Bennett se rend en Pologne en pleine polémique sur la loi sur l’Holocauste
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Bennett se rend en Pologne en pleine polémique sur la loi sur l’Holocauste

Le ministre de l'Education a annoncé qu'il "dira la vérité" sur l'implication avérée du peuple polonais dans le meurtre de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale

Le ministre de l'Education Naftali Bennett prononce un éloge funèbre lors des funérailles de Hallel Yaffa Ariel dans l'implantation de Kiryat Arba, en Cisjordanie, le 30 juin 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de l'Education Naftali Bennett prononce un éloge funèbre lors des funérailles de Hallel Yaffa Ariel dans l'implantation de Kiryat Arba, en Cisjordanie, le 30 juin 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de l’Education Naftali Bennett effectuera une visite officielle en Pologne mercredi, au cœur d’une crise entre Jérusalem et Varsovie, au sujet d’un projet de loi qui érige en infraction pénale le fait de blâmer la nation polonaise pour les atrocités de l’Holocauste commises dans le pays.

Dans une déclaration diffusée par son bureau, Bennett précise qu’il profitera de ce voyage « pour dire la vérité » sur la complicité du peuple polonais dans les crimes commis par les nazis contre les Juifs.

« Je suis déterminé à dire clairement ce que l’histoire a déjà prouvé : la nation polonaise a été impliquée dans le meurtre des Juifs pendant l’Holocauste », a-t-il déclaré. Bennett a précisé qu’il leur dira : « Je suis venu dire la vérité là où la vérité s’est produite. »

« Le message est clair et net : le passé ne peut pas être réécrit et nous écrirons l’avenir ensemble », a ajouté Bennett, qui dirige le parti national-religieux HaBayit HaYehudi.

Au cours de son séjour en Pologne, M. Bennett rencontrera le vice-Premier ministre polonais Jaroslaw Gowin, ministre polonais des Sciences et de l’Enseignement supérieur. Il s’entretiendra également avec des étudiants polonais et visitera le mémorial du Soulèvement du Ghetto de Varsovie, a précisé son bureau.

Andrzej Duda, président de la Pologne (Crédit : Wikimedia Commons CC BY 3.0)

Le voyage de Bennett en Pologne intervient alors que le gouvernement polonais continue de faire avancer le projet de loi controversé malgré l’objection d’Israël et des organisations juives, qui affirment que le projet de loi pourrait entraver la recherche sur l’Holocauste et d’occulter le rôle de certains Polonais dans l’assassinat de Juifs.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dénoncé le projet de loi comme étant « une falsification de la vérité, la réécriture de l’histoire et la négation de l’Holocauste ».

La Pologne affirme que ce projet de loi est nécessaire pour empêcher que le pays ne soit accusé des crimes de l’Holocauste. Il interdit l’expression « camp de la mort polonais » pour décrire les camps d’extermination dirigés par les nazis dans le pays lorsqu’il était occupé pendant la Seconde Guerre mondiale, une expression qui a suscité la colère de Varsovie.

Le projet de loi a été approuvé par la chambre basse du Parlement polonais le 26 janvier – à la veille de la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste – et adopté par le Sénat mercredi. Pour devenir loi, le projet de loi doit être signé par le président Andrzej Duda, qui a indiqué qu’il appuyait la loi et a critiqué la réaction « violente » d’Israël la semaine dernière. Il dispose de trois semaines après le vote du Sénat pour signer le projet de loi.

Jaroslaw Kaczynski, le chef du parti au pouvoir Droit et Justice qui est considéré comme le politicien le plus influent de Pologne, a déclaré samedi que Duda devrait approuver le projet de loi, qui, selon lui, est « interprété de façon totalement erronée ».

Au cœur de la polémique sur la loi, l’ambassade d’Israël à Varsovie a condamné la « vague de déclarations antisémites« , dont beaucoup étaient dirigées contre l’ambassadrice israélienne Anna Azari.

La police se tient derrière les barrières autour de l’ambassade israélienne à Varsovie après qu’un gouverneur local, invoquant des préoccupations sécuritaires, a interdit la circulation dans le quartier, afin de prévenir un projet de manifestation par des groupes d’extrême droite, le 31 janvier 2018. (JANEK SKARZYNSKI/ AFP)

 

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