Bennett : Israël devrait attaquer l’Iran en représailles aux attaques du Hezbollah
Le chef de Beyahad accuse le Premier ministre de “déchirer la société israélienne” ; Yaïr Lapid appelle à rétablir le “statut bipartisan” d'Israël aux États-Unis et à renforcer les liens avec les Juifs de la Diaspora
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Mercredi, l’ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l’opposition Yaïr Lapid ont déclaré qu’ils mèneraient une politique de dissuasion intransigeante à l’égard de l’Iran s’ils formaient le prochain gouvernement, tout en s’efforçant de renouer les liens tendus avec les libéraux américains et l’Union européenne (UE).
Bennett, partisan d’une ligne dure en matière de sécurité et dirigeant du parti Beyahad aux côtés de Lapid, a déclaré aux membres de son parti lors d’une conférence politique interne à Tel Aviv que les attaques menées par les proxys iraniens devaient être traitées comme si elles provenaient directement de l’Iran.
« Si le Hezbollah nous tire dessus, nous frappons l’Iran. Une frappe menée par les tentacules de la pieuvre iranienne à l’intérieur des frontières israéliennes entraînera des représailles à l’intérieur des frontières iraniennes », a déclaré Bennett.
Tout en accusant le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu de « mettre la société israélienne en lambeaux » et d’être ainsi inefficace face aux ennemis étrangers, il a fait écho à l’insistance du Premier ministre pour qu’Israël refuse de se retirer de Gaza tant que le groupe terroriste palestinien du Hamas n’aura pas été désarmé.
Bennett a également affirmé qu’il ne permettrait ni au Qatar ni à la Turquie de jouer un rôle quelconque dans la reconstruction de Gaza après la guerre, réitérant son appel à ce que le Qatar soit qualifié d’État ennemi.
« Nous ne bougerons pas d’un millimètre de la Ligne jaune tant que le Hamas n’aura pas été complètement désarmé et tant que cet armement n’aura pas été retiré de Gaza. Nous maintiendrons la sécurité et la liberté d’action dans toute la bande de Gaza. Nous chasserons le Qatar et la Turquie de Gaza et nous les remplacerons par l’Égypte. Quiconque permet au Qatar et à la Turquie de contrôler Gaza empêche le démantèlement du Hamas », a déclaré Bennett.
« Nous n’utiliserons notre crédit auprès de la Maison Blanche que dans l’intérêt de la sécurité d’Israël, et nous saurons également dire ‘non’ lorsque cela sera nécessaire, et nous saurons défendre la sécurité d’Israël sans faire de compromis. Tout comme je l’ai fait au sein du gouvernement que je dirigeais, lorsque j’ai opposé un refus au président [Joe] Biden quant à l’ouverture d’un consulat américain à Jérusalem-Est. »
Bennett s’est également prononcé en faveur de la redéfinition de la criminalité endémique et meurtrière au sein de la communauté arabe, qu’il considère comme une menace pour la sécurité nationale plutôt que comme un simple problème d’ordre criminel. Il a également appelé à mobiliser l’armée israélienne et l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet dans la lutte contre les armes illégales.
« Environ un demi-million d’armes illégales circulent aujourd’hui à l’intérieur des frontières de l’État d’Israël. C’est un chiffre ahurissant. L’erreur de fond tient au fait que le gouvernement traite cela comme un problème pénal, alors qu’il s’agit en réalité d’une menace pour la sécurité de la plus haute importance. C’est pourquoi il n’a rien fait à ce sujet », a-t-il déclaré.
