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Bennett dénonce « l’attaque horrible » des Houthis contre l’Arabie saoudite

Exprimant "la douleur d'Israël" aux Saoudiens, le Premier ministre dit que les frappes des rebelles yéménites sur Ryad et Jeddah témoignent de "l'agression sans limite" de Téhéran

Une photo par satellite prise par  Planet Labs PBC montre un incendie en cours dans une usine pétrolière Armaco à Jeddah après une attaque des rebelles houthis avant une course de Formule Un à Jeddah, en Arabie saoudite, le 26 mars 2022. ( Crédit : Planet Labs PBC via AP)
Une photo par satellite prise par Planet Labs PBC montre un incendie en cours dans une usine pétrolière Armaco à Jeddah après une attaque des rebelles houthis avant une course de Formule Un à Jeddah, en Arabie saoudite, le 26 mars 2022. ( Crédit : Planet Labs PBC via AP)

Dans une condamnation inhabituelle, le Premier ministre Naftali Bennett a dénoncé samedi l’attaque lancée vendredi par les rebelles yéménites Houthis contre Ryad, la capitale saoudienne, et Jeddah, une ville portuaire de la mer Rouge.

Vendredi, les Houthis ont mené une nouvelle série d’attaques contre l’Arabie saoudite, dont l’une a provoqué – sans faire de victimes – un gigantesque incendie dans un site pétrolier à Jeddah, proche du circuit de Formule 1 qui accueille le Grand Prix d’Arabie saoudite. Jamais une agression de cette ampleur n’avait été commise, dans le passé, par les rebelles yéménites dans le royaume.

Les Houthis ont affirmé avoir touché « des structures vitales à Ryad », même si les dégâts commis dans la capitale saoudienne restent indéterminés.

« L’Etat d’Israël témoigne de sa douleur au royaume d’Arabie saoudite après l’attaque horrible des Houthis, qui sont soutenus par l’Iran. Cette attaque est une preuve supplémentaire que les agressions régionales de l’Iran n’ont pas de limites et elle renforce notre préoccupation de voir les Gardiens de la Révolution (armée idéologique de la République islamique, NDLR) retirés de la liste (américaine) des organisations terroristes », a tweeté Bennett.

La publication de Bennett survient en amont de sa rencontre, dimanche, avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken. Les deux hommes devraient évoquer la réintégration possible des États-Unis dans l’accord sur le nucléaire de 2015, une initiative à laquelle s’oppose Israël.

Dimanche également, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid accueillera un sommet dans le désert du Negev qui se déroulera en présence de Blinken et des ministres des Affaires étrangères du Bahreïn et des Émirats arabes unis, ainsi que du Maroc. Le chef de la diplomatie égyptien doit aussi assister à cet événement qui aura lieu à Sde Boker. Contrairement à ces quatre nations arabes, l’Arabie saoudite n’entretient pas de relations officielles avec Jérusalem.

Israël a exercé des pressions sur les États-Unis de manière à ce qu’ils inscrivent les Houthis, une fois encore, dans la liste des groupes terroristes – une démarche effectuée pour le compte des EAU. Les Émirats sont alliés à l’Arabie saoudite contre les Houthis et ils ont été aussi pris pour cible par des attaques des rebelles.

« Israël doit utiliser la rencontre qui est organisée à Sde Boker, demain, pour pouvoir prendre la tête d’un processus international qui aura pour objectif de faire inscrire ce groupe mandataire iranien sur la liste des organisations terroristes. Le moment est venu de prendre la défense de nos alliés régionaux », a déclaré le député Zvi Hauser, issu du parti Tikva Hadasha de la coalition.

Le sommet, prévu dans le désert du Néguev, dans le sud du pays, se tient également alors qu’un accord sur le programme nucléaire iranien est jugé « proche », voire « imminent », selon des déclarations de responsables occidentaux ces derniers jours.

