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Shimon Lavi : La police « en guerre » contre les violences communautaires arabes

Selon le chef du district du nord de la police, les Arabes, dans son district, sont responsables de "99 %" des meurtres"

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef du district du nord de la police israélienne Shimon Lavi arrive pour témoigner devant la commission d'enquête sur la catastrophe du mont Méron, le 22 août 2021. (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef du district du nord de la police israélienne Shimon Lavi arrive pour témoigner devant la commission d'enquête sur la catastrophe du mont Méron, le 22 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’officier en charge du district du nord de la police israélienne a expliqué jeudi que la communauté arabe était « responsable de 99 % des meurtres et des fusillades » dans le nord du pays dans un contexte de forte recrudescence des violences intracommunautaires arabes.

Shimon Lavi, qui s’est exprimé lors d’une conférence portant sur les perspectives de développement de la Galilée, a indiqué qu’il y avait environ 1,3 million de citoyens dans le nord d’Israël et que la moitié d’entre eux étaient Arabes.

« Ces 50 % sont responsables de 99 % des meurtres, de 99 % des fusillades, de 65 % des incidents d’incendie volontaire et de 80 % des vols », a dit Lavi, selon le quotidien Haaretz.

Ces chiffres n’ont pas pu être vérifiés de manière indépendante.

« Nous ne luttons pas contre le crime dans la société arabe, nous sommes en guerre et nous sommes bien décidés à nous attaquer à cette problématique », a ajouté le chef du district du nord.

Les crimes violents, au sein de la communauté arabe israélienne, ont connu une forte augmentation ces derniers mois alors même que les responsables du gouvernement et de la sécurité ont promis de s’attaquer au phénomène. Selon l’ONG Abraham Initiatives, 99 Arabes israéliens et Palestiniens ont été tués au sein de l’État juif depuis le début de l’année 2021.

Parmi les 99 incidents enregistrés, 82 morts violentes par arme à feu, a noté le groupe. 48 ont concerné le meurtre d’une personne âgée de moins de 30 ans et 86 victimes ont été des hommes.

Des agents de la police médico-légale et des agents à l’endroit où trois hommes morts ont été découverts, une affaire de triple meurtre présumée, dans une forêt du nord d’Israël, le 1er novembre 2020. (Crédit : Basel Awidat/Flash90)

L’année dernière, 96 Arabes israéliens étaient morts dans des violences communautaires, selon l’organisation à but non-lucratif.

Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev, qui s’est lui aussi exprimé lors de la conférence de jeudi, a expliqué que les violences au sein de la société arabe « ne sortent pas de nulle part » mais qu’elles résultent d’un « long processus de prise de contrôle, par les familles du crime, des communautés et cités arabes qui ont été négligées par Israël », selon Haaretz.

Le ministre de la Sécurité publique, Omer Barlev, lors d’une réunion du Comité de la Défense et des Affaires Etrangères, à la Knesset à Jérusalem, le 13 septembre 2021 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90).

Ronen Bar, qui a commencé son mandat à la tête du Shin Bet mercredi, a promis d’utiliser l’agence de sécurité pour s’attaquer aux crimes violents dans la communauté arabe – même si l’implication de l’agence de sécurité dans les affaires civiles reste controversée.

« On a beaucoup parlé récemment des violences croissantes en général et dans la société arabe en particulier », a dit Bar lors de la cérémonie de passation du pouvoir. « L’agence ne va pas rester à ne rien faire », a-t-il juré, promettant d’examiner la question et de présenter un plan équilibré concernant la participation du Shin Bet à la lutte contre ces violences.

« C’est à l’évidence une mission nationale », a-t-il ajouté.

Le nouveau chef du Shin Bet Ronen Bar, à gauche, avec le Premier ministre Naftali Bennett, le 11 octobre 2021. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Les responsables gouvernementaux et les experts de la société civile disent que les violences au sein de la communauté arabe sont le fruit de décennies de négligence la part de l’État israélien.

Plus de la moitié des Arabes israéliens vivent sous le seuil de pauvreté. Leurs villes et leurs villages présentent souvent des infrastructures croulantes, des services publics médiocres et peu de perspectives d’emploi – ce qui amène certains jeunes à collaborer avec le crime organisé.

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