« C’est une bombe à retardement. Là encore, nous allons changer radicalement notre approche. Nous qualifierons la contrebande d’armes de ‘terrorisme’ à tous les égards. Nous utiliserons toute la puissance de l’État – y compris le Shin Bet et Tsahal. Partout où des renseignements indiqueront la présence de caches d’armes, nous déclarerons cet endroit ‘zone de sécurité fermée’, et nous débarrasserons nos rues des armes illégales afin qu’elles ne soient pas ensuite utilisées contre des citoyens israéliens, qu’ils soient juifs ou arabes. »
Concernant les armes, Bennett, ancien PDG d’une entreprise de haute technologie, a insisté sur le fait que les dirigeants actuels d’Israël n’avaient pas compris que « l’IA est l’arme de l’avenir ».
« Dans un avenir pas si lointain, les capacités en matière d’IA seront plus importantes que les armes nucléaires elles-mêmes. L’intelligence artificielle est le prochain champ de bataille dans la course aux armements entre les superpuissances, et malgré le retard accumulé par le gouvernement actuel au cours des quatre dernières années, nous ne laisserons pas Israël se faire distancer », a-t-il déclaré.
Rétablir les liens avec les alliés et la communauté juive mondiale
Lapid, qui a occupé à la fois les fonctions de Premier ministre et de ministre des Affaires étrangères, a indiqué aux membres de son parti qu’il s’efforcerait de rétablir les liens avec les États-Unis et de ramener ces relations « au statut bipartisan dont Israël bénéficiait jusqu’à il y a quatre ans ».
« L’objectif et le défi numéro un de notre politique étrangère consistent à rétablir et à réorienter nos relations avec les États-Unis », a-t-il déclaré, appelant à « travailler avec les deux partis, non seulement à Washington, mais aussi au niveau des États ». »
Lapid a vivement critiqué Netanyahu pour avoir renoncé à l’aide militaire américaine, qualifiant cela de « grave erreur », et il a insisté sur le fait que « nous devons nous battre pour la conserver ». Netanyahu a déclaré à plusieurs reprises qu’il chercherait à mettre fin à la dépendance d’Israël à l’égard de l’aide américaine, qui est de plus en plus impopulaire auprès des Américains.
Israël doit également s’attacher à « renouer des liens avec l’Union européenne, approfondir ses relations avec l’OTAN et s’attaquer – malgré les difficultés – à l’opinion publique dans des pays comme l’Espagne, la France et l’Irlande », tout en renforçant l’intégration régionale, notamment en faisant d’un accord de paix avec l’Arabie saoudite « un objectif central pour les années à venir », à condition que cela empêche Ryad de procéder à l’enrichissement d’uranium, a ajouté Lapid.
« C’est la politique étrangère israélienne qui nous apporte un F-35 capable d’attaquer l’Iran, ainsi que le couloir aérien permanent qui y mène. La couverture satellitaire. Les hélicoptères Apache. Le Dôme de fer. Une économie de haute technologie. La coopération scientifique avec l’Europe. La coopération dans le domaine de la cybersécurité. Le pétrole d’Azerbaïdjan. L’accès préférentiel aux marchés mondiaux. Les partenariats en technologies critiques et en IA. Tout cela est désormais en danger », a-t-il déclaré, accusant le gouvernement de négligence, d’arrogance et « d’amateurisme ».
Abordant la question des relations avec la communauté juive de la Diaspora, Lapid a vivement critiqué les récentes tentatives visant à marginaliser les confessions non orthodoxes en Israël. Selon lui, pour « rétablir nos relations avec la communauté juive de la Diaspora », les Israéliens doivent « respecter leur judaïsme ».
« La grande majorité des Juifs américains sont réformés ou conservateurs. Ils ont suffisamment souffert d’une terrible vague d’antisémitisme à leur encontre ; il n’y a aucune raison qu’ils soient insultés ici en Israël – leur judaïsme, leurs rabbins et leurs rituels », a-t-il déclaré.
Appelant à la fusion du ministère des Affaires de la Diaspora avec le ministère des Affaires étrangères, Lapid a déclaré que « la communauté juive mondiale est notre famille, et c’est également un atout stratégique et diplomatique que nous devons protéger ».
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