Israël voit d’un mauvais œil un possible accord sur le programme nucléaire de l’Iran, son ennemi numéro 1, et dit craindre que dans le cadre des négociations, les Gardiens de la Révolution soient retirés de la liste américaine des organisations terroristes.

Le Premier ministre Naftali Bennett, à gauche, parle au député de Tikva Hadasha Zvi Hauser en séance plénière de la Knesset, le 28 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Après les frappes effectuées sur le territoire saoudien, la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, qui entre dans sa septième année d’intervention au Yémen, a mené des frappes aériennes dans la nuit de vendredi à samedi dans des zones tenues par les rebelles, à Sanaa, au nord du pays, et à Hodeidah, à l’ouest du territoire. Il y aurait eu au moins huit morts.

Le général Turki al-Malki, porte-parole de la coalition, a indiqué que les attaques avaient visé « des sources de menace » pour l’Arabie saoudite, selon la Saudi Press Agency (SPA), l’agence de presse officielle du royaume.

Il a expliqué que la coalition avait intercepté et détruit deux drones remplis d’explosifs dans la matinée de samedi. Selon lui, les drones auraient été lancés depuis des structures pétrolières détenues par les rebelles Houthis à Hudeida, recommandant vivement aux civils de rester à distance de ces dernières.

Les Houthis ont indiqué que les frappes de la coalition avaient touché une centrale électrique, une station d’alimentation en carburant et le bureau de la sécurité sociale au sein de la capitale.

Au Yémen, les Houthis ont annoncé une trêve de trois jours et ils ont fait miroiter la perspective d’un cessez-le-feu « permanent » samedi – au septième anniversaire d’un conflit brutal qui a entraîné une importante famine dans le pays.

Alors que des milliers de personnes défilaient à Sanaa pour marquer cette date anniversaire, le leader politique Mahdi al-Mashat a fait une apparition à la télévision pour annoncer « la suspension des frappes au missile et au drone et de toutes les actions militaires pendant une période de trois jours ».

« Et nous sommes prêts à transformer cette déclaration en engagement final et permanent si l’Arabie saoudite s’engage par ailleurs à mettre un terme à son siège et à ses raids sur le Yémen, une bonne fois pour toute », a-t-il continué.

Il n’y a pas eu de réponse immédiate de la part de l’Arabie saoudite.

Le Yémen, qui était déjà le pays le plus pauvre du monde avant la guerre, frôle la catastrophe depuis des années alors que ce conflit complexe fait rage sur le territoire et sur de multiples fronts.

La police yéménite inspecte un site pris pour cible par des frappes aériennes saoudiennes qui ont visé deux habitations à Sanaa, au Yémen, le 26 mars 2022. (Crédit : AP Photo/Hani Mohammed)

La guerre brutale au Yémen avait éclaté en 2014 après que les Houthis se sont saisis de Sanaa. La coalition dirigée par les Saoudiens était entrée dans le conflit deux mois plus tard pour tenter de remettre au pouvoir le gouvernement reconnu à l’international.

Ces dernières années, le conflit est devenu une guerre régionale entre groupes et pays mandataires qui a fait plus de 150 000 morts, dont 14 500 civils. Il a aussi entraîné l’une des pires crises humanitaires en cours dans le monde.

Cette attaque de vendredi est survenue avant une course de Formule Un qui était organisée dimanche dans le Royaume, ce qui a inquiété concernant la capacité de l’Arabie saoudite à se défendre contre les rebelles soutenus par l’Iran.

Jake Sullivan, conseiller américain à la sécurité nationale, a condamné les attaques et il a estimé qu’elles avaient été « clairement rendues possibles par l’Iran » malgré un embargo sur les armes mis en place par les Nations unies. Si la république islamique nie armer les Houthis, les experts de l’ONU et les pays occidentaux estiment que les armes qui se trouvent entre les mains des rebelles proviennent de Téhéran.

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