Blinken en Israël pour une rencontre « historique » avec ses homologues arabes
Les pays veulent montrer une unité régionale face à l'Iran ; dans un cadre informel, les diplomates émirati, bahreïni, marocain et égyptien se réuniront à Sde Boker
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Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken se trouve dimanche en Israël pour le Sommet du Neguev, une rencontre « historique », dans le désert, avec ses homologues des pays arabes ayant normalisé leurs relations avec l’Etat hébreu, dans le cadre d’une tournée au Proche-Orient et en Afrique du Nord.
Arrivé samedi soir à Tel Aviv, M. Blinken doit se réunir dimanche après-midi avec ses homologues d’Israël, des Emirats arabes unis, du Maroc, du Bahreïn et d’Egypte à Sde Boker, dans le sud d’Israël. La rencontre a été qualifiée d' »historique » par le chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid.
Le sommet, qui se tiendra à l’hôtel Isrotel Kedma, débutera dimanche après-midi. Les hauts diplomates devraient dîner ensemble à l’hôtel dimanche soir.
L’objectif est de créer une atmosphère moins formelle que les réunions habituelles entre hauts fonctionnaires, selon une source diplomatique, faisant référence à la retraite présidentielle américaine de Camp David.
Cette réunion est une « initiative dirigée par Lapid », a déclaré au Times of Israël une source diplomatique ayant connaissance des préparatifs du sommet. « Évidemment, le fait que le secrétaire [Blinken] soit en Israël a été le déclencheur ».
Tous les pays concernés étaient désireux de participer, selon la source. « Il n’y a pas été difficile de convaincre », a-t-il ajouté.
Le premier Premier ministre israélien, David Ben-Gourion, a vécu au kibboutz Sde Boker. Lui et sa femme Paula y sont enterrés, avec vue sur le désert de Zin.
Lapid et Blinken tiendront une conférence de presse conjointe au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem dimanche matin avant de se rendre au sud à Sde Boker.
Shoukry arrivera en Israël dimanche, rejoignant Blinken, Abdullah bin Zayed Al Nahyan des EAU, Abdullatif bin Rashid Al- Zayani du Bahreïn et Nasser Bourita du Maroc pour la rencontre.
L’ambassadeur israélien à Bahreïn Eitan Na’eh a tweeté samedi que le 26 mars marquait le 43e anniversaire de l’accord de paix historique entre Israël et l’Égypte, signé en 1979. « 43 ans plus tard, les ministres des Affaires étrangères d’au moins quatre pays arabes et des États-Unis se réuniront demain en Israël pour parler de la coopération régionale », a-t-il écrit, en incluant dans son tweet les drapeaux de l’Égypte, des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Maroc et des États-Unis.
43 yrs ago on 26.3.79, Israel and Egypt signed the “mother of all peace accords” in the M.E. The late President, A. Al- Saadat showed the way. 43 years later, foreign ministers from at least 4 Arab countries + ???????? will gather in ???????? tomorrow, to talk regional coop.????????????????????????????????????????????????سلام
— Eitan Na'eh (@AmbassadorNaeh) March 26, 2022
Les Emirats ont normalisé leurs relations avec Israël en 2020 dans le cadre d’une série d’accords négociés par les Etats-Unis, connus sous le nom « d’accords d’Abraham ». Bahreïn et le Maroc leur ont emboîté le pas.
Ces accords ont rompu avec des décennies de consensus arabe conditionnant l’établissement de relations avec Israël avec la résolution de la question palestinienne.
Parti samedi de Pologne, où il accompagnait le président américain Joe Biden, M. Blinken restera jusqu’à lundi en Israël où il doit rencontrer le Premier ministre israélien Naftali Bennett. Il doit aussi se rendre à Ramallah pour un entretien avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.
Les Palestiniens s’inquiètent d’être laissés de côté dans l’effort soutenu par les Etats-Unis pour renforcer les liens entre des pays arabes et Israël. Le soutien américain avait été largement réduit sous la présidence de Donald Trump.
Le secrétaire d’Etat veut montrer que les Etats-Unis ne se désintéressent pas du Moyen-Orient, même si l’attention de Washington semble avant tout tournée vers la Chine, et plus récemment l’Ukraine.
M. Blinken poursuivra sa tournée lundi en Algérie puis au Maroc, où il rencontrera notamment le dirigeant de facto des Emirats arabes unis, Mohammed ben Zayed.
Il espère obtenir des appuis aux efforts des Etats-Unis et de l’Otan pour contrer l’invasion russe de l’Ukraine, dans un contexte marqué par les lourdes conséquences économiques de la guerre, notamment la flambée des prix de l’énergie et la menace d’une pénurie de blé qui pourrait porter un coup très dur aux pays arabes.
Nucléaire iranien
Autre sujet qui sera abordé par M. Blinken : les négociations à Vienne sur le nucléaire iranien. Les Etats-Unis et l’Iran se trouvent actuellement dans les dernières phases de pourparlers indirects visant à relancer l’accord de 2015 censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique, en échange de la levée des sanctions qui asphyxient l’économie iranienne.
L’accord s’était délité après le retrait unilatéral en 2018 de Washington, décidé par Donald Trump, et le rétablissement des sanctions contre l’Iran, qui en réaction s’était progressivement affranchi des limites imposées à son programme nucléaire.
La conclusion d’un accord, en négociation entre les grandes puissances, est une « affaire de jours », a affirmé samedi le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, alors que le coordinateur de l’Union européenne chargé de superviser les pourparlers avec l’Iran, Enrique Mora, est attendu dans la soirée à Téhéran.
Le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price avait déclaré lundi qu’un accord n’était « ni imminent ni certain ».
La perspective d’un tel accord inquiète Israël et les alliés américains dans la région du Golfe qui perçoivent Téhéran comme une menace.
En février, Naftali Bennett avait dit craindre que l’accord n’empêche pas l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. Téhéran dément de son côté vouloir acquérir la bombe atomique.
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