 15 août 2021. (Crédit : FLASH90)

Les ministres israéliens ont approuvé dimanche un projet de loi visant à étendre l’autorité de la police pour effectuer des perquisitions à domicile sans mandat, dans le cadre des efforts du gouvernement pour lutter contre les niveaux records de crimes violents dans la communauté arabe israélienne.

Le projet de loi, parrainé par le ministre de la Justice Gideon Saar, vise à permettre aux agents de pénétrer dans une maison sans mandat s’ils pensent qu’il y a un objet ou un suspect sur les lieux qui est lié à un « crime grave ».

« Nous sommes en train de perdre le pays », a déclaré le Premier ministre Naftali Bennett lors de la réunion hebdomadaire du cabinet.

Plusieurs ministres expriment des réserves sur cette mesure, le ministre de la Défense Benny Gantz demandant qu’elle soit temporaire.

« Nous devons nous assurer que nous ne nous égarons pas sur d’autres questions », a ainsi déclaré Gantz.

Le ministre de la Défense Benny Gantz s’exprime lors d’un événement lançant un groupe parlementaire de la Knesset consacré aux accords d’Abraham, à Jérusalem, le 11 octobre 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Shimon Lavi, l’officier en charge du district du nord de la police israélienne a expliqué jeudi que la communauté arabe était « responsable de 99 % des meurtres et des fusillades » dans le nord du pays.

Lavi, qui s’est exprimé lors d’une conférence portant sur les perspectives de développement de la Galilée, a indiqué qu’il y avait environ 1,3 million de citoyens dans le nord d’Israël et que la moitié d’entre eux étaient Arabes.

Les crimes violents, au sein de la communauté arabe israélienne, ont connu une forte augmentation ces derniers mois alors même que les responsables du gouvernement et de la sécurité multiplient les promesses de s’attaquer au problème.

A LIRE – Plan budgétaire pour les Arabes israéliens : Le diable est dans les détails

Selon l’ONG Abraham Initiatives, 99 Arabes israéliens et Palestiniens ont été tués au sein de l’État juif depuis le début de l’année 2021. Parmi les 99 incidents enregistrés, 82 morts violentes par arme à feu, a noté le groupe. 48 ont concerné le meurtre d’une personne âgée de moins de 30 ans et 86 victimes ont été des hommes.

L’année dernière, 96 Arabes israéliens étaient morts dans des violences communautaires, selon l’organisation à but non-lucratif.

Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev, qui s’est lui aussi exprimé lors de la conférence de jeudi, a expliqué que les violences au sein de la société arabe « ne sortent pas de nulle part » mais qu’elles résultent d’un « long processus de prise de contrôle, par les familles du crime, des communautés et cités arabes qui ont été négligées par Israël », selon Haaretz.

Le ministre de la Sécurité publique, Omer Barlev, lors d’une réunion du Comité de la Défense et des Affaires Etrangères, à la Knesset à Jérusalem, le 13 septembre 2021 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90).

Ronen Bar, qui a commencé son mandat à la tête du Shin Bet mercredi, a promis d’utiliser l’agence de sécurité pour s’attaquer aux crimes violents dans la communauté arabe – même si l’implication de l’agence de sécurité dans les affaires civiles reste controversée.

« On a beaucoup parlé récemment des violences croissantes en général et dans la société arabe en particulier », a dit Bar lors de la cérémonie de passation du pouvoir. « L’agence ne va pas rester à ne rien faire », a-t-il juré, promettant d’examiner la question et de présenter un plan équilibré concernant la participation du Shin Bet à la lutte contre ces violences.

« C’est à l’évidence une mission nationale », a-t-il ajouté.

Le nouveau chef du Shin Bet Ronen Bar, à gauche, avec le Premier ministre Naftali Bennett, le 11 octobre 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Les responsables gouvernementaux et les experts de la société civile disent que les violences au sein de la communauté arabe sont le fruit de décennies de négligence la part de l’État israélien.

Plus de la moitié des Arabes israéliens vivent sous le seuil de pauvreté. Leurs villes et leurs villages présentent souvent des infrastructures croulantes, des services publics médiocres et peu de perspectives d’emploi – ce qui amène certains jeunes à collaborer avec le crime organisé.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...