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Bennett fermement contre un consulat américain pour les Palestiniens à Jérusalem

Malgré la promesse de campagne et les sensibilités de Joe Biden, le Premier ministre israélien s’y oppose ; pour son gouvernement, ce projet est "inacceptable"

Le Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) rencontre le président américain Joe Biden dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le vendredi 27 août 2021, à Washington, DC. (Crédit : GPO)
Le Premier ministre Naftali Bennett (à gauche) rencontre le président américain Joe Biden dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le vendredi 27 août 2021, à Washington, DC. (Crédit : GPO)

Mardi, le Premier ministre Naftali Bennett a rencontré deux délégations du Congrès américain en visite en Israël – un groupe bipartisan et un groupe exclusivement démocrate. Le Premier ministre a saisi l’occasion pour réaffirmer qu’il ne permettra pas à Washington de rouvrir le consulat américain pour les Palestiniens à Jérusalem.

L’administration du président américain Joe Biden a déclaré qu’elle allait rouvrir la mission diplomatique historiquement chargée des affaires palestiniennes. Le consulat a été fermé par le président américain de l’époque, Donald Trump, en 2019 et son personnel a été intégré à l’ambassade américaine – qui avait été déplacée de Tel Aviv à Jérusalem un an plus tôt – dans ce que les Palestiniens ont considéré comme une dégradation de leurs liens avec les États-Unis.

Avant sa fermeture, la mission était basée dans la rue Agron à Jérusalem-Ouest et disposait d’un bureau de services consulaires à Jérusalem-Est, que les Palestiniens revendiquent comme la capitale de leur futur État.

Conformément au protocole diplomatique, Israël doit accréditer le consul général que les États-Unis envoient à Jérusalem, chose que le gouvernement actuel ne semble pas prêt de faire s’il est chargé des affaires palestiniennes.

Selon un responsable israélien cité anonymement par le site d’information Axios, Naftali Bennett a d’ailleurs qualifié le projet de déménagement « d’inacceptable », tout en reconnaissant les sensibilités politiques du Parti démocrate et la promesse électorale faite par Joe Biden à ses électeurs.

« Je ne vais pas… essayer de marquer des points politiques sur cette question, mais la position du gouvernement est que la réouverture du consulat est inacceptable », a-t-il déclaré à la délégation du Congrès en visite, selon le média.

La délégation démocrate, parrainée par l’organisation de gauche J Street, est dirigée par la représentante Rosa DeLauro et comprend les représentants Mark Pocan, Barbara Lee, Melania Stansbury et Jamaal Bowman. Cette délégation a également rencontré le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid.

Mardi, Naftali Bennett a rencontré une autre délégation américaine bipartisane, qui a également rencontré le ministre de la Défense Benny Gantz et s’est rendue à Ramallah pour rencontrer le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammed Shtayyeh.

Le consulat des États-Unis dans la rue Agron à Jérusalem. (Crédit : CC BY-SA, Magister / Wikimedia)

« La question du consulat est revenue dans chacune de nos réunions », a déclaré le chef de la délégation, le sénateur démocrate Chris Coons, soulignant « qu’il est important pour les États-Unis de continuer à avoir un dialogue ouvert avec l’Autorité palestinienne ».

M. Bennett a déclaré samedi aux journalistes « qu’il n’y avait pas de place pour un autre consulat américain à Jérusalem », indiquant clairement que son gouvernement résisterait aux initiatives de Washington visant à rétablir la mission palestinienne. Bennett s’oppose au statut d’État palestinien.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a déclaré lors de la même conférence de presse qu’Israël n’aurait aucune objection à ce que les États-Unis ouvrent une mission à Ramallah, le siège du pouvoir de l’AP.

Shtayyeh a affirmé mercredi que les États-Unis n’avaient pas besoin de la « permission » d’Israël pour rouvrir leur consulat, exhortant Washington à honorer ses engagements diplomatiques.

Toutefois, un haut responsable du département d’État américain a récemment reconnu que l’autorisation d’Israël serait nécessaire avant que les États-Unis puissent rouvrir le consulat.

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